France Dimanche > Témoignages > Maya Shane : "La musique n’a pas de religion"

Témoignages

Maya Shane : "La musique n’a pas de religion"

Publié le 3 avril 2015

 Par le biais de la chanson, celle qui se considère comme une artiste franco-judéo-arabe a pour ambition de délivrer un message d’amour et de paix à son public. Vaste et noble projet…

Maya Shane : «Au Maroc, on m’a surnommée la fille d’Enrico Macias et de Dalida. C’est vrai qu’ils m’ont beaucoup inspirée. Je me présente volontiers comme une chanteuse franco-judéo-arabe, car, aujourd’hui, malheureusement, la religion est devenue très importante. Je suis de confession juive, mais pour moi, on est tous des enfants de Dieu. La musique n’a pas de confession, pas de frontière, c’est juste un langage du cœur. Voilà pourquoi mon public est très varié. Je me bats pour la paix et le rassemblement des peuples.

Née à Meudon (92) de parents tunisiens, j’ai été élevée par ma grand-mère maternelle, une femme très douce, qui chantait et jouait du piano. C’est elle qui m’a transmis le virus de la musique et m’a inspiré des valeurs d’honnêteté, d’authenticité et de sincérité. Quand nous vivions à Belleville, toutes les religions vivaient en bonne entente. Enfant, j’écoutais aussi bien les grandes chansons françaises que les classiques de la musique orientale.

Je suis devenue auteur compositeur interprète, et m’autoproduis en attendant une maison de disques. En 2009, j’ai eu la chance d’enregistrer un duo avec mon mentor Enrico Macias, grâce à son fils Jean-Claude Ghrenassia. Plus je vois ce qu’il se passe dans le monde, plus je me dis que chaque artiste a une mission. La mienne, c’est de faire passer dans mes chansons des messages de paix, d’amour, et d’amitié. Je ne suis pas l’artiste d’une communauté, je chante pour tout le monde. Mon dernier album de reprises, Préférences, est un hommage aux artistes que j’admire.

Au Maroc, on surnomme Maya Shane la fille d’Enrico Macias et de Dalida.

Je me produis devant des salles pleines sans aucune publicité, sans passer à la télévision, sans grande presse nationale, simplement avec mes fans. Par considération pour eux, je réponds moi-même aux messages laissés sur ma page Facebook. Parmi les commentateurs, il y a toujours une brebis galeuse, mais en respectant tout le monde j’arrive à convaincre les plus récalcitrants. La dernière fois que j’ai dû faire face à une violente incompréhension, c’était après les attentats du Danemark, en février dernier, qui ont fait deux morts, dont mon cousin, Dan Uzan, le gardien de la synagogue de Copenhague. Avant d’être tué, il avait réussi à mettre à l’abri un grand nombre d’enfants. Mort en héros, il avait 37 ans…

Avec mon ami Hassen Chalghoumi, l’imam de Drancy, nous aimerions qu’un concert soit organisé pour la paix.

Selon moi, les parents doivent prendre leur rôle très au sérieux, sans avoir peur de s’imposer face aux enfants. J’ai déjà entendu un gamin de 5 ou 6 ans dire : “J’aime pas les Juifs”. C’est qu’il l’a entendu chez lui, bien sûr. Le monde va mal et la vie est courte. Il faut essayer de se battre pour protéger nos enfants, leur apprendre la tolérance et à accepter la différence.

Comme beaucoup de femmes, j’ai eu mon lot de souffrances. Je suis célibataire, mais si je réussis un jour, j’aimerais fonder un orphelinat. En attendant, mon grand rêve serait de faire l’Olympia en 2016 ! Une chose est sûre, je compte parcourir encore le monde, en chantant l’amour, la paix, même si cela paraît utopique. Jusqu’à mon dernier souffle, quoi qu’il arrive, je continuerai à délivrer ce message. »

Recueilli par Anita Buttez

À découvrir

Sur le même thème