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“Moi, Miss Purple, 75 ans, je suis épanouie et rieuse !”

Publié le 1 décembre 2016

Voilà cinq ans que Arlette Najsztat, cette jolie septuagénaire qui se fait appeler "Miss Purple" a changé de vie pour se tourner vers le métier de comédienne. Il n’y a pas d’âge pour réussir, pense-t-elle. Patiente, enjouée et déterminée, elle n’a pas dit son dernier mot !  Voilà cinq ans que Arlette Najsztat, cette jolie septuagénaire qui se fait appeler "Miss Purple" a changé de vie pour se tourner vers le métier de comédienne. Il n’y a pas d’âge pour réussir, pense-t-elle. Patiente, enjouée et déterminée, elle n’a pas dit son dernier mot !

«Je cherchais un nom de comédienne… Alors, j’ai d’abord pensé à Violetta. Mais entre-temps, la comédie musicale homonyme est sortie en France, et je me suis dit que ce nom ne m’irait pas du tout.

Sur le tournage du film Brèves de comptoir, j’ai rencontré Bruno Solo et, un soir après les prises de vues, il m’a lancé en guise de bonsoir : “Au revoir Miss Purple !” Un surnom que j’ai gardé ! Comme les filles sont très souvent habillées en noir, je n’ai pas trop de concurrence, moi qui suis toujours vêtue de violet…

Je porte cette couleur depuis l’âge de 20 ans. Comme je ne mesure que 1,53 m et que j’ai toujours été un peu complexée par ma petite taille, en m’habillant en parme, en lilas, en violet, en fuchsia (qui me vont particulièrement bien au teint), je me suis aperçue qu’on me remarquait.

Que ce soit dans la rue – l’autre jour, une personne m’a accostée pour me demander de me prendre en photo car elle n’avait jamais vu de femme “aussi élégante” – ou sur un tournage, on me repère. Ça fait son petit effet dans le milieu du cinéma, et j’en suis super ravie !

"Comme je ne mesure que 1,53 m, en m’habillant en parme, en lilas, en violet, en fuchsia, je me suis aperçue qu’on me remarquait."

Si mon mari était encore là, il n’en reviendrait pas. Il est mort en 2008 mais j’ai vécu quarante-quatre ans de bonheur avec lui. Il me couvait. Je n’avais pas de permis de conduire ni de carte de crédit à mon nom. C’était lui qui gérait tout !

Après son décès, j’ai passé trois ans à tourner en rond en me demandant ce que j’allais faire. Et puis, un matin, au lieu de rester chez moi et de pleurer en regardant la télé, je me suis levée.

J’ai examiné de près le générique d’un film qui venait d’être diffusé sur mon petit écran et j’ai envoyé un mail au directeur de casting avec une photo de moi. Je n’avais rien à perdre. D’autant que j’ai toujours rêvé d’être comédienne, de faire du cinéma. Même si ce rêve me paraissait inaccessible.

C’est ainsi que j’ai effectué mes premières apparitions dans des films comme Turf [de Fabien Onteniente, avec entre autres Alain Chabat, Édouard Baer et Gérard Depardieu, ndlr] à l’âge de 70 ans.

J’y ai fait de la figuration mais j’étais contente. Moi qui ne connaissais rien au métier et qui n’ai jamais pris un cours de comédie de ma vie, je me suis débrouillée.

Depuis cinq ans, je travaille beaucoup. Souvent bénévolement d’ailleurs, et je suis très demandée : j’ai fait environ soixante-dix courts-métrages pour aider des étudiants en cinéma qui sont toujours à la recherche d’un comédien pour leur film de fin d’année d’études.

"Je viens de tourner dans un clip pour le chanteur de rap congolais Siboy dans lequel j’incarne une prostituée de luxe."

Cela m’a permis d’accéder à des tournages, de jouer des petits rôles et de me faire une “bande démo” qui tient la route. Au fil des ans, on a fini par m’appeler directement. C’est là le vrai déclic.

Je viens d’ailleurs de tourner dans un clip pour le chanteur de rap congolais Siboy dans lequel j’incarne une prostituée de luxe. Le producteur de cette vidéo m’a appelé un jour à 2 heures du mat pour me dire : “Tu as illuminé le tournage !” Tout cela me met du baume au cœur.

Au final, je suis fière de mes rôles de figuration dans vingt-neuf longs-métrages, une trentaine de “web-séries” et quinze clips, sans oublier des publicités et des apparitions dans sept séries télé, dont une dans Enquêtes criminelles, diffusée sur W9. Mais j’aimerais aussi tourner avec de grandes vedettes…

Pour rester dans le coup, je suis aussi inscrite sur Facebook, grâce à ma petite fille. Cela me permet de garder le contact avec la vie et d’avoir toujours quelqu’un avec qui discuter.

Comme je le dis toujours, c’est mon compagnon de nuit, car je n’ai pas refait ma vie depuis que mon mari est parti. Mais je sors aussi beaucoup avec des gens du métier. J’y suis bien obligée pour me faire des contacts et repérer les bonnes opportunités. »

Alicia Comet

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