France Dimanche > Témoignages > Muriel Hattab : “Pour que les enfants atteints de cancer vivent mieux !”

Témoignages

Muriel Hattab : “Pour que les enfants atteints de cancer vivent mieux !”

Publié le 26 mai 2018

1524047206_vap-3728-1

Muriel Hattab, mère de trois enfants, a dû affronter la maladie de sa fille Margot, morte à 18 ans. Pour honorer sa mémoire et aider les familles confrontées à ce fléau, elle a fondé une association*.

«Du jour au lendemain, sans aucun signe avant-coureur, ma fille, ma princesse Margot, a été victime d’une tumeur au cerveau, à l’âge de 15 ans.

Quand on apprend une nouvelle comme celle-là, le monde s’effondre.

Pendant les trois ans qui ont suivi, notre quotidien a été rythmé par les prises de médicaments, les chimiothérapies, les soins. Et puis, elle est décédée en mai 2012.

Très vite, j’ai eu envie de faire quelque chose pour honorer sa mémoire.

Pendant cette période si douloureuse, je me rends compte que j’ai eu la chance d’être très entourée et aidée par ma famille, mes proches, mes amis.

Car il faut savoir que, dans de telles circonstances, on a une vie… à côté de la vraie vie !

On ne sort plus ; on n’invite plus personne chez soi ; on ne pense qu’à la maladie.

Avec obsession. Sans relâche. Sans repos. Et pour avoir de l’énergie face à un enfant ou à un adolescent malade et réussir à assumer ce quotidien si difficile, il faut pouvoir respirer. J’ai fondé l’association* qui porte son nom et ouvert la maison Princesse Margot à Vincennes, en septembre 2012.

Ici, on propose un soutien personnalisé aux parents et à leurs enfants touchés par le cancer.

Ainsi par exemple, nous organisons une fois par semaine le « lundi des mamans » où on offre à cinq ou six d’entre elles, des moments de répit : elles peuvent se faire coiffer, maquiller, suivre un soin mais aussi discuter, rire, partager un repas, le temps d’une journée. Et oublier peut-être les contraintes liées aux traitements lourds de leur fils ou de leur fille malades.

Une pause, une bouffée d’oxygène indispensable. Je suis toujours présente pour leur parler, les réconforter et tenter de leur donner ce second souffle dont elles ont tant besoin avant de retourner à la maison.

L’association est également présente, par l’intermédiaire de quelque 90 bénévoles qui se déplacent dans quatre hôpitaux de la région parisienne : Robert-Debré, Saint-Louis, l’Institut Curie et l’Institut Gustave-Roussy.

Nous avons mis en place une vingtaine d’ateliers variés par mois (théâtre, petits déjeuners ludiques, soirée pizzas pour les ados, après-midi crêpes pour la Chandeleur, visite d’animateurs télé ou de chanteurs…) pour amener un peu de vie à l’hôpital.

Tout est en fait prétexte pour s’amuser, échanger, rigoler. Cela fait tellement de bien.

Évasion

D’après les suggestions des parents, nous cherchons aussi à réaliser les rêves secrets des enfants malades : celui-là voudrait vivre un baptême de l’air ; celui-ci adorerait visiter une caserne de pompiers. Cet autre enfant n’a qu’une envie : nager avec une sirène…

Et puis, il y a celui qui voudrait tellement passer un après-midi sur un plateau télé ou une soirée au PSG, rouler dans une Ferrari ou faire une balade en Harley-Davidson.

On sait aujourd’hui que le moral joue une part parfois importante dans la guérison d’un cancer. Il est donc important de donner à ces enfants et à ces adolescents (ils sont 2 900 chaque année à être victime d’un cancer et 80 % d’entre eux guérissent !) ces moments d’évasion qui leur sont si bénéfiques.

Quand j’ai créé l’association, je me suis rendu compte que lorsque l’on souhaite soulever des fonds, par l’intermédiaire de jeux télé par exemple, il faut toujours venir avec des personnalités du monde du spectacle. Je suis donc partie à la recherche de comédiens pour nous aider et faire parler de nous. Stéphane Freiss et Emmanuelle Devos nous ont soutenus dans un premier temps.

Aujourd’hui, ce sont Kev Adams et Lea Drucker qui sont devenus nos deux parrains actifs et ont repris le flambeau. J’ai rencontré Kev il y a trois ans et je lui ai demandé de venir faire une visite dans un hôpital.

J’ai eu un vrai coup de cœur pour l’idole des jeunes qu’il est. Ce jour-là, il s’est vraiment passé quelque chose de fort entre lui et les enfants. Le courant est tout de suite passé et la complicité est née en quelques minutes… »

* www.princessemargot.fr

Alicia COMET

À découvrir