France Dimanche > Témoignages > Nicole de Villeneuve : “A 89 ans, je remporte mon premier concours hippique !”

Témoignages

Nicole de Villeneuve : “A 89 ans, je remporte mon premier concours hippique !”

Publié le 19 juillet 2018

nicole

Après une pause de trente ans, Nicole de Villeneuve, cavalière émérite, est remontée sur un cheval et vient de remporter son premier concours hippique organisé par le Centre équestre d’Arcachon.

«Peur quand je monte à cheval ? Mais peur de quoi ?

Il n’y a vraiment aucune raison d’avoir peur.

Au contraire. La jument que je monte dans ce club d’Arcachon s’appelle Ryade. Elle est docile et doit avoir une douzaine d’années.

Entre elle et moi, il se passe toujours quelque chose. Quand le cheval se donne, c’est une sensation merveilleuse que j’éprouve.

Et je n’ai pas du tout l’intention d’arrêter, ni d’abandonner les entraînements en cours collectif deux fois par semaine.

En ligne de mire, un concours hippique qui se tiendra en octobre prochain.

Un nouveau défi pour moi.

J’ai découvert l’équitation à l’âge de 28 ans. à l’époque, je vivais à Chantilly (Oise) avec mon mari et mes trois enfants.

Un matin, un médecin est venu à la maison pour soigner l’un d’entre eux. Il a franchi le pas de la porte en culotte de cheval avec des bottes aux pieds.

Je l’ai regardé avec insistance, j’étais fasciné.

Où est-ce que vous montez ?” lui ai-je demandé.

J’ai tout de suite eu envie de faire mes premières expériences à cheval. Il m’a proposé de me présenter à son club de Chantilly.

C’est là que ma passion a débuté. Je me suis tout de suite prise au jeu.

Fiers

J’ai passé de nombreux examens et j’ai fini par obtenir mon monitorat.

J’ai formé des cavaliers et ouvert au fil de ma vie et au gré de mes déménagements plusieurs centres d’équitation à Barcelonnette, puis près de Marseille, à Roquefort-la-Bédoule. à 60 ans, j’ai arrêté de monter pour me consacrer à mon mari malade. 

Il y a quatre ans que je suis installée dans cette résidence pour seniors à Arcachon.

L’an dernier, sans y avoir vraiment réfléchi auparavant, j’ai décidé de reprendre les rênes.

Au début, j’avais l’impression bizarre de ne plus savoir comment m’y prendre et puis, progressivement, tous mes réflexes sont revenus.

Bien sûr, je n’ai plus la même force, ni la même énergie qu’auparavant. Ni le même équilibre non plus.

Mais le fait de remonter à cheval me procure tellement de bonheur et de joies.

C’est simple : les jours où je ne monte pas, je ne me sens pas bien. Dites-le autour de vous : on peut pratiquer l’équitation à n’importe quel âge.

Lorsque je suis aux commandes de Ryade, je n’ai pas l’impression d’avoir 89 ans. Mais plutôt 30 ! 

Lors de chaque entraînement, je suis encadrée par une monitrice et nous pratiquons le saut d’obstacles.

Je ne suis peut-être pas la plus vaillante des cavalières, mais je suis assurément la plus âgée du groupe de sept à huit personnes qui pratiquent régulièrement avec moi.

En avril dernier, j’ai fait un sans-faute au concours de saut dans la catégorie des plus de trente ans.

Cette victoire me conforte dans l’idée de poursuivre l’entraînement, une heure deux fois par semaine.

Jusqu’à quand ?

Jusqu’à ce que le Bon Dieu en décide autrement. Et d’ailleurs, j’espère bien que là-haut, il y a aussi des chevaux.

Le cheval, c’est mon médicament.

Quand je suis sur une selle, j’oublie tout.

Je suis alors totalement en accord avec ma jument que, bien entendu, je ne brutalise jamais.

Mes trois enfants (qui savent tous monter), sept petits-enfants et neuf arrière-petits-enfants m’encouragent.

Je pense qu’ils sont aussi un peu fiers de ce que je fais… »

Alicia COMET

À découvrir

Sur le même thème