France Dimanche > Témoignages > “Nous avons réussi à sauver notre école communale !”

Témoignages

“Nous avons réussi à sauver notre école communale !”

Publié le 4 décembre 2015

Grâce à une opération immobilière insolite, Paul Quéméner, ce maire d’un village breton (Berrien, dans le Finistère) de 987 habitants a pu sauver son établissement scolaire qui s’enorgueillit aujourd’hui d’accueillir 84 élèves !Grâce à une opération immobilière insolite, Paul Quéméner, ce maire d’un village breton (Berrien, dans le Finistère) de 987 habitants a pu sauver son établissement scolaire qui s’enorgueillit aujourd’hui d’accueillir 84 élèves !Grâce à une opération immobilière insolite, Paul Quéméner, ce maire d’un village breton (Berrien, dans le Finistère) de 987 habitants a pu sauver son établissement scolaire qui s’enorgueillit aujourd’hui d’accueillir 84 élèves !Grâce à une opération immobilière insolite, Paul Quéméner, ce maire d’un village breton (Berrien, dans le Finistère) de 987 habitants a pu sauver son établissement scolaire qui s’enorgueillit aujourd’hui d’accueillir 84 élèves !

« En avril dernier, le ministère de l’Éducation nationale nous met le couteau sous la gorge : il nous avertit que notre quatrième classe va fermer en septembre faute d’effectifs. Mais on ne veut pas se laisser faire. Une centaine de parents d’élèves se réunissent et décident d’aller manifester à Carhaix puis à Quimper. Malheureusement, les responsables politiques nous entendent mais ne nous écoutent pas…

Sur le territoire de la commune, on a la chance d’avoir dix terrains constructibles de 800 m2 chacun, avec eau, électricité et tout-à-l’égout. Jusque-là, ils étaient proposés à 9,50 € le m2. Pas bien cher, mais on ne trouvait pas preneur. Lors du conseil municipal du mois de mai, on décide donc de mettre en vente ces propriétés à… 1 € le m2.

Une proposition alléchante mais qu’il faut faire connaître. J’entre alors en contact avec les journaux locaux, Le Télégramme et Ouest-France afin qu’ils relaient notre offre avantageuse de terrains à bâtir.

Le lendemain, à mon étonnement, je m’aperçois que Le Télégramme a consacré sa Une à notre proposition. Moi qui pensais qu’elle serait reléguée dans les pages départementales… Forcément, ça fait du bruit et les télés débarquent à Berrien : TF1, Tébéo (Télévision Bretagne Ouest) et France 3 Bretagne font le voyage pour venir voir à quoi ressemblent ces fameux terrains à construire. Tous défilent les uns après les autres pour constater que ces lots sont situés près de l’école, en plein centre du village, tout près de la boulangerie-épicerie, du café, du restaurant… C’est un cadeau qu’on fait aux futurs habitants.

"Aujourd’hui, l’école accueille 84 enfants. Et il en fallait 80 pour ne pas fermer ! J’ai donc sauvé l’école et j’en suis très heureux."

La première semaine, on reçoit jusqu’à 400 appels de familles intéressées. Le standard de la mairie explose. Même les élus prennent des communications en provenance de toute la France. On précise nos critères : il faut que les candidats écrivent une lettre de motivation afin d’expliquer comment ils imaginent leur avenir dans notre petite commune. L’autre critère indispensable est que chaque famille sélectionnée doit venir voir le terrain, le site, les alentours. Au total, on reçoit plus de 2 000 demandes que l’on trie, classe, enregistre. Parmi elles, nous choisissons dix familles avec enfants, car le but est de faire rouvrir cette quatrième classe qui doit fermer dès la rentrée ! Ils viennent des Côtes-d’Armor, de Paris, Cavaillon ou des Landes…

Entre juin et juillet, les sélectionnés viennent faire leur tour du propriétaire, tenant compte du fait qu’il leur faut déposer une demande de permis de construire et que leur maison ne sortira de terre que dans un ou deux ans. Je me surprends à être un bon vendeur. Je leur explique pourquoi ils ont de la chance de venir vivre ici : notre école a été rénovée il y a dix ans à peine. Nous disposons d’une garderie pouvant accueillir trente enfants par jour, d’un centre de loisirs ouvert pendant les vacances scolaires, d’un terrain de jeux neuf pour les petits, d’un mini-stade pour le foot, le basket ou le hand, d’une médiathèque et d’une ludothèque, sans oublier quelque vingt-cinq associations culturelles et sportives très actives !
Alléchées par tant d’atouts, cinq familles viennent s’installer chez nous dès le début de septembre. En attendant la construction, on leur propose des logements pour la période de transition. Le plus important, c’est qu’elles viennent avec 9 enfants. Résultat : on se bat à nouveau (avec succès cette fois) pour conserver notre classe.

Aujourd’hui, l’école accueille 84 enfants. Et il en fallait 80 pour ne pas fermer ! J’ai donc sauvé l’école et j’en suis très heureux. Car quand on commence à perdre une classe, on finit par perdre toute l’école… »

Alicia Comet

À découvrir

Sur le même thème