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“On a greffé mon fémur sur ma hanche”

Publié le 8 avril 2013

Rongée par un cancer des os, elle risquait l’amputation de la jambe. Heureusement, grâce à un chirurgien de Marseille utilisant une technique exceptionnelle, elle va pouvoir remarcher normalement.

« De nature robuste, ça faisait des années que je n’étais pas tombée malade. Alors, en mars 2012, lorsque j’ai ressenti une vive douleur dans la fesse droite lors d’un footing, je ne me suis pas trop inquiétée : ça ne devait être qu’une simple sciatique. Mon médecin a pourtant insisté pour que je passe une radio, qui a révélé que j’avais en fait un énorme trou dans la hanche droite ! Un scanner a ensuite confirmé le terrible diagnostic : je souffrais d’un chondrosarcome, un cancer osseux qui me rongeait une partie du bassin ! J’aurais pu m’effondrer et penser au pire mais ce n’est pas mon tempérament : je reste optimiste, même dans les moments les plus difficiles ! Je me suis alors dit qu’il y avait certainement une autre réponse !

Les perspectives n’étaient pourtant pas encourageantes : ma tumeur ne pouvait être soignée ni par chimiothérapie ni par radiothérapie ! Il fallait donc la retirer mais, compte tenu de sa taille, une ablation classique entraînerait de lourdes conséquences : je perdrais la moitié de mon bassin, qu’aucune prothèse artificielle ne pourrait efficacement remplacer, et ma jambe droite pouvait être amputée ! Bref, je courais le risque de passer le restant de mes jours dans un fauteuil roulant. C’était mieux que d’y laisser carrément la vie mais ça n’était pas la panacée non plus !

Solution

C’est là que j’ai rencontré le docteur Pierre-Olivier Pinelli. Quand j’ai demandé à ce chirurgien-orthopédiste, qui travaille à l’hôpital de la Conception à Marseille, s’il allait me couper la jambe, il a levé les bras au ciel et m’a répondu : “Mais jamais de la vie ! J’ai une bien meilleure solution pour vous…” Il m’a proposé d’appliquer une incroyable technique opératoire, mise au point par le chirurgien toulousain Jean Puget, qui consiste à reconstruire la partie du bassin qu’on allait m’enlever avec le haut de mon fémur droit, dont on retirerait le cartilage pour en accentuer la forme circulaire.

Ce type d’autogreffe a un avantage majeur : sa solidité, car les os d’un même corps se soudent parfaitement les uns aux autres. Le bout de mon fémur, greffé sur le bassin, serait lui-même remplacé par une prothèse en chrome-cobalt. Je garderais ainsi l’usage de ma jambe. C’est extraordinaire ce que la médecine peut faire de nos jours ! Même si l’intervention était longue et risquée, j’ai évidemment tout de suite donné mon accord. Le 21 mai dernier, j’ai été opérée pendant douze heures. Une intervention dont le docteur Pinelli est sorti épuisé mais heureux !

Grâce à ses talents de chirurgien et à l’aide de ses assistants, tout s’est passé comme prévu : je n’avais plus de tumeur, mais un bassin fonctionnel et une articulation toute neuve ! Certes, les suites postopératoires furent longues et parfois difficiles : j’ai passé plus de trois mois dans un corset, le temps que ma greffe se consolide.

Formidable

Mais je n’avais honnêtement pas le droit de me plaindre : bientôt, je pourrais de nouveau marcher et cette magnifique perspective me donnait toute la patience du monde. Dans mes moments de lassitude, je pouvais compter sur le soutien de mes proches : mon mari, mes amis et ma sœur, qui m’a même offert des gants de boxe pour m’encourager dans mon combat. Après plusieurs mois de rééducation consacrés à des exercices de marche, le résultat est aujourd’hui formidable. Je me déplace encore avec des béquilles, mais, très bientôt, je tiendrai de nouveau sur mes deux jambes ! Et là, à 53 ans, la vie me tendra de nouveau ses bras, même si je sais que je n’aurai plus le droit de courir !

Avec mes proches, je pourrai néanmoins repartir en randonnée dans les merveilleux chemins de notre île de Beauté, faire de magnifiques voyages et peut-être visiter les États-Unis, comme je rêve de le faire depuis tant d’années ! Mais, surtout, je pourrai profiter pleinement de ma petite-fille de 4 ans, Hope, « espoir » en anglais ! Alors au docteur Pinelli et à toute son équipe, qui se sont occupés de moi avec tant d’humanité et de professionnalisme, je veux encore dire un immense merci ! »

Propos recueilli par Thierry Lopez

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