France Dimanche > Témoignages > Pascale Gangloff : “Je recase les perroquets abandonnés !”

Témoignages

Pascale Gangloff : “Je recase les perroquets abandonnés !”

Publié le 21 avril 2018

Pascale Gangloff, 55 ans, a monté 
la seule association française qui récupère et replace en familles d’accueil ces volatiles 
si attachants et… si bavards.

«Moi et mes perroquets, c’est une histoire d’amour qui remonte à l’enfance. Petite, je ne jouais pas à la poupée comme toutes les fillettes, mais avec des peluches de perroquets multicolores. On ne se refait pas…

Aujourd’hui, j’en possède une petite dizaine et j’en accueille une autre dizaine à la maison. Tous séjournent dans des cages installées dans la mezzanine de ma ferme. Ils me parlent, je leur parle. On communique beaucoup.

Il y a deux ans, j’ai décidé de créer cette Association de protection et de replacement de perroquets* car de plus en plus de personnes abandonnent ces oiseaux. Or ils peuvent vivre jusqu’à 80 ans.

Je les recueille, les emmène systématiquement chez un vétérinaire spécialisé basé au Luxembourg (à 200 km de chez moi), avant d’en prendre soin et de tenter de dénicher des familles d’accueil éparpillées dans toute la France. Ils restent à la maison avant de trouver preneur. Je les remets alors gratuitement à leur nouveau propriétaire qui doit juste s’acquitter des frais engagés auprès du vétérinaire.

Lorsqu’ils souffrent ou qu’ils sont porteurs de maladies graves et contagieuses, les perroquets sont euthanasiés. Sinon, ils viennent ici pour une période transitoire d’un à deux mois, en moyenne. Je déconseille aux familles avec enfants en bas âge ou aux fumeurs d’en adopter, car ces oiseaux sont fragiles, et il leur arrive de mordre. Ils font partie de ce que l’on appelle aujourd’hui les NAC (nouveaux animaux de compagnie) et peuvent vraiment faire le bonheur de leur maître. Comme un chat câlin ou un chien affectueux.

Conversations

Le perroquet est le seul animal de la planète qui parle. Et le meilleur causeur est incontestablement le gris du Gabon ; j’en ai deux chez moi. Ils ont une forme d’intelligence particulière et sont à même de dire des choses très appropriées suivant les circonstances.

Ici, chacun a son prénom : Eliott, par exemple, me salue, lorsque je me lève le matin, d’un “Oh, t’es belle !” rafraîchissant… Et quand je passe à table, il lance : “Oh, c’est bon !” Un perroquet ne vous dira pas “bonjour” s’il vous a déjà vu dans la matinée. Et lorsque l’un d’entre eux crie trop fort, son voisin lui répond : “Tais-toi, tu fais du bruit !” Nous, à côté, on se marre. En ce moment, dès que l’on parle à Coubo, il réplique “Ben quoi !” Et Kiki a tendance à répéter : “Il est méchant, le chat !”, une phrase qu’il a dû entendre dans la bouche de son précédent propriétaire…

A la maison, nous avons souvent de grandes discussions animées. Lorsque je passe devant sa cage, Coco, le cacatoès rose et blanc, me salue en alsacien d’un “Hop comme !” qui signifie “Allez viens !” Chaque soir, au moment de recouvrir sa cage avec une couverture pour éviter les éventuelles terreurs nocturnes, Eliott me crie : “Va au dodo !” Quelle rigolade !

Câlins

Les gros oiseaux possèdent chacun leur cage individuelle, sinon ils se boufferaient le nez. En revanche, les perruches peuvent cohabiter dans le même espace. J’ai aussi des couples avec lesquels je joue beaucoup. Les perroquets réclament des câlins et apprécient que l’on s’intéresse à eux. Ils sont plutôt grégaires. Pas question en revanche de les laisser en liberté chez soi, sinon ils pourraient abîmer votre moquette ou se faire le bec sur un beau meuble en bois.

Côté alimentation, je les gâte : ils ont droit à des croquettes spéciales agrémentées de fruits ou de légumes bio. Je fais particulièrement attention à leur santé. Un peu plus qu’à la mienne, d’ailleurs. Ce matin, ils ont eu une pomme (dont ils sont extrêmement friands !), une banane et une carotte. Demain, ils mangeront du poivron, de la pomme et de la poire. Ils vont devenir de vrais gourmets… »

www.aprp67.fr

Alicia COMET

À découvrir

Sur le même thème