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Paul Dureau : “À 21 ans, je suis le plus jeune chansonnier de France !”

Publié le 18 janvier 2017

Avec son spectacle, “Politic Circus”, le chansonnier Paul Dureau se produit au mythique théâtre des Deux Ânes, à Paris. Dans la veine de ses idoles, sa plume acérée et son bagout hors du commun croquent avec humour l’actualité et la politique.

« J’ai connu le monde des chansonniers grâce à mon grand-père. Il habitait Montmartre et était l’ami de ces artistes dans les années 50. Poursuivant la tradition, mon père m’a emmené voir leurs spectacles quand j’étais petit et j’ai bien aimé.

Je n’ai découvert mon don pour l’imitation qu’à 12 ou 13 ans. Mais je n’ai pas persévéré dans cette voie car je trouvais qu’il y avait déjà beaucoup d’imitateurs. En revanche, il n’y avait alors presque plus de chansonniers.

La première fois que j’ai montré mes talents en public, c’était au lycée. J’avais 15 ans. Ma professeure d’anglais, voyant que je ne faisais pas grand-chose et étais plutôt dissipé, m’a dit : “Pour demain, préparez un sketch avec la voix de Jacques Chirac”. Ce coup d’essai a fait rire toute la classe !

"La première fois que j’ai montré mes talents en public, c’était au lycée."

Du coup, l’enseignante a bien voulu que j’écrive un sketch chaque semaine, et ça m’a incité à continuer. Un an plus tard, je jouais à l’auditorium de la Sacem. C’était un spectacle semi professionnel. La salle était pleine. J’en garde un très bon souvenir.

J’ai enchaîné ensuite avec les cabarets parisiens. J’ai débuté à Montmartre, Chez ma Cousine. La pression était énorme : le propriétaire m’avait prévenu que j’avais dix minutes pour faire rire toute la salle, sinon je dégageais ! Au final, tout s’est bien passé, devant un public hilare et un peu alcoolisé. J’y suis resté quelques mois avant d’intégrer le cabaret de Michou pour me produire en première partie. Michou est d’ailleurs devenu, comme il dit, “ma marraine” !

En parallèle, j’ai créé mon émission de radio, Le clan des chansonniers, sur Internet (www.pauldureau.fr). Mon but était de récréer l’esprit des chansonniers dans une ambiance bon enfant. Grâce à moi, Pierre Douglas et Olivier Lejeune ont pu se revoir, alors qu’ils n’étaient plus en contact depuis des années.

J’avais deux rêves quand j’ai démarré : jouer au théâtre des Deux Ânes et intégrer la troupe des Grosses têtes. J’ai eu la chance de les réaliser en partie. J’ai en effet rencontré Philippe Bouvard, et me suis produit pour la première fois sur la scène des Deux Ânes en septembre 2015.

Les gens sont souvent étonnés de voir que je joue dans ces lieux mythiques à seulement 21 ans. Mais ça n’a rien de surprenant : je fais ce métier depuis cinq ans, je me suis donc fait des contacts, et à force de volonté, j’ai réussi à percer.

"Les chansonniers ne peuvent pas être démodés parce qu’ils traitent de l’actualité."

On dit souvent que les chansonniers sont dépassés. En réalité, je me rends compte que les jeunes de mon âge n’ont pas connu ces humoristes qui triomphaient dans les années 50-60. Donc pour eux, c’est totalement nouveau.

Et comme avec mon smoking je ne ressemble pas aux comiques actuels, les gens se disent : “C’est formidable, quelle nouveauté !” Les chansonniers ne peuvent pas être démodés parce qu’ils traitent de l’actualité.

Je fais très attention à ne pas être trop rétro, et reste très attentif à ce que me disent mes amis, car le spectacle doit être adapté à tous les publics. J’écris presque tous les jours. Pas question de faire appel à des auteurs : je veux être le seul responsable d’un bide !

Ma devise est : “Toujours gaulois, jamais grivois.” »

Cyril Coantiec

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