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Super Mamie 2018 : Michelle, sauvée par la montagne

Publié le 10 mai 2018

C’est le trek qui lui a permis de surmonter 
le deuil et la maladie.

Dimanche dernier, lors du Salon des seniors organisé par le Parc des expositions et la chambre du commerce et de l’industrie de Tarbes (CCI 65), Michelle Latrampe, 64 ans, est devenue l’élue des Hautes-Pyrénées.

Née à Bagnères-de-Bigorre, Michelle a exercé le métier de tourneur fraiseur dans une usine d’appareillage électronique, pendant vingt-cinq ans.

Après, elle s’est consacrée au bien-être des collégiens, puis des anciens dans la maison de retraite Castelmouly, dans sa ville natale, en qualité d’agent d’entretien.

Elle a deux filles, Magalie (33 ans) et Mélanie (32 ans), fruits de son second mariage, qui lui ont donné trois petites-filles : Emmy (4 ans) et Rose (3 ans), chez Magalie, et Lana (3 ans), chez Mélanie.

C’est en dansant une gigue bigourdane que cette Bagnéraise, qui fait partie d’un groupe folklorique depuis trente ans, s’est présentée. Mais ce qui a convaincu le jury, c’est sa relation très particulière avec la montagne.

Treks

« Elle m’a soignée, nous a-t‑elle expliqué. En 2005, après le suicide de mon fils Franck, issu de mon premier mariage, j’aurais eu besoin des soins d’un psychologue, tant j’étais bouleversée. D’autant qu’ensuite j’ai perdu ma mère, puis ai été atteinte d’un cancer du sein. Mais j’ai préféré partir en montagne.

J’ai participé à plusieurs treks en France, au Maroc et au Népal, en compagnie d’un super guide, Patrick Soulan. »

Avec ses amies, elle a fondé une association, PyréNépal dont elle est la présidente.

Celle-ci a pris toute son importance après le séisme du 25 avril 2015, qui n’a pas épargné le village de Thulosirubari.

Avec deux hommes, elle est allée y monter une étable et a acheté des vaches et des chèvres pour remplacer le bétail perdu lors de la catastrophe.

« Ils n’ont rien, mais ils ont tout », dit-elle de ses protégés.

Je suis allée là-bas alors que j’étais sous traitement, mais dans la vie, il faut avancer.

Quand j’ai perdu mes cheveux, j’ai dit à mes camarades de la Ligue contre le cancer des Hautes-Pyrénées, avec lesquels je fais du théâtre : “Enfin je suis bouddhiste !et j’ai assumé un rôle de bonze.

J’ai pris ma maladie comme s’il s’agissait d’un rhume. »

Elle participe aussi aux réunions de l’ACO (Action catholique ouvrière) au cours desquelles elle « refait le monde ». Chaque matin, Michelle médite face au soleil.

« J’essaie de donner ma force aux autres. »

Une force qu’elle puise sur les cimes.

Dominique PRÉHU

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