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“Toute la magie dans un feu d’artifice unique !”

Publié le 4 septembre 2016

Passionné de feu d'artifice, Jean-éric Ougier, cet artificier de 59 ans imagine depuis huit ans un spectacle unique qui se tiendra devant la grande cascade du parc de Saint-Cloud, le 10 septembre prochain. Ouvrez grand vos mirettes et vos écoutilles !

« Je me souviendrai toujours de la Fête du lac à Annecy : un spectacle pyrotechnique magique avec des jets d’eau impressionnants. On a parfois des événements fondateurs, qui vous marquent à vie. J’étais tout petit. Mais à partir de ce moment-là, j’ai commencé à dessiner des feux d’artifice sur mes cahiers d’écolier. Cet univers si éphémère me fascinait. Et il a embelli ma vie.

Les feux d’artifice me procurent une émotion intense, immédiate. C’est la boîte de Pandore qui s’ouvre d’un seul coup : une comète parcourt la nuit. C’est lumineux et bruyant à la fois. C’est le feu : il y a tant de couleurs, de mouvements. Et cela vous va droit au cœur quand ça explose.

"À 7 ans, je faisais la quête avec mes copains pour récupérer quelques pièces et acheter des feux de Bengale multicolores et des fusées au petit bazar du coin."

Je me dis que c’est comme un acte sexuel. Ça doit aller jusqu’à l’orgasme, jusqu’au bouquet final. Un spectacle réussi doit faire jouir le public. Lorsque les gens hurlent et demandent presque grâce…

À 7 ans, je faisais la quête avec mes copains pour récupérer quelques pièces et acheter des feux de Bengale multicolores et des fusées au petit bazar du coin. J’imaginais mes propres scénographies. On disait : “Venez voir, c’est le feu de Jean-Éric !” Quelques années plus tard, j’allais même acheter des poudres noires, très dangereuses, pour améliorer mon show. J’avais lu les recettes dans Spirou

Un jour, j’ai explosé. J’avais 20 ans. En mélangeant deux produits, j’ai été brûlé au troisième degré, au visage et sur les bras. Mes lunettes ont même fondu sous le choc et j’ai passé un mois à l’hôpital. Mais cela ne m’a pas découragé. Même si depuis, j’ai toujours un peu la trouille devant ces bombes qui éclatent dans le ciel.

"Le feu d’artifice que j’ai préféré c’est celui du 14 juillet 1982, lancé pour la première fois depuis l’Arc de triomphe, un site mythique."

Je suis devenu artificier au château de Versailles, qui est la Mecque dans mon domaine. C’était mon rêve. Il faut se rappeler que Louis xiv considérait les feux d’artifice comme un art. Les premières grandes fêtes de Versailles les associaient à la musique, à la danse, au théâtre et aux décors somptueux. On s’y amusait beaucoup.

En France, nous avons ainsi plusieurs siècles de tradition pyrotechnique. En imaginant mes soirées à Saint-Cloud et ailleurs, je ne fais que pérenniser cette tradition.

Le feu d’artifice que j’ai préféré c’est celui du 14 juillet 1982, lancé pour la première fois depuis l’Arc de triomphe, un site mythique. Quand on le regardait, on redevenait un enfant ébloui par la lumière. Et l’on oubliait tous les soucis de la vie quotidienne. On vibrait tous ensemble. Et c’est ce qui fait toute la beauté de cet art ! »

Alicia Comet

Plus d’infos sur le site internet : www.le-grand-feu.com

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