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"Une ruche dans mon jardin"

Publié le 2 octobre 2012

Comme de plus en plus de citadins, cette vétérinaire a décidé d'adopter de charmantes petites bêtes dont elle fait son miel...

« Un jour de mars, mon amie apicultrice et vétérinaire pour abeilles, le Dr Claire Beauvais, est venue à la maison, et m'a dit : "Ton jardin possède l'environnement idéal pour installer une ruche." Comme mon mari et moi sommes aussi vétérinaires, nous avons vite été convaincu d'accueillir ces nouveaux résidents.

Nous avons quatre enfants et deux chiens, nous aimons la vie et les animaux. On trouvait que c'était une expérience intéressante. Nous avons tout mis en œuvre pour la réaliser. Ainsi, en mai dernier, en même temps que nous, Claire a accueilli sa maison des abeilles, exposée parfaitement au sud-est. Quinze jours après avoir la nôtre à 200 €, nous l'avons peinte en jaune et bleu. Ensuite Claire nous a apporté l'essaim achété 50 € dans une ruchette de transport, et nous avons transvasé la colonie dans la nouvelle ruche. Nous nous sommes équipés de combinaisons, d'enfumoir et de lève-cadre...

Étonnamment, les abeilles s'habituent et se repèrent assez vite, en fonction de certains arbres et des couleurs. Dès qu'un rayon de soleil touche la ruche entre 13 h et 19 h, elles commencent leur va-et-vient. J'adore regarder ce spectacle ! Mais, en cas de pluie, aucune ne sort. Car, les fleurs mouillées sont lavées de leur pollen.

Va-et-vient

À l'intérieur de la ruche, la reine, identifiée par une pastille, et plus grande que ses congénères, ne sortira qu'une seule fois, pour le vol nuptial, et sera fécondée par les bourdons. Elle pondra ensuite pendant les cinq années de sa longue vie, quand les autres abeilles n'ont qu'une existence de six semaines.

Une ruche peut compter jusqu'à 45 000 occupants, dont 80 % d'ouvrières, qui sont chargées de différentes tâches : nettoyer et fabriquer les alvéoles en cire, évacuer les abeilles mortes, nourrir le couvain, défendre l'habitat des insectes étrangers ou de tout autre ennemi.

Après avoir effectué ces différents travaux, 20 % deviennent des butineuses, des abeilles plus âgées qui récoltent le nectar, le pollen des fleurs et nourrissent la colonie. Dans des conditions idéales, l'on doit vérifier qu'il existe des œufs, des larves, et de jeunes abeilles afin d'assurer la pérennité de la colonie. On surveille cela tous les deux à trois semaines, ce qui implique bien sûr qu'il faut ouvrir la ruche, et vérifier que tout se passe bien à l'intérieur.

La production du miel démarre fin avril finit début du mois d'août. J'ai été heureuse de récolter mon miel cet été, mais l'aspect sanitaire m'intéresse aussi. Même si l'homme connaît le monde des abeilles depuis des milliers d'années, il y a beaucoup à apprendre... Elles font partie des sentinelles de l'environnement et de la biodiversité. Il faut respecter cet univers.

L'apiculture urbaine existe depuis longtemps. Si elle est à la mode actuellement, c'est malheureusement parce qu'à la campagne, les abeilles subissent les conséquences des pesticides. Il ne faut cependant encourager des amateurs qui ne connaissent pas ce monde à installer une ruche chez eux. Il faut un minimum de connaissances préalables, et apprendre des gestes précis.

Rassurés

Dès que j'ai annoncé à mes voisins que j'avais une ruche chez moi, ils me répétaient : “T'es folle, tu ne pourras plus profiter de ton jardin !“ Certains amis m'ont même dit en plaisantant, qu'ils ne viendraient plus nous voir. Je comprends la phobie des insectes, mais la plupart des gens, qui avaient peur au début ont très vite été rassurés par l'absence de désagrément. On peut s'installer à cinq mètres de la ruche sans être dérangé.

Nos enfants aussi étaient inquiets, et ils savent qu'ils ne doivent pas jouer autour. Ni ballon, ni branches ne doivent tomber dessus. Finalement, il n'y a que notre chien qui, dès le premier jour, a été piqué en marchant dans l'herbe. Nous savons désormais qu'il est allergique aux abeilles, mais à part lui, personne n'a été touché. »

Propos recueilli par Anita Buttez

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