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Véronique Lebert : “J’ai changé de vie pour me consacrer aux animaux”

Publié le 13 mai 2018

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Véronique Lebert a troqué son existence confortable pour un refuge dans le Var où elle accueille des chiens maltraités ou abandonnés.

ar«Il y a quelques années, je vivais encore avec un riche homme d’affaires.

Mais le milieu très aisé dans lequel nous gravitions me fatiguait : notre entourage ne pensait qu’à faire étalage de sa réussite !

Moi, je me fiche d’avoir de l’argent ou pas. Depuis toujours, ce qui me motive, c’est la passion que je voue aux animaux.

Dans le jardin de notre propriété, j’hébergeais d’ailleurs une dizaine de chiens, au grand dam de mon compagnon. Et à chaque fois que j’en adoptais un nouveau, il me disait : « Ce n’est plus possible ! Un jour, ce sera eux ou moi ! »

Du coup, il y a sept ans, je l’ai pris au mot, tellement nos rapports s’étaient dégradés : je l’ai quitté pour me consacrer aux animaux.

Je n’ai eu aucun mal à me passer de mon ancien confort car j’aspirais à une vie plus en phase avec mes convictions. Et j’ai décidé de créer un refuge dans lequel je recueillerai des chiens maltraités ou abandonnés, pour les proposer à des familles d’accueil.

Sacrifices

Évidemment, trouver un terrain n’a pas été simple : nombre de propriétaires m’ont claqué la porte au nez.

Jusqu’à ce que je déniche la petite parcelle sur laquelle je suis installée aujourd’hui et où je me bats d’ailleurs pour obtenir l’eau courante. Mais, coincée entre l’autoroute et la forêt, au moins je ne gêne aucun voisin !

Et j’ai investi une partie de mes économies dans l’aménagement du lieu : je l’ai clôturé pour que mes petits protégés y évoluent en sécurité. J’ai racheté et installé des mobile homes pour qu’ils s’y abritent, disposé des lits pour qu’ils s’y reposent quand il fait beau, construit des “cabanes” pour sto­cker leur nourriture, etc.

Puis, dans la foulée, j’ai créé l’association Rosalie Provence, du nom d’une chienne recueillie par une amie de Brigitte Bardot, avec laquelle je suis en contact.

Et depuis, je vis sur place ! C’est spartiate parce que nous avons peu de moyens, mais pour mes animaux, je suis prête à bien des sacrifices. Ils ont en permanence besoin de ma présence et de mes câlins pour être heureux.

Et cela me permet aussi de faire face à tous les imprévus ! Ainsi, récemment, un jeune Lhassa apso que j’ai recueilli, Finou, a fait une chute, et l’un de ses yeux est sorti de son orbite !

Heureusement, j’ai pu le lui remettre en place tout de suite et l’humidifier constamment avec du collyre jusqu’à ce qu’un vétérinaire l’opère. Sans ces soins immédiats, il aurait perdu son œil !

De toute façon, je me dévoue pour tous les chiens qui passent par mon refuge. Et au fil des ans, j’en ai déjà accueilli plusieurs centaines, que des particuliers ou des fourrières m’ont amenés pour que je m’en occupe. Et c’est du boulot !

Heureusement, de formidables bénévoles me donnent un coup de main ! Notre meilleure récompense, c’est bien sûr d’avoir réussi à faire adopter la plupart de nos petits pensionnaires par des familles qui les traiteront avec amour. J’ai en revanche gardé auprès de moi une quinzaine de chiens qui ne pourront hélas plus jamais vivre ailleurs qu’ici : la plupart ont tellement été maltraités qu’ils ont perdu foi en l’homme et se montrent parfois incontrôlables.

Patience

Par exemple Titounet, un autre Lhassa apso, que son propriétaire battait en le cognant même contre les murs !

Quant à Boss, un chien nu chinois, son maître le terrorisait tellement que, lorsque je l’ai récupéré, il passait son temps à trembler comme une feuille !

Il y a également Nina, une petite chienne noire de 13 ans que son possesseur, la jugeant trop vieille pour chasser, abandonnait dans la rue quand il partait en vacances, dans l’espoir qu’elle se fasse écraser !

Sans oublier Billy, un croisé pointer staff qui est resté attaché à une laisse d’un petit mètre pendant sept longs mois ! Ses détenteurs lui jetaient même des cailloux, pour s’amuser !

Avec tous ces malheureux, j’ai dû faire preuve de beaucoup de patience. Pendant de longs mois, avec douceur et tendresse, je leur ai montré que je serai toujours gentille avec eux.

J’ai ainsi peu à peu réussi à les approcher, puis à les caresser, sans qu’ils fuient ou se montrent agressifs. Et maintenant, ils ne font confiance qu’à moi !

Ça les rend si attachants que je ne pourrais plus vivre sans eux ! Ils sont comme ma famille ! J’espère juste que notre refuge réussira à durer.

Entretenir une telle meute coûte fort cher et nous n’existons que grâce aux dons des amoureux des bêtes. »

Pour aider Véronique :
www.rosalie-provence.e-monsite.com (site internet).
associationrosalie@gmail.com (e-mail).

Thierry LOPEZ

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