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Vincent Monnerie : “Si fier de ma traversée des Alpes à la brouette !”

Publié le 28 octobre 2018

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C’était un pari un peu fou, un périple de 704 km avec 21 cols mythiques de montagne à franchir. à 26 ans, il vient de relever le défi, en hommage à son père, décédé de la maladie de Charcot.

«Quand mon père est mort, le 25 mai dernier, je me suis senti tellement impuissant que j’ai voulu réaliser quelque chose afin d’honorer sa mémoire et faire avancer la science.

Car la maladie de Charcot, dont il était atteint, est incurable, peu connue et rare.

Elle touche 1 200 nouveaux cas chaque année dans l’Hexagone et la recherche médicale ne progresse guère, faute de crédit…

Le 15 juin, je mets donc au point mon défi : parcourir à pied les 704 km qui séparent Thonon-les-Bains de Nice, en poussant ma brouette qui est mon outil de travail fétiche – je suis sur les chantiers toute l’année.

Je souhaite parcourir cette route mythique des Alpes que connaissent bien les cyclistes, les motards et les amoureux de vieilles voitures.

Elle passe par vingt et un cols célèbres, dont ceux du Galibier ou de l’Iseran.

Le 15 juillet, je prends le départ au kilomètre zéro de la route des Grandes Alpes, à Thonon-les-Bains.

Dans ma brouette : un sac à dos, une tente, un tapis de sol, quelques vivres dans une glacière, une roue de secours…

Le minimum pour passer les longues et chaudes journées d’été sur le bitume. Je parcours entre 20 et 25 km chaque jour.

Emmuré

En fait, le soir, la plupart du temps, je suis hébergé chez l’habitant.

Mon défi, posté dès le début sur les réseaux sociaux, reçoit très vite un écho étonnant.

Alors que je n’avais que 400 personnes qui me suivaient au départ de Thonon, ils sont plus de 100 000 à la fin de l’aventure, le 4 août. Incroyable !

Beaucoup de gens m’ouvrent leur porte pour passer la nuit. Je bénéficie d’un vrai lit et d’une bonne douche. Essentiel pour reprendre des forces.

La journée, je m’arrête souvent en cours de route pour parler de la maladie aux passants qui m’interpellent et me soutiennent.

Je marche à une allure rapide (7 km/h), mais je sais aussi prendre mon temps quand il le faut.

La maladie de Charcot est comme un emmurement : mon père en est mort onze mois après avoir été diagnostiqué.

C’est une affection neurodégénérative qui entraîne progressivement une atrophie des muscles et finit par atteindre le système respiratoire.

Mon parcours m’a permis de mieux la faire connaître.

J’étais soutenu par ma petite sœur Charlotte, 23 ans, et par mes proches.

Vedette

Enfin, je suis arrivé sur la Promenade des Anglais, à Nice.

Je suis fier d’avoir atteint mon but sans trop souffrir et sans pépin physique.

Le plus dur a été le dernier kilomètre au col du Galibier, qui culmine à 2 642 m.

C’était vraiment pénible et tellement raide !

Cette brouette, je ne la quitte plus. C’est elle la vedette.

Grâce à elle, j’ai recueilli 32 000 euros de dons via notre association* et une cagnotte en ligne qui va continuer à fonctionner jusqu’à l’automne. à la mi-septembre, je repars sur les routes de Corse, pour faire le tour de l’île à pied, toujours avec ma brouette, toujours pour la même cause.

Je sais que papa aurait été fier de moi. Il m’aurait suivi de façon assidue et m’aurait encouragé.

Avec ce voyage, j’ai réussi à mettre en avant les valeurs que nous partageons dans notre famille : le goût de l’effort, du travail bien fait, du don de soi pour les autres.

Grâce à celles-ci, nous continuons, ma sœur et moi, d’avancer la tête haute, malgré le décès de nos deux parents. »

• Association Momone Extrême :
www.associationmomoneextreme.wordpress.com

Alicia COMET

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