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Vincent Ribault : “Je suis chasseur de tiques !”

Publié le 23 septembre 2018

Ce randonneur arpente les chemins pour collecter ces redoutables insectes, afin de faire progresser la connaissance sur  la maladie de Lyme.

«J’ai une passion pour la randonnée.

Je m’y suis sérieusement mis il y a quatre ans : je marche environ 30 kilomètres, deux fois par semaine.

Je porte toujours des vêtements couvrants et jusqu’ici, j’écrasais entre les doigts les tiques que je trouvais dans les sous-bois ou le long des rivières. 

Ces petites bêtes fascinantes ont fini par m’intriguer et je me suis renseigné sur Internet pour en savoir plus. 

Au printemps dernier, je suis tombé sur le site de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) et j’ai vu que des chercheurs développaient un programme appelé Citique (www.citique.fr) dans le but d’encourager les personnes piquées par une tique à le signaler, afin de collecter une base de données, d’établir une cartographie de ces acariens en France et de faire progresser la recherche sur la maladie de Lyme qui touche 27 000 personnes par an.

Cette opération a été baptisée par les scientifiques locaux, non sans humour, “Balance ta tique”.

Il faut savoir que ces parasites sont les deuxièmes vecteurs de maladies au monde après les moustiques… Et on ne les connaît pas si bien.

Ce site permet aux citoyens de signaler les morsures constatées sur les animaux ou sur les humains.

Chaque personne peut ensuite envoyer la vilaine bestiole au laboratoire où elle est conservée dans un grand congélateur, répertoriée dans une « tiquothèque » et analysée afin de mieux connaître les agents infectieux qu’elle possède. 

Ce projet de science participative m’a tout de suite plu.

Je me suis pris au jeu.

À la fin du mois de juillet, j’ai capturé une quarantaine de tiques lors de mes balades le long des chemins de randonnée.

Je les ai déposées dans des tubes remplis d’alcool à 90° (mis à ma disposition par l’Inra) que j’ai étiquetés et envoyés par la poste au centre de Champenoux, près de Nancy.

Je connais bien les endroits où la tique prolifère, d’avril à octobre.

Elle apprécie en particulier les lieux humides, ombragés.

Je n’en ai jamais vu en plein soleil.

Elle ne grimpe pas aux arbres non plus, malgré la légende.

Sous-bois

La tique se fixe plutôt sur des hautes herbes, dans les sous-bois, au bout des feuilles, des tiges.

On la trouve parfois en compagnie de ses congénères en groupe (surtout à l’état de larves) mais le plus souvent, elle est solitaire. 

Assez facilement reconnaissable, elle possède huit petites pattes.

On recense pas moins de 41 espèces dans l’Hexagone (mais toutes ne sont pas porteuses de la maladie de Lyme) et 850 dans le monde.

On a de quoi faire !

La plus dangereuse reste la tique noire, dont la carapace est dure. 

La tique est le cauchemar du randonneur.

Lorsqu’elle est petite, on peut encore la balayer d’un revers sec de la main sur le bas du pantalon.

Mais dès qu’elle s’accroche à la chair, il est préférable d’utiliser un tire-tique (petit objet avec deux crochets que l’on trouve notamment en pharmacie) pour l’enlever.

Indolore

Le problème est que la morsure de la tique passe inaperçue.

Elle est indolore : l’acarien suce le sang mais grâce à sa salive, qui contient un agent anesthésiant, on ne la sent pas. 

Le mieux est toujours d’enlever la vilaine petite bête le plus vite possible.

Car elle peut se gaver de sang et rester accrochée à la peau plusieurs jours durant.

J’ai plusieurs amis qui en ont été victimes.

Dans mon entourage, trois personnes ont attrapé la maladie de Lyme et certains en ont gardé des séquelles.

Cette pathologie est encore mal connue, mal diagnostiquée et je crois que notre pays a beaucoup de retard en la matière. 

Alors, à mon humble niveau, j’ai juste envie de donner un coup de main… »

Alicia COMET

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