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Vie pratique

Cancer du côlon : Le dépistage peut vous sauver la vie

Publié le 3 mai 2015

Le cancer du côlon est le plus meurtrier en France, après celui du poumon chez l’homme et du sein chez la femme. Détecté tôt, il se soigne pourtant dans 9 cas sur 10. Mars, mois de mobilisation contre ce fléau, est l’occasion de faire le point.

Après Octobre rose dédié à la lutte contre le cancer du sein, voici Mars bleu, mois de dépistage du cancer colorectal. Chaque année en France, plus de 40 000 nouveaux cas sont déclarés et 17 000 personnes meurent de cette tumeur qui touche le côlon ou le rectum.

Dépistés tôt grâce à différents examens, neuf cancers colorectaux sur dix sont curables. Pourtant, selon une étude de l’Institut de veille sanitaire publiée l’an dernier, 31 % seulement des personnes intéressées procèdent à des examens préventifs.

Êtes-vous concerné ? En quoi consiste le dépistage ? Les polypes sont-ils dangereux ? Où en sont les traitements ? France Dimanche vous répond.

Pascal Burtin

NOTRE EXPERT

”Le risque de cancer colorectal
augmente avec l’âge.

Dès 50 ans,
et même si vous ne présentez aucun signe,

n’hésitez pas à vous faire dépister.
Cela peut vous sauver !”
Dr Pascal Burtin,
gastro-entérologue

à l’institut Gustave-Roussy de Villejuif (94).

À qui s’adresse le test ?

Les femmes et les hommes de plus de 50 ans sont concernés. Il leur est recommandé de faire un test de dépistage du cancer du côlon tous les deux ans.

En quoi consiste-t-il ?

Les personnes sont invitées par courrier à se présenter chez leur médecin traitant pour se procurer le test de dépistage qui permet de déceler les traces de sang dans les selles. Réalisé à domicile, il consiste en deux prélèvements quotidiens de selles (à déposer sur une plaquette) durant trois jours consécutifs.

Les échantillons prélevés doivent ensuite être envoyés dans une enveloppe jointe au kit de test à un laboratoire d’analyses médicales agréé. Si le test est positif (c’est le cas chez 2 à 3 % des personnes âgées de 50 à 74 ans), le médecin prescrit une coloscopie pour déterminer l’origine du saignement.

Cet examen, réalisé sous anesthésie générale, vise à examiner le côlon par l’intermédiaire d’un coloscope, tube souple équipé d’une caméra introduit par l’anus. Durant la coloscopie, le médecin peut prélever un échantillon de tissu pour l’analyser, et enlever des polypes avant qu’ils ne dégénèrent.

Pour mieux encourager le dépistage des personnes à risque, un nouveau test immunologique, baptisé OC-Sensor, plus simple d’utilisation (il nécessite un seul prélèvement) et plus précis, sera disponible en mai. « Le test Hemoccult II, disponible jusqu’en début d’année, permettait de dépister 50 % des malades contre 70 à 80 % avec le nouveau test immunologique », souligne le Dr Burtin de l’institut Gustave-Roussy.

Pour les personnes à risque élevé ou très élevé (antécédents personnels ou familiaux de cancer colorectal et de polyadénomes colorectaux, colites inflammatoires…), une coloscopie est préconisée d’emblée.

Colon prévention

Les polypes intestinaux sont-ils dangereux ?

« Le cancer colorectal est souvent une transformation maligne d’un polype (tumeur bénigne), situé dans le gros intestin, explique le Dr Burtin. Il faut l’enlever pour éviter le développement d’une tumeur maligne. »

Quels sont les symptômes ?

Ils sont multiples mais pas toujours présents : des douleurs abdominales, des troubles digestifs (diarrhée, constipation…), la présence de sang dans les selles, des ballonnements, des flatulences, une perte d’appétit, de poids, des vomissements… Si vous présentez l’un de ces symptômes, parlez-en à votre médecin.

Un cancer curable lorsqu’il est détecté tôt

« Aujourd’hui, on guérit 50 % des malades, tous stades de cancers colorectaux confondus, et 90 % des malades dépistés à un stade précoce », nous précise le médecin. En vingt ans, la mortalité par cancer colorectal a baissé de 21 % grâce, notamment, à une meilleure prise en charge thérapeutique.

Celle-ci n’est pas la même selon le stade de la tumeur. Si le cancer est peu développé et bien localisé, l’endoscopie ou la chirurgie suffit. Sinon, il faut compléter le traitement par des séances de chimiothérapie et de radiothérapie.

La tendance actuelle est à la personnalisation du traitement. Les médecins recherchent des caractéristiques spécifiques dans les tumeurs et orientent leurs choix de molécules thérapeutiques en fonction des résultats : le traitement est alors plus ciblé, donc plus efficace.

Comment limiter ses risques ?

Respectez les règles d’hygiène de vie élémentaires : mangez équilibré et privilégiez les fibres (légumes, fruits, céréales…), n’abusez pas de viande rouge ni de charcuterie et autres aliments gras ; faites de l’exercice régulièrement ; si nécessaire, perdez du poids ; consommez de l’alcool avec modération et évitez de fumer !

CARNET PRATIQUE
On visite de Côlon Tour 2015

Face à la baisse du taux de participation au dépistage organisé du cancer colorectal, la Ligue contre le cancer, la fondation ARCAD
(Aide et recherche en cancérologie digestive) et la Société française d’endoscopie digestive (SFED) organisent le Côlon Tour dans plus
de 70 villes en France, jusqu’au mois de septembre.
Plus concrètement, les visiteurs sont invités à voyager dans un côlon gonflable pour y découvrir comment évoluent les lésions digestives et l’intérêt que représentent le dépistage et la coloscopie.
Une opération ludique et pédagogique qui est plus que jamais nécessaire pour surmonter les peurs et les tabous.

Pour savoir quand le Côlon Tour® passera dans votre région :
www.ligue-cancer.net/article/26648_le-colon-tour-r-pres-de-chez-vous

TEMOIGNAGES

Mireille“Faites le test !”

Mireille, 62 ans, Marseille (13)
« Depuis quatre ans, je réalise le test de dépistage du cancer colorectal. En mai 2014, le résultat a été positif. Mais, comme je devais m’occuper de ma mère en fin de vie et de mon mari dialysé, j’ai laissé traîner. D’autant qu’à part quelques petites douleurs abdominales, je n’avais pas de symptômes. Je n’ai donc passé une coloscopie que huit mois plus tard. L’examen a révélé un cancer du côlon. J’ai dû me faire opérer. Le chirurgien m’a enlevé une bonne partie de mes intestins et de nombreux ganglions ! Il m’a dit que je m’en étais sortie in extremis. Aujourd’hui, j’ai une belle cicatrice et ne peux plus exercer mon travail d’infirmière. Néanmoins, je m’en sors bien, sans chimiothérapie ni poche gastrique. J’ai eu beaucoup de chance ! Je dois néanmoins passer une coloscopie de contrôle tous les ans et, surtout, j’encourage mes proches et mes anciens collègues à se faire dépister. »

Noël“Sans le dépistage, je ne serais plus là”

Noël, 75 ans, Orly (94)
« Tous les deux ans, je me faisais dépister et, en 2011, le test fut positif. Le gastro-entérologue m’a fait une coloscopie et m’a dit que ce n’était pas beau, qu’il fallait réagir vite ! Je n’avais pourtant aucun symptôme. On m’a enlevé la tumeur et j’ai eu des séances de chimiothérapie par comprimés et par injections. Depuis, je dois passer des scanners de contrôle tous les six mois, pendant cinq ans. Sans le dépistage, je ne serais plus là aujourd’hui. »

Florence Heimburger

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