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Vie pratique

Christian LABORIE : “C’est merveilleux de donner du rêve aux autres !”

Publié le 20 décembre 2015

Rien ne prédestinait Christian Laborie à écrire de grandes sagas ayant pour cadre les Cévennes. C’était sans compter sur le destin qui a mis sur sa route une beauté locale.


 

France Dimanche (F.D.) : D’où vient votre passion pour cette région ?

Christian Laborie (C.L.) : De mon épouse qui est d’Alès. Je l’ai rencontrée en Turquie pendant des vacances. Nous avons d’abord essayé de vivre dans le Pas-de-Calais, mais elle ne s’habituait pas aux brumes du Nord et regrettait sa région ensoleillée. En 1978, on s’est installés à Saint-Jean-du-Pin, un petit village entre Alès et Anduze.

F.D. : Dans votre livre, vous racontez qu’au début du xxe siècle, la vie était très dure pour les orphelins. Est-ce encore le cas ?

C.L. : En tant qu’enseignant dans un collège des Cévennes, j’ai connu des enfants qui étaient placés dans une famille d’accueil. Mais ils n’étaient pas malheureux…

F.D. : Et la maison de redressement d’Aniane existe-t-elle toujours ?

C.L. : Elle est heureusement fermée depuis les années 50. Je me suis beaucoup documenté sur cette maison qui était une sorte de prison, un vrai bagne pour mineurs. Il était courant de dire aux enfants : « Sois sage, sinon tu iras à Aniane » !

F.D. : Pourquoi donnez-vous à tous vos romans un cadre historique ?

C.L. : J’ai été professeur d’histoire-géographie, et j’aime ancrer mes livres dans l’Histoire.

F.D. : Quand avez-vous commencé à écrire ?

C.L. : Tardivement, à 47 ans. C’était en 1995, pendant les vacances de Noël. Ce premier ouvrage était un challenge, je voulais me prouver que j’étais capable d’écrire un roman. J’en ai fait tirer cinq exemplaires qui sont restés dans un tiroir de mon bureau !

F.D. : Quel est votre rythme de travail ?

C.L. : Je ne suis pas un lève-tôt comme la plupart des auteurs. Je ne suis jamais prêt avant 9 heures ! Le matin est consacré aux corrections et j’écris l’après-midi.

F.D. : Montrez-vous le manuscrit à votre femme avant de le publier ?

C.L. : Elle est l’une de mes premières lectrices, mais ne lit le roman que lorsqu’il est édité.

F.D. : Êtes-vous un homme heureux ?

C.L. : J’ai la chance d’habiter une maison dans des collines couvertes de chênes-lièges sur les contreforts des Cévennes. De mon bureau, je vois des sangliers qui viennent jusqu’à ma porte. Et puis, c’est merveilleux de se réveiller en se disant qu’on va donner du rêve aux autres !

L'ENFANT REBELLE HD

F.D. : Avez-vous des regrets ?

C.L. : Les romans dits « de terroir » sont considérés comme de la sous--littérature, relégués dans un coin sombre des bibliothèques. Ça me fait de la peine. C’est injuste, car beaucoup de gens sont touchés quand on leur parle de leur région. Il y a, chez la plupart d’entre nous, la nostalgie de la France d’une certaine époque.

F.D. : Y aura-t-il une suite à L’enfant rebelle ?

C.L. : Je préfère laisser le soin aux lecteurs d’imaginer une fin à mon livre.

Gwenaëlle Keskaven

Secrets et intrigues au Pays cévenol

Confiés à l’institution des sœurs de la Charité à Nîmes, en janvier 1898, deux orphelins vont connaître des destins bien différents. Si Raphaël est brimé par ses parents adoptifs, Vincent grandit heureux au sein d’une famille de paysans aisés. Quelques années plus tard, les jeunes gens vont se rencontrer et démêler le fil du lourd secret de leur naissance. Un livre passionnant qui nous fait découvrir une région magnifique.

L’enfant rebelle, de Christian Laborie, éditions Terre de France, 22 €.

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