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Vie pratique

Combattre le cancer du sein

Publié le 21 octobre 2014

Isabelle est passée par cette épreuve qui touche une femme sur huit en France. Elle nous livre le plan de bataille qu’elle a mené pour remporter la victoire.

« Face au cancer du sein, on peut adopter la politique de l’autruche ou celle de la lionne. Moi, j’ai été la reine des autruches ! » sourit Isabelle Sebagh, 54 ans. Comme d’autres, elle est passée par ces étapes : panique, déni, culpabilité, angoisse… et, heureusement, soulagement devant la guérison.

Cancer sein affiche Ruban roseAvant la maladie, la vie souriait à Isabelle : nouveau compagnon, nouvelle maison… Pas le temps de penser à faire ses mammographies de contrôle depuis deux ans. Pourtant, elle présentait des calcifications mammaires à surveiller, et sa sœur avait développé un cancer du sein quelques années plus tôt. « J’avais peur du résultat », réalise-t-elle aujourd’hui. Combattre ces réticences, c’est justement tout l’enjeu de campagnes de prévention d’Octobre rose qui démarre ce mois-ci (lire encadré).

[box type="info" style="rounded"]Octobre rose dans toute la France
Pour la 21e année, ce mois de l’année est consacré à la lutte contre le cancer du sein. Organisée par l’association « Le cancer du sein, parlons-en!», cette campagne prévoit de nombreuses manifestations pour sensibiliser sur l’importance du dépistage entre 50 et 74 ans : tous les deux ans, les femmes sont invitées par courrier à passer une mammographie et un examen clinique sans avance de frais. On ne le dira jamais assez : détecté à un stade précoce, le cancer du sein peut être guéri dans 9 cas sur 10 ! Pour en savoir plus : cancerdusein.org[/box]

Un jour, Isabelle sent une boule dans son sein. Mais elle chasse la frayeur que cette découverte provoque et n’« écoute » pas son corps ­pendant six mois. « Un soir, j’ai éprouvé une terrible angoisse : la boule s’était rapprochée du mamelon. Je suis allée consulter mon radiologue dès le lendemain. Verdict : j’avais une tumeur de 3 cm, au stade 3, et les ganglions étaient atteints. »

Nous sommes en 2013. À partir de ce jour, c’est le parcours d’une combattante qui commence. Reçue en urgence à l’institut Gustave-Roussy de Villejuif, dans le Val-de-Marne, Isabelle va subir huit séances de chimiothérapie (avec deux produits différents). L’autruche s’est muée en lionne. Elle nous confie aujourd’hui les stratégies qu’elle a dû mettre en place pour affronter cette épreuve, et la gagner !

Isabelle Sebagh, 54 ans, et sa fille Anaïs dont le soutien et l'amour ont été précieux.
Isabelle Sebagh, 54 ans, et sa fille Anaïs dont le soutien et l'amour ont été précieux.

Supporter la chimiothérapie

« Pas facile d’accepter le traitement. Il faut contrôler ses angoisses. L’hypnose m’a aidée à garder le moral. Je faisais une séance la veille de chaque chimio, et j’y ai eu recours également le lendemain de ma mastectomie [Isabelle a subi une ablation totale du sein avec curetage ganglionnaire, ndlr]. Cela m’a permis de mieux me remettre de l’anesthésie. »
L’avis de la rédaction
De nombreux hôpitaux ouvrent désormais leurs portes aux médecines alternatives, dont l’hypnose. Cette méthode naturelle antidouleur agit sur le stress, peut également augmenter l’efficacité de la chimiothérapie et renforcer le système immunitaire. La sophrologie constitue également une aide précieuse. Ces techniques ne promettent pas de guérison, mais viennent en complément du traitement.

Retrouver des forces

« Après une chimio, j’appliquais sur mon sein des cataplasmes d’argile verte. J’avais l’impression d’enlever l’excédent de ces produits toxiques qui visent la tumeur, et touchent au passage les ­cellules saines. La chimio, c’est un coup de massue : on perd l’appétit, on a des nausées… Il faut reprendre des forces. Je me suis astreinte à manger sainement, frais et bio, pas forcément beaucoup : un petit bout de tomate ou de melon, une gorgée d’eau régulièrement, ni soda ni viande rouge… Rien de lourd. Mon bilan sanguin s’est amélioré plus vite que prévu, je suis sûre que c’est grâce à mon alimentation ! »
L’avis de la rédaction
Riche en minéraux, l’argile verte, au pouvoir absorbant, a une action adoucissante, bactéricide, cicatrisante et, en effet, détoxifiante. Adopter
une alimentation variée et équilibrée, riche en vitamines antioxydantes et pauvre en pesticides favorise la guérison. Pour en savoir plus, rendez-vous sur la rubrique nutrition de Doctissimo.fr, et lisez le sujet de France Dimanche sur les aliments anticancer (n° 3385).

Rester active

« Bizarrement, après chaque traitement, j’avais une énergie de dingue. Je courais partout : c’était ma manière de réagir. Je marchais une demi-heure à une heure par jour, je refaisais la déco de mon appartement, j’invitais des amis à dîner… Ce regain d’énergie forcé m’a permis de mieux tenir. »
L’avis de la rédaction
Grâce à l’activité, la maladie est un peu oubliée… Un sport adapté est un autre allié indispensable. En savoir plus : le programme sport et cancer de l’Institut Curie (curie.fr/programme-activ).

D'autruche, Isabelle est devenu lionne pour contrer le cancer
D'autruche, Isabelle est devenu lionne pour contrer le cancer

Travailler sa féminité

« Avant l’ablation, lorsqu’elle s’impose, il y a la perte des cheveux, des cils, des sourcils… Tout ce qui participe à votre féminité. Il faut la travailler ! Pas facile : les perruques ? Jolies, elles sont très chères. J’en avais repéré une à… 1 700 euros ! Or la Sécurité sociale ne prend en charge qu’une infime partie. J’y ai renoncé, et opté pour des foulards de toutes les couleurs, avec ou sans motifs. Rester coquette, s’occuper de soi, c’est primordial. Je recommande aussi des soins esthétiques adaptés. Cela fait un bien fou, on apprend comment se mettre en valeur malgré la maladie. »
L’avis de la rédaction
L’association « Les centres de beauté CEW (Cosmetic Executive Women) France » propose gratuitement différents soins esthétiques aux malades grâce au concours de marques cosmétiques.

Affronter la radiothérapie

« Après la mastectomie, j’ai fait 25 séances de radiothérapie. On est seul, sous l’œil d’une caméra de surveillance. Une énorme machine tourne autour de vous et délivre les rayons en faisant un bruit “monstre” ! Heureusement, j’ai eu le droit d’écouter ma musique, cela m’a permis de mieux le supporter. »
L’avis de la rédaction
La musique, de surcroît, est employée en thérapie à l’hôpital.

Se rapprocher des autres

« On se sent profondément seule dans sa souffrance qui, bien souvent, en entraîne d’autres [son couple n’a pas survécu à sa maladie, ndlr]. Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide. J’avais mes filles, ma famille, des amis pleins d’amour. J’ai aussi rencontré des bénévoles de l’association spécialisée dans le cancer du sein « Vivre comme avant », car il faut parler avec des femmes qui sont passées par là. »
L’avis de la rédaction
Le soutien de l’entourage est primordial, d’autant plus que les cancers dits « gynécologiques » [sein, utérus, ovaires…, ndlr] fragilisent les couples. Tous les centres de lutte contre le cancer proposent une aide psychologique à ne pas écarter.

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CARNET PRATIQUE

Cancer sein affiche LauderLes bonnes pistes
Rose Magazine 
Gratuit, ce semestriel écrit par des anciennes malades informe et livre des conseils pratiques aux femmes atteintes par le cancer du sein et à leur entourage. Pour obtenir plus d’informations : www.rosemagazine.fr
Les cures thermales
Prises en charge par la Sécurité sociale, des cures postcancer du sein se développent partout en France :
La Roche-Posay (Vienne), Brides-les-Bains (Savoie), Luz-Saint-Sauveur (Hautes-Pyrénées), La Bourboule (Puy-de-Dôme), Argelès-Gazost (Hautes-Pyrénées).

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Florence Heimburger

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