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Commissaire Vénère : Contre la violence, Macron dégaine dans les Banlieues

Publié le 5 juin 2018

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L'événement de la semaine : De Marseille à l’Île-de-France, la situation semble empirer chaque jour. Pour ramener l’état de droit dans ces zones à risques, le Président vient de dévoiler une série de mesures.

Pas de répit face à la délinquance dans les banlieues.

Des policiers pris pour cible, des dealers qui ne se cachent plus.

Dans ces zones de quasi-non-droit, les délinquants, petits et grands, semblent agir en toute impunité, face à des forces de l’ordre dépitées.

Dans certaines villes, la situation est devenue explosive, comme en témoignent les neuf règlements de comptes entre trafiquants depuis le début de l’année à Marseille. 

Le 21 mai dernier, dans les quartiers nord de la cité phocéenne, en plein après-midi, des malfaiteurs cagoulés et armés de Kalachnikov n’ont pas hésité à mettre en joue des policiers, semant la terreur parmi les riverains.

Dans le même temps, à Paris, ce sont cinq familles qui ont été expulsées d’un immeuble du XIXe arrondissement où elles vendaient du crack en toute impunité.

À Grenoble, quatre CRS en civil ont été blessés au cours d’une rixe, tandis qu’à Pau un homme a été battu à mort par deux mineurs.

écœurés

Des riverains qui vivent dans la terreur et une violence difficile à contenir, le problème des banlieues n’a jamais été aussi brûlant et des mesures d’urgence s’imposent.

Mais bien que fustigeant une situation qui a « conduit à un embrasement », le chef de l’État, lors d’un discours choc prononcé le 22 mai face à son Conseil présidentiel des villes, a déclaré ne pas vouloir d’un « énième plan banlieue ».

Réclamant pour juillet un « plan de mobilisation contre le trafic de drogue », il a exclu tout coup de pouce financier en faveur des quartiers.

D’où la déception des maires de plusieurs villes de banlieue présents qui se sont dit « écœurés ».

Des questions restent en suspens

  • Que donnent les expérimentations de la police de proximité mise en place dans 30 villes ?
    À mon sens, il n’y a pas de résultats positifs. La situation est inchangée, la délinquance progresse même, car les voyous ne craignent plus de s’attaquer aux forces de l’ordre, dans une quasi-impunité.
     
  • Pourquoi le plan Borloo n’a-t-il pas convaincu le président ?
    Pour l’avoir lu dans ses grandes lignes, ce plan, qui prévoit une rénovation urbaine nationale, la création de cités éducatives, l’emploi obligatoire de personnes des quartiers par les villes, la promotion de la mixité, l’accès généralisé à la culture, la création de 200 pôles numériques, etc., relève de l’angélisme car il ne prend pas en compte la réalité du terrain fondée sur la violence.
     
  • Quelles sont les mesures du chef de l’État pour assurer la sécurité dans les quartiers difficiles ?
    Il prévoit l’embauche de 1 300 policiers dédiés à la sécurité dans 60 quartiers, la forfaitisation de certains délits pour donner plus de temps aux magistrats, de renforcer la collaboration entre la future police de sécurité du quotidien et les polices municipales, une réforme de la procédure pénale, etc. Si certaines propositions sont pertinentes, ce texte néglige l’aspect sécuritaire, pourtant incontournable.
     
  • Quelles sont les mesures concernant l’éducation ?
    Le président Macron veut que la scolarisation obligatoire commence à 3 ans et un retour accentué aux fondamentaux de l’enseignement, la généralisation de l’étude surveillée pour mieux accompagner les élèves et les aider à construire un projet d’avenir. Cette volonté est louable, mais sa mise en œuvre est délicate car, à l’heure actuelle, on ne peut que déplorer la pauvreté intellectuelle d’un grand nombre de jeunes qui restent livrés à eux-mêmes.
     
  • Les stages en classe de 3e inciteront-ils les jeunes à ne pas tomber dans la délinquance ?
    On nous parle de 30 000 offres de stages pour les collégiens issus des quartiers en difficulté. Mais ce n’est qu’une annonce, à moins que ces fameux stages ne s’effectuent que dans la fonction publique, car il ne peut s’engager au nom du secteur privé. J’émets donc un doute sérieux sur la réalité d’une telle mesure.
     
  • Que prévoit le président pour lutter contre la radicalisation ?
    Emmanuel Macron souhaite que les préfets échangent avec les maires sur la présence dans leurs communes des personnes fichées pour radicalisation islamiste, identifiées comme les plus à risques, recensées dans le fichier FSPRT, et que tout comportement radical puisse être signalé aux autorités. Si l’on ne peut douter de la bonne volonté des élus locaux et des administrés, comment seront pris en charge les individus concernés ? Avec quels moyens ? Autant de questions restant en suspens…
     

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Des zones de non-droit où l’État n’a plus aucune autorité

Il en va de ce discours choc comme de ceux des précédents gouvernements, la palme revenant à François Hollande avec sa garde des Sceaux Christine Taubira, qui a, selon moi, ruiné l’autorité de l’État.

Comme beaucoup de citoyens, de policiers, de gendarmes, j’en suis arrivé à un écœurement total et je n’ai plus aucune confiance dans nos gouvernants.

Faut-il souhaiter des mesures drastiques ?

Recréer des prisons au régime ultra-disciplinaire ?

Je laisse le soin à chacun d’entre vous de réfléchir à ces questions.

Pour moi, nous n’avons que des tigres de papier et non des guerriers pour lutter contre la délinquance.