France Dimanche > Vie pratique > Commissaire Vénère : De plus en plus de plages en France où il fait bon se baigner l'été

Vie pratique

Commissaire Vénère : De plus en plus de plages en France où il fait bon se baigner l'été

Publié le 9 août 2018

1532947246_venere-635-500

L'événement de la semaine : Labellisés Pavillon bleu, non-fumeurs ou sans chien, les espaces balnéaires nets sont devenus pour certaines communes de France un impératif…

Cet été, 399 plages de 186 communes arborent fièrement un drapeau couleur azur, le Pavillon Bleu, qui récompense depuis 1985 les meilleures initiatives en termes de gestion des déchets, de protection de l’eau et de l’environnement, le long du littoral et sur les rives des lacs.

La promesse, pour les vacanciers, de bénéficier de plages propres et d’eaux limpides.

D’après un sondage réalisé à la demande de l’association Teragir, à l’origine du concept des Pavillons bleus, huit Français sur dix estiment que ce label offre cette garantie.

Néanmoins, poser sa serviette au milieu de vieux mégots fait encore partie des fausses notes dont les estivants se passeraient bien. 

Au point que, depuis 2012, de plus en plus de plages choisissent de devenir des espaces non-fumeurs.

Un moyen de lutter non seulement contre la pollution des sols (plusieurs milliers de mégots y sont ramassés chaque été) mais aussi contre le tabagisme passif, en particulier chez les enfants qui jouent ou se baignent à proximité…

Et là encore, cette restriction obtient l’aval d’un grand nombre de Français avec 72 % d’avis favorables, selon un sondage Ipsos réalisé pour l’Alliance contre le tabac.

Déjections canines

Dans le Var, toutes les communes s’y mettent. Cette année, à Saint-Raphaël, les accros à la cigarette ne seront pas déçus du voyage…

D’abord déployée à Fréjus, ­l’opération « Zéro mégot » vient en effet de conquérir la station balnéaire, avec, sur les plages du Veillat et d’Agay, des espaces non-fumeurs délimités…

Quant aux chiens, quasiment toutes les plages françaises leur sont interdites pendant l’été, à quelques exceptions près.

Histoire de rappeler que, même si l’on aime très fort les animaux, les déjections canines ne sont vraiment pas acceptables sur le sable où jouent de jeunes enfants.

Ce que prévoient les textes

  • Qui décerne aux communes le label Pavillon Bleu ?
    C’est l’office français de la Fondation pour l’éducation à l’environnement en Europe, créé en 1985, et devenu en 2017 l’association Teragir, basée dans le IXe arrondissement de Paris, qui accompagne les communes candidates et attribue ce label international.
     
  • Où obtenir la carte des plages Pavillon Bleu ?
    Il est possible de la consulter sur le site internet pavillonbleu.org, ou de la demander en ligne : pavillonbleu@teragir.org. On peut aussi contacter l’association au 01 45 49 40 50 ou bien écrire à Teragir, 115 rue du Faubourg Poissonnière, 75009 Paris.
     
  • Quels sont les critères d’obtention du Pavillon Bleu ?
    Comme je l’ai dit, il est très contraignant pour les communes candidates, car le cahier des charges auquel elles doivent se soumettre est considérable. Les critères, qui portent sur la commune et la plage, concernent : l’éducation à l’environnement, au moyen de cinq actions dont l’affichage d’un code de bonne conduite ; la gestion des déchets, tant pour la propreté que pour le traitement des ordures ménagères ; la gestion de l’eau, par des normes de qualité et des analyses régulières affichées sur les plages labellisées ; et l’environnement général, notamment pour les dispositifs d’accès aux personnes à mobilité réduite. Un jury spécialisé vient constater le respect de ces critères afin d’attribuer ce précieux Pavillon Bleu.
     
  • Combien de plages françaises possèdent le label Espace sans tabac ?
    Le nombre est difficilement évaluable en raison des fluctuations de réglementations entre communes. On parle de plusieurs centaines réparties sur l’ensemble de nos plages côtières et en Corse. Les affichages sont suffisamment abondants et clairs pour que les baigneurs ne puissent ignorer cette interdiction ! Elle a d’ailleurs été mise en place en raison du manque de savoir vivre des touristes qui abandonnent leurs mégots dans le sable.
     
  • Quelles sanctions sont encourues en cas d’infraction ?
    Selon la nomenclature normale des contraventions, fumer sur la plage vous expose à une amende de 3e classe, forfaitaire, allant de 68 à 180 €, si elle n’est pas payée dans les 45 jours. C’est la norme à laquelle se rallient de nombreuses communes, notamment sur la Côte d’Azur. Certaines optent pour des sanctions moins sévères, comme l’infraction à un arrêté de police, soit 11 et 17 € d’amende forfaitaire, majorée bien sûr en cas de paiement tardif.
     
  • Qui décide d’interdire l’accès à la plage aux chiens ? Que risquent les contrevenants ?
    Ce sont les maires des communes qui établissent cette interdiction d’accès aux lieux publics, incluant les parcs et jardins, mais aussi les plages. En règle générale, il s’agit d’une contravention de 1re classe allant jusqu’à 38 € (art. R610-5 du Code pénal), mais il peut y avoir un règlement sanitaire départemental qui prévoit alors une amende forfaitaire bien plus importante, de 135 € (375 € si elle est majorée).
     

- - - - - - - - - - 

De nombreuses plages sont polluées par des vacanciers mal élevés

Il est vrai que le label Pavillon Bleu attribué à une plage est une garantie de la qualité de l’eau et de la propreté de son sable.

Soumis à des conditions draconiennes, il est particulièrement difficile à obtenir et à garder.

En fait, sur 4 000 points de baignade répertoriés, seuls 399 sites l’ont décroché.

Ce qui me heurte le plus, c’est que de trop nombreuses plages sont polluées, soit par des estivants qui, peu soucieux de préserver leur lieu de baignade, y abandonnent détritus et mégots de cigarettes, soit par des déjections canines.

L’incivilité de ces irresponsables, un facteur important de dégradation de l’environnement, oblige les communes à mettre en place des services de surveillance – indépendants du sauvetage – pour lutter contre ces habitudes détestables.

La bonne volonté des autorités locales, qui vise au bien du plus grand nombre, est contrée par des baigneurs peu scrupuleux et, somme toute, malpropres.

S’ensuit cette réglementation contraignante, à laquelle je souscris, pour rappeler les règles basiques du civisme que chacun devrait connaître et observer.

C’est la réputation du pays qui se joue, car la France ne se situe pas au meilleur rang.

La Grèce et l’Espagne font nettement mieux.