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Commissaire Vénère : Gare aux pirates des autoroutes !

Publié le 22 août 2019

En cette période estivale, des escrocs de tout crin sévissent sur les aires de repos très fréquentées. Pour que les vacances ne virent pas au cauchemar, il s’agit d’ouvrir l’œil…

Attention prudence ! Depuis le début de l’été, les autoroutes de l’Hexagone sont devenues le repère de délinquants très organisés. Les aires de repos et de service où il fait bon faire une pause sont devenues leur terrain de chasse. Voitures volées, coffres dévalisés, réservoirs siphonnés, aller se rafraîchir aux toilettes ou s’offrir un sandwich est devenu risqué car ces escrocs n’hésitent à employer des méthodes parfaitement orchestrées.

Côté arnaque, la technique dite à l’irlandaise se multiplie. Sur une aire de repos, un homme, ou une femme, vient vous accoster dans un anglais parfait, l’air affolé. La soi-disant victime accompagnée de sa fausse famille vous explique alors qu’elle vient de se faire dépouiller et vous demande de lui venir financièrement en aide pour pouvoir rentrer au Royaume-Uni. La personne, qui roule dans un véhicule immatriculé en Grande-Bretagne, inspire confiance et n’hésite pas à donner des garanties de sa bonne foi. Si bien que, récemment, nombreux sont les pigeons qui se sont fait avoir en avançant de l’argent liquide qu’ils n’ont jamais revu…

Se détendre comme le préconisent les consignes de sécurité routière dans de jolis endroits dédiés, c’est bien, mais ne pas s’y faire plumer, c’est mieux !

Surveillance et conseils de prudence

  • Qui sont ces délinquants des autoroutes ?
    Ils répondent à tous les clichés possibles. Il n’y a aucun profil type qui permette de suspecter une arnaque ou un vol. Ils peuvent opérer seuls, ou avec l’appui de complices. Ils traînent sur les parkings et exploitent la moindre négligence : portières non verrouillées, sacs ou pochettes visibles sur les sièges, clés sur le tableau de bord, etc. En général, pour les vols de voiture, il s’agit de bandes organisées qui ciblent les véhicules les plus recherchés.
     
  • Qui pratique l’arnaque à l’irlandaise ?
    N’importe quel délinquant astucieux, connaissant suffisamment la langue anglaise pour se faire passer pour un étranger et inventer une histoire crédible. On peut avoir affaire à un individu seul ou plusieurs personnes qui se donnent l’allure d’une famille respectable. Le mieux est d’indiquer à ces malfaiteurs d’aller raconter leur « mésaventure » aux gendarmes.
     
  • Ne devrait-on pas créer des brigades de gendarmes spécialisées ?
    Les gendarmes ou les CRS sont compétents pour tous types d’infractions et leur mission première et d’abord d’assurer la sécurité de la route. Des unités sont régulièrement dédiées à la détection de ces malfaiteurs, mais leur efficacité n’opère que lorsque des synthèses permettent d’isoler un lieu d’action.
     
  • Pourquoi ne pas mobiliser davantage les hélicoptères de la gendarmerie afin de repérer les véhicules suspects ou volés ?
    Il y a environ un parc de cinquante-six appareils en service, mais seule une partie est utilisée, pour diverses raisons, maintenance, réserve, etc. La charge des pilotes est de détecter les infractions qui sont commises sur les autoroutes, d’assurer la sécurité des usagers, de réaliser des secours, d’effectuer des recherches… L’utilisation de drones devrait améliorer sensiblement l’extension des missions.
     
  • Y a-t-il des surveillances vidéo sur les aires d’autoroute les plus fréquentées ?
    Il y a des dispositifs de vidéosurveillance dans la majorité des stations-service et sur les zones de repos, mais ils sont surtout utilisés pour contrôler des pompes de carburant et détecter les filouteries. La vidéosurveillance de l’ensemble d’une aire dépend de la décision d’un exploitant ou de son groupe.
     
  • Les autoroutes ne devraient-elles pas être éclairées la nuit ?
    C’est un choix politique dû à la volonté d’économiser l’énergie. Non seulement on ne procède pas à la mise en éclairage des chaussées qui n’en sont pas pourvues, mais on a mis hors de fonctionnement les installations existantes.
     
  • Quels conseils de prudence donneriez-vous pour ne pas se faire avoir ?
    Tout d’abord, ne laisser aucun objet de valeur – ou susceptible de tenter un voleur – dans l’habitacle à la vue du public ; verrouiller ses portières et s’assurer que la fermeture centralisée a bien fonctionné ; pour tout ce qui est sollicitation d’argent, vente d’objets, etc., refuser catégoriquement toute proposition.
     
  • Que faire si l’on a été victime d’un vol ?
    Déposer plainte au poste autoroutier de gendarmerie le plus proche ; fournir le plus d’éléments possible aux enquêteurs sur les conditions du vol, éventuellement les signalements si les malfaiteurs ont été vus. La consultation de la vidéosurveillance sera effectuée par les gendarmes.

Des malfaiteurs à l’affût qui débordent d’imagination

Ce problème est récurrent à chaque période estivale, bien qu’il existe également le reste de l’année. Le fait que les voitures soient pleines d’objets, parfois de valeur, attise les convoitises des malfaiteurs. Une situation que l’on retrouve aussi sur les autoroutes de nos voisins. J’ai failli en faire la fâcheuse expérience en Italie, pays que je parcours souvent et j’ai assez vite pu me rendre compte d’une tentative d’escroquerie. J’avais un sésame miraculeux, que la plupart de nos concitoyens ne possèdent pas : une carte de police. La suite est aisée à imaginer : une volée de moineaux ! Mais, la plus grande prudence s’impose et il ne faut répondre à aucune sollicitation quelle qu’en soit la nature. Car un escroc a pour maître-mot d’inspirer la confiance à sa victime, d’être sympathique ou d’attirer la compassion et d’obtenir de l’argent par la persuasion, sans violence aucune. Alors un simple conseil, soyez « radins » avec les inconnus qui vous sollicitent, ils ne seront pas pris de cours, hélas, pour trouver d’autres victimes.

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