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Commissaire Vénère : Halte aux ravages du portable !

Publié le 9 janvier 2020

Alors qu’un tiers des Français se dit dépendant des écrans, une étude révèle les conséquences du mobile sur ces usagers “accros”. Entre accidents de la route et incivilités, le constat est affolant…

Pourriez-vous vous passer de votre téléphone portable ne serait-ce qu’une journée ? Pour 60 % des Français, la réponse est non. Une étude Elabe réalisée pour l’association AXA Prévention révèle l’ampleur de l’addiction des Français à leurs écrans et à quel point ils rythment leur quotidien. 

Près d’un Français sur deux (48 %) avoue qu’il lui arrive de consulter son mobile toutes les dix minutes et un tiers d’entre eux reconnaît être dépendant des écrans (34 %). Une dépendance qui peut se révéler extrêmement dangereuse. En effet, si 90 % des Français jugent « inacceptable et risqué » de téléphoner au volant, un conducteur sur deux admet qu’il lui arrive de passer un coup de fil en conduisant, un sur quatre écrit même des SMS !

Des chiffres inquiétants quand on sait qu’une communication téléphonique multiplie par trois le risque d’accident alors que la lecture d’un SMS le multiplie par 23 ! Rien d’étonnant donc à ce que le portable soit devenu le nouveau fléau des routes avec dix automobilistes qui meurent ou sont gravement blessés chaque jour… Et que dire des conducteurs de deux-roues qui disent téléphoner en conduisant à 59 % des usagers des trottinettes, qui sont eux 42 % à utiliser leur portable sur leur engin, et enfin, de ceux qui traversent la rue tête baissée les yeux rivés à l’écran de leur smartphone, comme le font 65 % des piétons… Autant de mises en danger qui peuvent se révéler fatales.

Dans la vie quotidienne, le portable est aussi devenu un vecteur d’incivilités. Dans les transports en commun, au restaurant ou bien au cinéma, il n’est pas rare que les esprits s’échauffent à cause d’une sonnerie ou d’une conversation un peu trop bruyante… Trop, c’est trop !

 Ce que dit la loi

  • Que dit la loi sur l’usage du téléphone au volant ?
    L’article R.412.6-1 du Code de la route interdit l’usage du téléphone tenu en main, le port d’oreillettes, de casque audio ou d’appareil Bluetooth. En résumé de tout appareil qui détourne l’attention du conducteur ou qui amenuise ses capacités de perception ou de mouvement.
     
  • Et pour les conducteurs de deux-roues ?
  • Et de trottinettes ?
    Ce même article interdit l’usage des mêmes appareils, téléphone coincé dans le casque, oreillettes (unique ou double), casque audio, Bluetooth, téléphone tenu en main.
     
  • Quelles contraventions pour l’usage du téléphone en voiture ?
  • Et les conducteurs de deux-roues et de trottinettes ?
    Il s’agit d’une contravention de 4e classe, généralement sanctionnée par une amende de 135 euros et la perte de 3 points sur le permis de conduire. La perte de points n’affecte que les conducteurs de véhicules exigeant la possession d’un permis de conduire.
     
  • Ne pourrait-on pas alourdir les peines encourues ?
    Il serait effectivement utile, à mon avis, de prévoir une sanction plus dissuasive, comme la suspension immédiate du permis de conduire ou encore la saisie administrative des téléphones, tablettes, etc. En attendant la décision du juge du tribunal de police qui pourrait prononcer soit la restitution, soit la saisie.
     
  • Pourquoi ne pas faire comme en Australie où des caméras de détection de téléphone mobile sont en service sur les routes, afin de piéger les conducteurs qui manipulent illégalement leur téléphone portable ?
    En France, la vidéo répression sanctionne aussi cette infraction lorsqu’on voit un conducteur user de son téléphone. Mais il n’y a pas encore de dispositif de détection des ondes pour capter l’utilisation d’un téléphone en conduisant.
     
  • Les assureurs ne devraient-ils pas adopter le système américain en infligeant aux automobilistes pris sur le fait un malus qui augmente leurs primes ?
    Cette possibilité n’est pas encore envisagée par le gouvernement car certains obstacles juridiques s’opposent à ce type de communication à des tiers. Le casier judiciaire des automobilistes demeure strictement personnel et non divulgable. Pour que cela soit possible, une modification des textes constitutionnels devrait être effectuée.
     
  • Que dit la réglementation sur l’utilisation des portables dans les trains ?
  • Et le métro ?
  • Et dans le bus ?
    Dans le métro ou dans les bus, il n’y a pas d’interdiction. On ne doit pas gêner l’entourage. Dans les trains, l’usage est interdit dans les rames et des endroits spécifiques sont réservés à cet effet. Encore faut-il que les contrôleurs puissent faire respecter cette interdiction.
     
  • Et dans les lieux publics ?
  • Et au restaurant ?
  • Au cinéma ?
    Aucune interdiction légale ne régit les lieux publics, en dehors d’un affichage visible des usagers. Il appartient cependant au responsable de chaque lieu de faire respecter la tranquillité des autres usagers. à mon sens, il faudrait généraliser l’usage des brouilleurs de téléphone dans les lieux où l’utilisation des mobiles est source de nuisance et réserver d’autres lieux à l’usage du téléphone.

Un véritable fléau

C’est une bien triste constatation. Si pour un certain nombre de seniors, dont je suis, le mobile est un accessoire surtout utilisé comme moyen de communication, donc souvent dans la poche, voire laissé à la maison, il en va tout différemment pour les plus jeunes générations.

Pour moi, il s’agit plus d’un fléau que d’une évolution positive. Les jeunes – totalement addicts – sont particulièrement touchés par ce phénomène, avec tous les débordements que l’on peut constater sur les réseaux sociaux, que ce soit au niveau de la vie privée, des rencontres et des dommages collatéraux qui en découlent : harcèlements, arnaques, sans parler de la fracture des liens familiaux.

A-t-on vraiment besoin de correspondre en permanence avec un tel ou un tel, de consulter Internet à tout bout de champ ? La réponse est non ! Par ailleurs, le portable est source d’accidents souvent graves lorsqu’on conduit ou que l’on se déplace à pied, car il capte toute l’attention de l’usager et le coupe totalement de l’environnement dans lequel il se meut. La répression ne peut être la panacée, elle doit seulement compléter une éducation encore à acquérir. 

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