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Vie pratique

Commissaire Vénère : Les élèves priés de raccrocher

Publié le 21 juin 2018

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L'événement de la semaine : Les députés viennent d’examiner la loi interdisant l’usage du téléphone portable dans les établissements scolaires. La mesure devrait être effective dès la rentrée prochaine.

Enfin ! Il aura fallu presque un an pour que les services de l’Éducation nationale rendent concrète cette promesse de campagne du président Macron.

Il faut avouer qu’interdire le mobile à l’école n’est pas une mince affaire, sachant que plus de 90 % des jeunes de 12 à 17 ans en possèdent un, et en sont, pour la plupart, totalement dépendants.

Casse-tête

On imagine l’ampleur de la tâche pour les « équipes sur le terrain » chargées d’exécuter l’ingrate besogne qui résulte du souhait de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale.

Les chefs d’établissement vont se retrouver face à un vrai casse-tête.

En effet, il n’est pas évident de faire régner la discipline quand on s’attaque à un bien personnel.

Difficile, mais pas impossible puisqu’actuellement, la moitié des collèges ont déjà inscrit ce principe dans leur règlement intérieur.

Cette mesure est toutefois vécue comme une injustice par bon nombre de jeunes accros…

Ce que disent les textes

  • L’usage du téléphone est-il déjà réglementé ?
    Oui, l’article L511-5 du Code de l’éducation énonce bien que « dans les écoles maternelles, élémentaires et les collèges, l’utilisation pendant les cours et dans les lieux prévus par le règlement intérieur par un élève, d’un téléphone mobile, est interdite ». Il ne s’agit donc pas d’une interdiction de possession, mais d’utilisation dans des créneaux horaires et des lieux déterminés.
     
  • Cette interdiction s’appliquera-t‑elle dans tout l’établissement ?
    Oui, elle concernera les salles de classe bien entendu, mais aussi certains sites comme les bibliothèques, les cantines, les cours de récréation notamment, et tous les lieux désignés par le règlement intérieur, qui devra aussi mentionner les endroits où l’usage d’un mobile sera autorisé. En outre, ce texte s’appliquera également aux activités d’enseignement à l’extérieur de l’établissement.
     
  • Où les élèves entreposeront-ils leurs téléphones ?
    Les solutions évoquées sont multiples : installation de casiers individuels, de boîtes ou de paniers. Des difficultés matérielles se font cependant jour : les coûts de ces aménagements, non prévus, et le manque de place. Dans certains établissements, cette interdiction d’usage est déjà pratiquée. Le professeur ramasse les mobiles en début de cours et les restitue à la fin. Dans d’autres écoles ou collèges, on vérifie que les portables sont éteints et laissés dans le sac des élèves.
     
  • Les adultes auront-ils le droit de confisquer les mobiles ?
    Non, la confiscation, mesure judiciaire, n’est pas autorisée puisque ces appareils ne sont pas considérés comme des objets dangereux. Ils peuvent toutefois être temporairement retirés en cas de gêne causée aux activités scolaires et restitués à leur propriétaire à la fin des cours ou de la journée.
     
  • Les professeurs devront-ils eux aussi éteindre leurs mobiles ?
    Cela avait été envisagé dans une première mouture du texte de loi, mais cette mesure a en fin de compte été abandonnée.
     
  • Demandera-t-on aux élèves de laisser leurs téléphones chez eux ?
    Là encore, il ne s’agit que de recommandations faites aux chefs d’établissement, mais la solution la plus pratique consisterait à laisser les mobiles éteints dans les sacs. À charge pour les enseignants et les surveillants de faire respecter cette règle. De nombreux parents sont en effet bien trop soucieux de pouvoir maintenir une possibilité de communication avec leurs enfants, surtout lorsqu’ils vont seuls à l’école, pour accepter que les téléphones restent à la maison.
     
  • La loi concernera-t-elle tous les établissements scolaires ?
    Ce sont les écoles et les collèges qui sont visés. En l’absence de toute référence dans le projet de loi, les lycées et les universités sont, eux, exclus de son champ d’application, alors que l’usage du mobile y est plus intensif. Par ailleurs, le secteur privé n’est pas concerné. En fait, la loi renforce le cadre existant, et il appartiendra aux chefs d’établissements de se charger de son application.
     
  • Que risquent les contrevenants ?
    Rien du point de vue légal. Seules s’appliqueront les sanctions prévues par le règlement intérieur, comme des heures de « colle », avertissements ou blâmes. En fait, il en ira pour l’usage abusif du mobile comme de tous les autres actes portant atteinte à la discipline au sein de l’établissement. La loi énonce une interdiction, mais demeure muette sur ses modalités d’application et les sanctions éventuelles. Elle n’est donc qu’une coquille vide.
     

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Les mobiles n'ont rien à faire
en classe

Le développement des nouvelles technologies, dont les smartphones font partie, nuit à l’attention des élèves.

C’est un problème que j’ai vécu comme professeur d’université pendant mes cours.

Mes étudiants, pourtant jeunes adultes, usaient de toutes les astuces pour manier leurs appareils au lieu de m’écouter.

Leurs résultats s’en sont vite ressentis lors des examens partiels oraux ou écrits.

Faire usage de son mobile en classe est non seulement source de perte de concentration mais aussi un manque de respect manifeste à l’encontre des professeurs.

Je pense donc que ces appareils n’ont pas leur place en salle de cours, même si nombre de parents sont contre cette interdiction.

L’école est et doit rester un lieu d’éducation en collectivité et non subir des tensions préjudiciables à tous.

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