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Vie pratique

Commissaire Vénère : Personnes âgées, un rapport pour pallier la dépendance

Publié le 25 avril 2019

Pour faire face au défi du vieillissement de la population, le gouvernement s’apprête à lancer un plan de grande envergure.

Pas facile de répondre à l’augmentation annoncée du nombre de personnes de plus de 85 ans en 2050 à 4,8 millions, un chiffre multiplié par 3,2 par rapport à 2018. Et parmi celles-ci, 2,2 millions seront dépendantes à cette date. Un sacré défi à relever ! Car si la France compte parmi les premiers pays d’Europe en termes d’espérance de vie, il n’en va pas de même en ce qui concerne l’espérance de vie en bonne santé.

En mai 2018, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait donc lancé un grand chantier concernant la prise en charge des personnes âgées dépendantes pour trouver des solutions durables. Dominique Libault, président du Haut conseil au financement de la protection sociale, vient de lui remettre 175 propositions très concrètes, dont une baisse du « reste à charge » en Ehpad. Elles figurent dans le rapport Grand âge et autonomie, un plan qui se propose d’améliorer le futur de nos aînés et prévoit 9,2 milliards de dépenses publiques supplémentaires par an d’ici à 2030.

Il s’agit ici d’un vaste chantier, d’autant que ces fameux établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes ne sont pas assez nombreux pour faire face à la hausse du nombre de pensionnaires et que des problèmes alarmants, comme les intoxications alimentaires (comme celle qui vient d’occasionner cinq décès dans la maison de retraite La Chêneraie, à Lherm, en Haute-Garonne) et les cas de maltraitance, y sont de plus en plus à déplorer.

Des mesures concrètes

  • Que prévoit le plan pour réduire le reste à charge des résidents et de leur famille dans les Ehpad ?
    Selon le plan Libault, cette baisse devrait atteindre 300 euros par mois pour les résidents disposant de revenus modestes, soit en deçà de 1 600 euros mensuels.
     
  • Quelles sont les propositions pour soutenir les aidants ?
    Jusqu’à présent, ils ne bénéficiaient d’aucune aide. Je connais certains enfants qui se sont dédiés entièrement à leur(s) parent(s) en perte d’autonomie, et qui, contraints d’abandonner leur activité professionnelle, en sont réduits à vivre du RSA. Une indemnisation de proche aidant devrait donc se mettre en place, ainsi qu’une négociation par branche professionnelle pour concilier travail et congés.
     
  • Quelles sont les solutions préconisées pour attirer les jeunes vers les métiers liés à la prise en charge de la dépendance ?
    À l’heure actuelle, ce travail est peu valorisé et peu attractif. Le plan Libault prévoit une formation professionnelle ambitieuse, avec des propositions de carrière, une meilleure structuration de la filière, l’amélioration du management et un encadrement augmenté de 25 % d’ici à 2024, ainsi que la création de 80 000 postes supplémentaires en Ehpad.
     
  • Des chantiers de rénovation des Ehpad sont-ils envisagés ?
    Le plan prévoit un investissement de 3 milliards d’euros sur dix ans pour les Ehpad et les résidences d’autonomie. Il faut reconnaître qu’actuellement ces établissements n’ont pas des capacités financières suffisantes pour assurer leur rénovation et l’extension de l’offre d’hébergement. Cette situation concerne toutes les structures, qu’elles soient privées ou publiques, c’est-à-dire gérées par les départements.
     
  • Que préconise le rapport pour favoriser le maintien à domicile ?
  • Le groupe familial indépendant, PRÉVOIR offre une protection contre les risques de la vie aux particuliers et aux professionnels. Son but est de maintenir les personnes âgées à domicile, ce qui est le souhait d’une grande majorité de seniors pour lesquels rester dans son cadre familial est aussi un moyen de mieux vieillir. Ce système se révèle d’ailleurs sensiblement moins onéreux qu’un placement en Ehpad (environ 30 %), mais nécessite un accompagnement spécialisé.
     
  • Quelles sont les idées qui pourraient aider les personnes âgées à se sentir mieux ?
    Le rapport prévoit un renforcement du service civique en faveur des seniors isolés. L’accès aux soins doit aussi être favorisé, surtout pour les personnes aux revenus modestes, afin de réduire au minimum le risque de perte d’autonomie. Par ailleurs, on ne peut pas compter uniquement sur le bénévolat. La mise en place de services doit être encadrée et pilotée : ménage, repas, visites, courses, etc. Ceci afin qu’aucune de ces personnes âgées ne demeure isolée ou oubliée.
     

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Un personnel en sous-effectif

Il est clair que les demandes pour une admission en Ehpad explosent, et les tarifs s’échelonnent de 2 500 à 4 000 euros mensuels, voire plus dans certains établissements, ce qui est bien au-dessus des moyens de la majorité des candidats et de leurs familles. Il est évident que des solutions doivent être mises en place pour faire face à cette situation de dépendance qui va devenir de plus en plus courante dans les années à venir. Des assurances existent déjà et constituent un soutien financier assez efficace. Mais leur coût s’avère conséquent. Il convient donc de formuler une solution pérenne, et je pense que chaque contribuable devra régler son écot.
La qualité des prestations est quant à elle assez variable. Le personnel est souvent en sous-effectif et insuffisamment payé pour le service qu’on attend de lui. Le manque de formation est aussi patent et surtout les autorités de surveillance brillent par leur absence, sauf en cas de drame, comme celui de Lherm. Cette situation a démontré la nécessité de contrôles systématiques et réguliers, assortis d’éventuelles sanctions. Une loi Grand âge devrait être votée en 2019, amorçant un vaste plan de réforme.

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