France Dimanche > Vie pratique > Commissaire Vénère : Service national universel  les jeunes appelés sous les drapeaux !

Vie pratique

Commissaire Vénère : Service national universel  les jeunes appelés sous les drapeaux !

Publié le 2 août 2018

1532013616_venere-635-500

L'événement de la semaine : Voici la version revue et corrigée à la sauce Macron du service militaire, abrogé en 1997.

Lors de la campagne présidentielle, le patron d’En Marche avait relancé l’idée d’un service national obligatoire encadré « par les armées et la Gendarmerie ».

Présenté le 27 juin dernier en Conseil des ministres, le projet de service national universel, s’il semble avoir revu ces ambitions à la baisse – le candidat Macron avait évoqué une mobilisation de six mois sous les drapeaux ! –, provoque d’ores et déjà le tollé des principales organisations lycéennes et étudiantes.

Pour la petite histoire, la « conscription », soit la réquisition par l’État d’une partie de ses citoyens à des fins militaires, destinée à forger l’unité nationale ou à répondre à une menace extérieure, instaurée par la loi Jourdan de 1798, avait été officiellement suspendue en 1997 par Jacques Chirac.

Casse-tête

Il faut dire que les « appelés » acceptaient de moins en moins cet « impôt du temps ».

Et pour certains, tous les moyens étaient bons pour y échapper, comme celui de se faire passer pour fou ou asocial afin d’obtenir les fameux statuts de réformés P4 ou P3. 

Alors s’agit-il d’une simple lubie du président – qui n’a d’ailleurs pas effectué de service militaire – ou d’une volonté réelle de remettre de l’ordre dans les rangs de la jeunesse française ?

Reste que le coût mirobolant de la mesure (dans un rapport parlementaire rendu en avril au chef de l’État, le prix du SNU est estimé à 1,6 milliard d’euros) suscite la méfiance de l’armée elle-même, qui s’inquiète par ailleurs du casse-tête représenté par l’hébergement et l’encadrement de ces recrues de passage.

Ce que prévoit le projet

  • À qui s’adresse le service national universel ? Sera-t-il obligatoire ?
    Il concernera tous les jeunes âgés de 16 ans, garçons et filles, et ressortissants français. Le nombre de ces « appelés » varie selon les sources d’information, mais il se situerait entre 600 000 et 800 000. D’autre part cette période (d’un mois) serait obligatoire. Ce qui suscite déjà de vives critiques.
     
  • Quand le service national universel sera-t-il mis en place ?
    En juin 2019, dès la fin de l’année scolaire. Toutefois, pour rassurer les associations étudiantes, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, a annoncé début juillet que la mise en place du SNU serait précédée d’une large consultation à s’ouvrir cet automne. Une révision préalable de la Constitution est en effet indispensable à la mise en place du projet.
     
  • Quels jeunes pourront éventuellement en être dispensés ?
    Je pense que l’on retrouvera tous les motifs de réforme ou d’exemption qui concernaient le service militaire d’antan : cause médicale, soutien familial, inaptitude physique… Chaque appelé aura à faire valoir sa situation et une commission devrait pouvoir se prononcer sur une éventuelle exemption. Mais, pour le moment, rien n’a été indiqué à ce sujet.
     
  • Quelle en sera la durée ? Comment va-t-il se dérouler ?
    Cette période obligatoire d’un mois consistera d’abord en une phase dite de cohésion, de deux semaines en hébergement collectif, où seront dispensés des enseignements théoriques et des exercices d’application. Durant la quinzaine suivante, les appelés seront répartis par groupes de quinze pour une mise en pratique de la théorie et la recherche d’un projet collectif, « selon des modalités qui restent encore largement à définir ». Cette période ne se ferait pas nécessairement en internat.
     
  • Où les appelés seront-ils hébergés ?
    Pour l’instant, l’on sait juste qu’il s’agira d’un « hébergement collectif ». On peut donc supputer que des casernes seront utilisées, ainsi que des centres de vacances et tous les lieux disposant d’une capacité d’accueil importante. Il n’est cependant pas prévu d’entraînement militaire, même si l’armée sera mise à contribution en ce qui concerne la formation, l’encadrement et l’hébergement.
     
  • Quelles seront les activités pratiquées ?
    L’apprentissage du secourisme et la détection de l’illettrisme sont les principaux objectifs de ce service. Mais le cadre juridique de la réforme demeure flou pour le moment et je pense que l’on recrutera surtout des formateurs ayant des compétences en matière d’animation et d’éveil.
     
  • Les plus âgés pourront-ils se porter volontaires ?
    Oui, et c’est à mon sens le point positif à relever dans cette seconde phase. Les jeunes de 16 à 25 ans auront la possibilité de s’engager, sur la base du volontariat, pour une période de trois, six ou douze mois et œuvrer dans divers domaines, tels que la défense, l’environnement, l’aide à la personne, la culture, etc. C’est une façon d’acquérir des compétences nouvelles et de faciliter son insertion dans la vie active.

- - - - - - - - - - 

Une dépense inutile et improductive

J’avoue que le terme de service national « universel » me dérange.

Service national se suffirait à lui-même.

Par ailleurs, cette durée d’un mois est bien trop courte.

Je pense qu’on ne peut pas apprendre grand-chose en si peu de temps.

Je comprends aussi l’extrême réserve des militaires qui vont devoir se transformer en moniteurs de colonie de vacances pour des adolescents qui, contraints d’y participer, ne risquent pas de collaborer au projet.

C’est pour moi une dépense inutile et peu productive.

Soit on met en place un véritable service national, destiné à des missions d’aide, de soutien social, voire de formation professionnelle, et réservé à des volontaires, ou, comme alternative, l’on opte pour une assistance éducative.

Mais dans ce cas, la durée ne saurait être inférieure à six mois, voire un an.

Faire appel à l’armée deviendrait alors inutile et il serait plutôt nécessaire de recourir à un encadrement civil par des professionnels.

Le service effectué devrait alors être rémunéré.

Quant à l’espoir du président Macron de créer de la cohésion sociale en un mois, il me semble assez illusoire.

Car, au souvenir de ma propre expérience du service militaire, forger la cohésion d’un groupe nécessitait bien plus de temps.

À découvrir