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Elie Semoun : “J’adore l’idée d’avoir des plantes que personne n’a !”

Publié le 22 octobre 2020

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Elie Semoun, écolo ? Encore mieux que ça, c’est un véritable jardinier, amoureux des plantes et de la nature. Rencontre avec un comique poète à la main verte…

Il aime la terre et le dit avec force et humilité. Aussi cultive-t-il au nord de Paris un jardin à taille humaine de 500 m2. « J’ai d’abord fantasmé sur ce jardin, ensuite sur la maison, et j’ai fait de cette terre ce que j’imaginais. C’est un jardin qui ne cesse d’évoluer. J’aime lui donner vie, le tailler à ma façon. J’ai créé des endroits secrets, à l’ombre, au soleil. »


La veille de notre interview, Élie Semoun venait de perdre son papa. Décédé à 88 ans, il était atteint de la maladie d’Alzheimer. Les mains dans la terre, son fils se frotte au vivant, par réflexe ou intuition, passionné et intarissable sur la nature et les végétaux. « Papa me parlait souvent des néfliers, les arbres de son enfance en Algérie. J’en planterai un chez moi, à sa mémoire. »

Wendy Bouchard : Votre attachement au jardin, votre livre, tout cela justifie très logiquement que vous ayez accepté ce parrainage…

Élie Semoun : J’adore cet événement et j’adore cet endroit ! C’est génial, magique. Je suis très heureux d’y aller comme parrain, mais je n’y resterai pas longtemps car je reprends la tournée du côté de Bordeaux. Jusqu’à présent, j’y allais comme acheteur. Aujourd’hui, d’ailleurs, les pépiniéristes qui me regardaient peut-être un peu ironiquement au début, me connaissent, m’estiment, me conseillent. Et c’est un plaisir de les retrouver ! Ces journées nous permettent aussi de replonger dans la richesse de la nature. 10 000 variétés de plantes et espèces présentées, c’est impressionnant !

WB : Avez-vous à ce propos une plante de cœur, une qui vous plaît ou vous fascine particulièrement ?

ÉS : Comme plantes de cœur… que tout le monde connaît, les plantes d’ombre : camélia, azalée, hortensia, et dans les fleurs, le Phlox, j’aime beaucoup. Et comme arbre, un camphrier qui vient de Chine. Je le trouve très beau, original. Dans ma serre, j’ai une crassula, une plante grasse, qui prospère car il fait chaud, et j’en profite…

WB : Vous avez en fait beaucoup de plantes rares ?

ÉS : Oui, et j’aime à me dire que j’ai un bout de la France et un bout du monde dans mon jardin. C’est considérable, toutes les espèces que j’ai pu y mettre ! Par exemple, dans un coin tropical dans ma serre, j’ai plein d’espèces rapportées de La Réunion, de l’île Maurice, de Tahiti… J’adore l’idée d’avoir des plantes que personne n’a…

WB : Vous me parlez de tropiques, comment vivez-vous ces fortes chaleurs de fin d’été ?

ÉS : Mal pour la nature… Vous trouvez normal qu’il fasse 35 degrés mi-septembre ? Je suis très inquiet, pour notre monde, et pour le monde du vivant en général. J’arrive à produire du miel et je m’efforce de préserver mes abeilles et mes ruches menacées par ces p… de frelons asiatiques ! J’essaie d’être un citoyen respectueux, j’ai un compost dans mon jardin, je trie, je roule en voiture électrique, mais c’est si minuscule, tout ça.

Dans Pelouse interdite, l’humoriste raconte son amour des jardins et la paix qu’il peut y puiser. Éditions Ulmer, 19,90 €.

Wendy Bouchard

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