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Émilie N’Guyen : “Ma vie pour les 70 chats que j’héberge !”

Publié le 11 février 2018

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À 80 ans, cette prof d’anglais à la retraite passe ses journées à récupérer, soigner et nourrir des dizaines de matous. Émilie N’Guyen est a la tête de l’association Les amis des chats, elle tente 
de soulager la souffrance des animaux errants dans les rues de la capitale.

«Même ma cave est aménagée pour eux. Vous savez, plus je les vois, plus je me sens obligée de leur porter secours. Et plus je continue, plus je les vois…

Ma maison, dans le XVe arrondissement, est un peu envahie depuis trente ans. Je recueille les félins en détresse, ceux qui sont malades, les blessés, ceux qui errent dans les rues, dans les chantiers, et je leur offre une nouvelle chance dans la vie. Dès qu’ils arrivent ici, je leur donne un nom : tenez, ceux-ci c’est Bambi et Didi…

Chacun a une niche en carton afin d’être tranquille. J’installe des étagères, des grattoirs. Ils vivent en liberté, reprennent des forces et cohabitent bien ensemble. Ma maison est devenue une chatterie. Des bénévoles viennent m’aider. Et le soir, je me retranche dans ma chambre où je ne garde qu’un seul chat, Bouty !

Poulets

Chaque jour, je fais cuire, dépiaute et désosse quatre gros poulets entiers que je leur donne à manger le soir. Je mélange leurs rations avec des légumes, carottes ou haricots verts, que j’achète au marché. Toute ma petite retraite y passe. Parfois, quand je veux aller plus vite, je leur donne des boîtes de conserve mais c’est rare car elles sont bourrées de cochonneries… Les chats ont toujours de l’eau et des croquettes à disposition en permanence.Quand je les recueille, ils sont souvent maigrichons.

Regardez comme ils sont dodus aujourd’hui ! Dès leur arrivée, je les emmène chez le vétérinaire pour qu’ils soient identifiés et stérilisés. Car il faut savoir qu’une chatte a en moyenne trois portées dans l’année et qu’à chaque portée naissent entre quatre et sept chatons ! C’est pourquoi l’espèce prolifère très vite dans nos villes. C’est la principale cause de la misère des chats dans Paris. Moi, je n’ai pas eu d’enfants.


Mes chats sont mes petits. J’y suis profondément attachée, sans me poser trop de questions. Je les aime, c’est tout. Je veux leur apporter le bien-être qu’ils n’ont pas. Pour cela, il faut les nourrir, les soigner, les protéger. Je sens bien qu’ils sont plus heureux qu’avant. Celui-ci réclame un câlin, celui-là a besoin d’un petit pull au cœur de l’hiver… Je suis là pour leur porter secours.

Combat

Cette chatterie est la seule qui existe dans Paris intra-muros. Aujourd’hui, dans ma maison, les meubles s’abîment, les peintures s’écaillent. Elle a besoin d’être rénovée et j’ai lancé une souscription fin octobre. Nous avons déjà récolté 700 euros. Mais nous avons besoin de trois fois plus d’argent pour entreprendre cette indispensable rénovation des locaux. J’ai passé mon enfance au Vietnam.

À l’époque, il y avait des centaines de chiens errants là-bas et j’en ramenais toujours un à la maison. Nous en avions une vingtaine, mais aussi un chat et des oiseaux… Lorsque je suis arrivée en France à l’âge de 17 ans, j’ai vite appris le français et l’anglais avant de devenir prof de lycée. Et la journée, je voyais tous ces chats en liberté dans Paris. Que pouvais-je donc faire pour alléger et soulager cette souffrance animale ? C’est vers 30 ans que j’ai commencé à les accueillir chez moi pour les soigner… Aujourd’hui, je n’en vois pas la fin. Mais c’est un devoir et un honneur de les aider. Je continue le combat. »

Pour faire un don : Les amis des chats, 47 rue des Cévennes, 75015 Paris. Par mail : lesamisdeschats@sfr.fr

Alicia COMET

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