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Ensemble, on va plus loin !

Publié le 10 avril 2019

Faire ses courses dans un supermarché moins cher mais de qualité, réparer plutôt que jeter, financer des éoliennes… Prêts à vous regrouper pour passer à l’action ?

De la création d’habitats partagés à la reprise de librairies indépendantes en coopératives citoyennes, comme à Angoulême, en passant par la renaissance des jardins communautaires, les initiatives collectives ont le vent en poupe. Et plus encore depuis la sortie du documentaire Demain, de Mélanie Laurent et Cyril Dion (plus d’un million d’entrées), qui mettait en avant des solutions pour un monde plus écologique.

Pour notre expert, Marc Prieto, « il y a un intérêt, une curiosité pour ce qui permet la remise en cause des modes de consommation traditionnels. On cherche à renouveler l’expérience, à donner du sens. » Bien sûr, à l’heure où les « gilets jaunes » continuent de défiler, « la première motivation pour entrer dans un système collaboratif, c’est de réaliser des économies », rapporte-t-il. Mais la question du porte-monnaie n’explique pas tout.


Marc Prieto,
auteur des Idées reçues sur l’économie collaborative,
éd. Le Cavalier bleu.

Ainsi, les ventes des produits de grande consommation (alimentaire, lessive, hygiène-beauté…) ont chuté de 0,8 % en 2018, selon la société d’études IRI et l’Agence Bio a annoncé, en février dernier, que 52 % des Français déclaraient privilégier les produits locaux et les circuits courts. Ainsi, si vous aussi vous avez envie de vous sentir utile, d’appartenir à un groupe, d’œuvrer pour le bien commun, de changer le monde en commençant au coin de votre rue et en faisant un pied de nez au baromètre d’Ipsos-Sopra Steria qui avait sacré la France comme le pays le plus pessimiste du monde en novembre dernier, voici cinq moyens de vous investir.
 

LES SUPERMARCHÉS COOPÉRATIFS

Leur promesse ? Proposer des aliments de qualité entre 15 et 50 % moins cher que dans le circuit classique, tout en respectant les producteurs. Depuis que le premier, La louve, a ouvert à Paris sur le modèle de celui de New York, l’engouement est tel que, d’après Gregori Akermann, chercheur à l’Inra, « chaque agglomération de plus de 100 000 habitants en a un ou se prépare à l’ouvrir ». C’est déjà le cas à Montpellier, Bordeaux ou Lille, et Marseille, Toulouse, Nantes n’en sont pas loin. Plus petites, les épiceries coopératives proposent le même service avec des jours d’ouverture restreints et des précommandes pour les produits frais.

Selon la politique choisie, l’accent est mis sur le bio et le local.

Comment s’engager ? Pour remplir son panier, il faut être adhérent ou coopérateur, c’est-à-dire payer son adhésion ou prendre une part sociale. Ensuite, chacun donne mensuellement 3 heures de son temps pour participer au fonctionnement du site : caisse, mise en rayon, ressources humaines, communication, finances… Ainsi, les coûts salariaux sont supprimés et la priorité donnée aux transactions en direct avec les producteurs permet d’éviter les frais pris par les intermédiaires.
 

LES COOPÉRATIVES D’ÉNERGIE

Et si vous participiez à l’installation de panneaux photovoltaïques (épinay, Tours, Grenoble), à la rénovation de centrales hydroélectriques (épinal), à la création de parcs éoliens ou d’unités de méthanisation à partir d’effluents d’élevage et de déchets (monts du Lyonnais) ? L’association énergie partagée accompagne actuellement 270 initiatives portées par des citoyens qui veulent changer la donne.

Comment s’engager ? En mettant ses compétences au service du projet (étude, recherches de partenaires, communication…) ou en prenant des parts sociales (entre 50 et 100 euros) qui pourraient rapporter plus qu’un Livret A, une fois l’installation mise en service. Concrètement, les revenus de la vente de l’énergie à EDF permettent de rentabiliser le projet et de rémunérer à terme les actionnaires.

Infos sur www.energie-partagee.org
 

LES REPAIR CAFÉS

Machine à café, tondeuse, ordinateur, pull troué… la liste des objets qui peuvent retrouver du service après leur passage entre les mains d’un bricoleur averti est longue. Un constat qui a incité Martine Postma à créer, en 2009 à Amsterdam, le premier lieu permettant à chacun d’apprendre à remettre en état ses appareils avec un réparateur amateur. En dix ans, le principe a fait le tour du monde et la France en compterait plus de 200 !

Comment s’engager ? Le réseau cherche des bénévoles qui s’y connaissent ou pas, pour organiser et animer ces rendez-vous, au cours desquels on peut siroter une boisson chaude, une part de gâteau à la main, généralement pas dans un bistrot.

Infos sur https://repaircafe.org

LES CAFÉS ASSOCIATIFS ET CULTURELS

Un endroit pour se poser (même seul !), discuter, lier connaissance, assister à une scène ouverte, participer à un atelier (couture, lecture, nature…), à un apéro-questions, etc. Voilà à quoi ressemblent ces endroits qui mêlent toutes les générations dans une ambiance conviviale.

Comment s’engager ? En devenant volontaire pour tenir le bar, proposer une activité, préparer quelque chose à grignoter…

Infos et annuaire sur www.resocafeasso.fr
 

LES MAGASINS SANS ARGENT

à Pierrefitte-sur-Seine (93), Mulhouse, Paris, Lyon, ces petites enseignes sont ouvertes à tous. Elles sont gérées par des associations qui récupèrent gratuitement des objets et des vêtements pour les mettre à disposition, sans contrepartie financière. En bref, elles donnent une seconde vie à ce qui pourrait partir trop vite à la poubelle.

Comment s’engager ? En déposant ce dont vous n’avez plus besoin, mais qui pourrait servir à d’autres – vaisselle, petit électroménager, jeux et jouets, accessoires, livres… – à condition que ces objets soient propres, en bon état et transportables à la main. Ou en allant fureter pour y dénicher la veste vintage qui manquait à votre garde-robe !


Témoignages

“Pour une alimentation de qualité

Philippe, 77 ans,
Auribeau-sur-Siagne (Alpes-Maritimes)

«Je fais partie de la commission achat de la coop La meute à Grasse qui est un supermarché participatif. Pouvoir manger des produits sains, qui ne viennent pas de loin et qui sont moins chers qu’ailleurs en échange de 3 heures mensuelles, m’a vite séduit. Pour moi, c’est de la solidarité, nous nous servons entre nous. »

“Remettre du lien entre les gens

Sylvie, 56 ans, Parmain (Val-d’Oise)

«Je suis bénévole au café associatif de Butry-sur-Oise qui est ouvert le mercredi après-midi, le vendredi soir et le samedi. Comme j’aime faire à manger, je m’occupe souvent des courses ou d’aller récupérer des invendus pour cuisiner des plats à partager sur place. J’aime ce lieu où l’on peut venir sans raison précise et rencontrer de nouvelles personnes. »

“Moins jeter !”

Caroline, 62 ans,
Antibes (Alpes-Maritimes)

«Quand mon ordinateur est tombé en panne, le réparateur m’a fait payer 60 euros pour me dire qu’il était fichu et qu’il pouvait m’en vendre un neuf, ce que je n’ai pas fait chez lui. Plus tard, je me suis rendue dans un repair café et quelqu’un a réussi à le refaire fonctionner ! Il y avait une super ambiance, au point que j’ai décidé de devenir bénévole. Pour accueillir, il suffit d’un sourire ! »

Julie BOUCHER

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