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Laurent Cabrol : Je sème… à la folie !

Publié le 24 mai 2019

Les Saints de glace sont désormais derrière nous. Les pluies ont permis de reverdir nos jardins. Place maintenant au plaisir de jardiner.

Vous le savez peut-être, deux périodes sont propices pour semer une pelouse. La première se situe entre septembre et novembre dans le sud du pays, et de la mi-août à la fin octobre dans le nord. Il s’agit des semis d’automne. On dit souvent que c’est le moment idéal car les graines s’enracinent mieux dans la terre pendant l’hiver.

L’autre période se situe actuellement, entre mars et mai dans le sud, et d’avril à juin dans le nord. Seulement vous avez sûrement attendu que les Saints de glace soient derrière nous pour passer à l’action, les gelées tardives d’avril et de début mai risquaient de mettre à mal la germination des graines…

En effet, la température idéale du sol doit être supérieure à 10 °C et celle de l’air se situer entre 15 °C et 20 °C. S’il est commun de relever la température de l’air, je vous invite à prendre aussi celle de la terre, à l’aide d’un thermomètre à cadran (compter 12 euros).

Ensuite, il est essentiel de préparer votre sol. N’hésitez pas à désherber votre terrain dans sa totalité à l’aide d’une motobineuse, par exemple, les produits chimiques étant désormais interdits. Une fois que la surface est propre, ratissez la terre.

Avant l’épandage, n’oubliez pas de brasser les graines pour homogénéiser le mélange. Puis semez à la volée, ou avec un semoir ! Vous recouvrirez ensuite d’un peu de terreau mélangé à quelques poignées de sable. Il faut compter entre 30 et 50 g de graines par mètre carré. Passez ensuite le rouleau pour faire pénétrer les graines (et les fendre).

On dit qu’il est nécessaire d’arroser pour avoir une belle pelouse. Si l’arrosage est important pour que celle-ci lève rapidement, sachez toutefois que plus vous l’arroserez, plus elle aura besoin d’eau, car le système racinaire se cantonnera au substrat supérieur, au lieu d’aller puiser plus en profondeur l’humidité nécessaire. En été, je vous conseille même d’espacer la fréquence de l’arrosage et de réduire la hauteur de tonte. Si votre gazon est un peu sec, sachez qu’il reverdira à la première pluie !

Et que faut-il faire si vous souhaitez ne « rafistoler » qu’une partie de pelouse abîmée ? Eh bien la même chose ! Désherbez, ratissez la terre, semez, roulez, arrosez.

N’oubliez pas non plus d’éliminer la mousse qui envahit très souvent les pelouses. Pour ce faire, utilisez un scarificateur à main, ou à moteur (qu’on peut louer).

Enfin, les premiers brins de gazon pointeront quatre à cinq jours après la semence, mais trois semaines sont nécessaires pour que toutes les graines aient germé. La première tonte devra donc se faire entre 6 et 10 cm de hauteur.

Sachez enfin qu’il vous faudra attendre au moins deux mois avant d’obtenir une pelouse présentable. Un gazon bien entretenu a une durée de vie d’une dizaine d’années, voire quinze ans.

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Pourquoi la lune est rousse ?

On me dit que, jusqu’au 2  juin, nous sommes en Lune rousse. Faut-il croire en ses pouvoirs, et pourquoi est-elle rousse ? » Paule Estel, Paris.

Selon nos ancêtres, la lunaison qui suit les fêtes de Pâques avait une influence souvent négative sur les jeunes pousses, les faisant roussir. Il est vrai qu’à cette période de l’année, les nuits sont encore fraîches. Si la Lune, d’apparence cuivrée, est visible (donc le ciel est dégagé), la température nocturne chute fortement au sol – l’air froid est plus lourd que l’air chaud et il n’y a pas de couvercle nuageux qui pourrait maintenir la tiédeur des températures emmagasinée dans la journée –, l’amplitude nocturne-diurne est donc importante. Ceci génère des gelées qui font roussir les jeunes plants, les fragilisent tout au moins, d’où cette idée de « Lune rousse ». Cette période va jusqu’aux saints de glace (11, 12, 13 mai). Mais après cette date fatidique, le grand froid en France est quasiment inexistant (l’Alsace peut connaître des gelées tardives jusqu’au 23 mai). Cette année, la Lune rousse qui a débuté le 5 mai se terminera le 2 juin. Les températures vont se radoucir. Aussi, chère Paule, vous pourrez œuvrer au jardin sans crainte de perdre ce que vous aurez semé.

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Il est où le bonheur ?

Ce n’est pas à vous que je vais apprendre tous les bienfaits que peuvent apporter la nature et les animaux sur notre santé morale et physique. Pour ceux qui toutefois en douteraient encore, voici un ouvrage dans lequel trouver moult propositions concrètes et variées à mettre en œuvre, afin de tendre vers un bien-être épanouissant. Grâce à des expériences pratiques et efficaces (« câliner » un arbre, parler à un cheval, prendre un bain de foin…), renouez avec votre équilibre naturel !



Le bonheur est dans la nature,
de Marc Giraud, illustrations de Mélanie Crequer,
éd. Delachaux et Niestlé, 14,90 €.

Laurent CABROL

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