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Laurent Cabrol : La vengeance des poules !

Publié le 8 mai 2019

Ça ressemble à une fable de La Fontaine… L’incroyable histoire dans un poulailler du Morbihan est pourtant bien réelle.

L’événement est exceptionnel, rarissime, insolite ! Nous sommes début mars, à Pontivy, dans le Morbihan. Plus précisément au cœur du lycée agricole Le gros chêne, où un poulailler de 6 000 têtes a été installé pour le plus grand bonheur des élèves. Quelle ne fut pas leur surprise de constater, en ce jeudi 7 au matin, un renard au milieu des volailles… mort, le corps criblé de coups de becs.

« Le renard a dû rentrer pendant la nuit, raconte Pascal Daniel, directeur de l’exploitation, à nos confrères de Ouest-France. Il a dû être cerné dans un coin du bâtiment où elles pondent, puis tué à coup de bec. Il ne semblait pas malade, devait avoir 5 ou 6 mois et j’avoue qu’on a vraiment été surpris. » Dans cet élevage qui s’étend sur 2 hectares et demi de pâture, les poules vivent ensemble depuis le mois de juillet et elles ont déjà été attaquées à deux reprises par des renards. On ose imaginer qu’elles ont appris à force à se défendre.

Que s’est-il réellement passé ? Les spécialistes sont perplexes. En dépit du nombre, le goupil a généralement le temps de faire son choix et d’en croquer une ou deux pour un encas, cinq à dix pour un festin royal ! Force est de constater qu’il n’a pas eu l’occasion de le faire.

On sait que les poules ont recours au picage hiérarchique pour faire respecter l’harmonie du groupe instaurée par la dominante. Ce comportement qui, dans un premier temps, consiste à plumer une congénère peut aller jusqu’au sang. Ce qui a pour effet d’attirer les autres gallinacés, qui s’acharnent sur la malheureuse.

Il est probable que le renard soit tombé dans le traquenard des poules qui, très nombreuses – effet de groupe –, ont appris depuis huit mois à vivre en communauté et, surtout, à se défendre grâce au picage.

Par ailleurs, le renard a pénétré dans le bâtiment par une trappe qui se ferme automatiquement, il n’a donc pas pu en ressortir. Il s’est ainsi retrouvé piégé et livré à une basse-cour en folie. Quoi qu’il en soit, c’est au petit matin que Pascal Daniel a découvert l’animal bel et bien mort, au milieu de poules très certainement heureuses d’avoir échappé à un sort fatal. Est pris qui croyait prendre !

La vie n’est pas toujours drôle pour ces pondeuses du Morbihan. En effet, il leur arrive aussi d’être menacées par les buses. Dans ce cas, la riposte est néanmoins plus facile pour elles. Les agressions d’oiseaux sauvages ne leur sont généralement pas fatales…

Avouez que cette histoire a de quoi nous réjouir, surtout ceux qui, comme moi, possèdent un poulailler. J’ai connu des attaques spectaculaires de renards chez moi, dans le Tarn. En une nuit, un goupil m’a tué vingt-deux poules, et dix supplémentaires le lendemain, cette fois-ci en plein jour ! J’ai alors dû faire venir un piégeur assermenté qui a réussi à neutraliser pas moins de sept individus. J’ai également entouré le poulailler de trois rangées de fils électriques branchés sur le secteur. Croyez-moi, ça les a calmés ! Résultat, depuis deux ans, mes quinze dernières poules sont toujours en vie !

Sur le grand écran

Primé à Cannes, Venise et Berlin, le cinéaste argentin livre
un documentaire choc sur les agriculteurs, victimes du modèle agricole de son pays. Avec sa caméra au poing, Fernando Solanas tente toujours de convaincre de la nécessité impérative d’une agriculture écologique, alternative aussi urgente que vitale à l’agriculture intensive, qui utilise des produits transgéniques et toxiques, responsables de cancers et de malformations génétiques.


Le grain et l’ivraie, film de Fernando Solanas.
Sortie au cinéma depuis le 10  avril.

Laurent CABROL

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