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Laurent Cabrol : Toutou est-il permis ?

Publié le 15 septembre 2019

Selon la direction de l’hôpital Cochin (Paris), les chiens admis en salle de réanimation aideraient les patients fragilisés. J’ai beau adorer, comme vous, les animaux, il y a quand même des limites…

J’avoue être quelque peu gêné en abordant cette semaine ce sujet pour le moins délicat. À l’hôpital Cochin, à Paris, la CGT s’insurgeait le mois dernier contre la présence de chiens dans les salles de réveil après une opération, un fait qui offusque aussi le personnel.

« Non aux animaux qui sont en réanimation avec leur maître », crient les syndicalistes. Maryse Dantin, ex-secrétaire générale dans l’établissement, le dit : « On a des chiens sur les lits, c’est une aberration, et pour l’hygiène et pour la sécurité. » Il est vrai, les animaux sont porteurs de germes et sont susceptibles de pouvoir lécher le matériel médical.

Mais pourquoi suis-je gêné de vous en parler ? Tout simplement parce que je sais ce qu’un animal de compagnie peut apporter comme soutien à des personnes fragiles et seules. J’ai conscience qu’eux seuls permettent cette libération de l’angoisse qui s’avère souvent un facteur efficace de guérison. Les animaux ont en effet ce pouvoir de redonner goût à la vie, dans un monde où les personnes âgées sont de plus en plus seules, trop souvent abandonnées.

Mais faut-il pour autant fermer les yeux sur l’hygiène au nom d’un bienfait « psychologique » ? J’en doute…

Ne vaudrait-il pas mieux créer des bâtiments adaptés ? Je voudrais rappeler que les maladies nosocomiales, celles qui sont hélas parfois contractées à l’hôpital, font plus de victimes que les accidentés de la route. On peut rentrer à peu près en forme dans un milieu hospitalier et en ressortir les pieds devant. C’est un vrai drame national dont on ne parle que trop rarement. Il est en effet plus facile de lutter contre la vitesse, surtout que ça rapporte plus à l’État !

Du côté de la direction de l’hôpital Cochin, on soutient que « la présence des animaux est très encadrée, que le risque infectieux est très surveillé ». Je livre à votre réflexion cette initiative.

Pour l’heure, à ma connaissance, il n’existe pas d’autres cas semblables en France. Cela dit, si cette expérience s’avère concluante, j’ose espérer que d’autres établissements hospitaliers suivront l’exemple…

Laurent CABROL

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