France Dimanche > Vie pratique > Laurent Cabrol : Un sauvetage de grande envergure !

Vie pratique

Laurent Cabrol : Un sauvetage de grande envergure !

Publié le 26 mai 2019

Grâce à 30 millions d’Amis et d’autres associations, près de 200 animaux d’une ferme pédagogique abandonnée ont été recueillis in extremis…

Vous avez sans doute déjà emmené un jour vos enfants dans une de ces fermes pédagogiques qui ne cessent de fleurir près des grandes villes. En 1994, il en existait environ 350 en France. Leur nombre a considérablement augmenté puisque vingt-cinq ans plus tard, on n’en compte pas moins de 1 400. Pour les agriculteurs, c’est un bon moyen d’ouvrir leurs exploitations et d’avoir un complément de revenus. Et pour les visiteurs, un réel plaisir à partager en famille.

Mais si l’idée de vouloir faire connaître le monde rural à des citadins est louable, encore faut-il que cela se fasse dans des conditions acceptables. Et ce n’était manifestement pas le cas d’Aniland, cette ferme de Roôcourt-la-Côte (Haute-Marne). Quand le parc a ouvert en 2009, son projet était ambitieux. Le public pouvait y admirer de près 200 animaux de toutes espèces : daims, wallabys, cochons, moutons, poneys, chèvres, paons et autres oiseaux colorés. Malheureusement, le propriétaire des lieux s’est vite retrouvé confronté à des problèmes de santé et de famille, au détriment des pauvres bêtes, qu’il a laissées progressivement à l’abandon.

Sans l’intervention, le 19 mars dernier, de la Fondation 30 millions d’amis, épaulée par d’autres associations, peu auraient survécu après tant de temps livrés à eux-mêmes.


Les pauvres survivants de la ferme Aniland, affamés et dans un état catastrophique, ont pu être secourus.

« Il arrive que des gens créent des parcs animaliers et ne puissent plus assumer la charge de travail que cela représente, a réagi Arnauld Lhomme, responsable des enquêtes à 30 millions d’amis. Mais en général, ils confient leurs animaux. Avoir à secourir des “cadavres” vivants, c’est extrême. » En effet, les pauvres bêtes étaient toutes dans des états catastrophiques, la plupart affamées. Les autorités avaient déjà eu l’occasion de constater les dégâts. En 2016, dix wallabys se trouvaient encore sur les lieux : ils ont depuis quasiment tous disparu. Seul un survivant vient d’être pris en charge et dirigé vers un refuge de la Mayenne. 

L’opération menée avec les forces de l’ordre aura duré plusieurs heures. Une dizaine de camions auront été nécessaires pour récupérer la totalité des animaux. 

Répartis dans différents refuges, ces derniers sont désormais soignés et choyés comme il se doit. Malheureusement pour les treize cochons, aucune solution d’accueil n’a encore été trouvée. Ils ont toutefois été sortis de la bourbe dans laquelle ils vivaient, et mouraient pour certains, et de la nourriture a été mise à leur disposition sur place, au sec. 

« On dit que les cochons sont sales, alors qu’ils utilisent en fait la boue pour se déparasiter, précise Arnauld Lhomme. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils aiment être dedans en permanence. »

En attendant qu’ils trouvent un endroit où ils seront mieux traités, la Fondation 30 millions d’amis s’est portée partie civile afin que ces faits soient sanctionnés. 

Laurent CABROL

À découvrir