France Dimanche > Vie pratique > Les algues donnent la pêche !

Vie pratique

Les algues donnent la pêche !

Publié le 17 septembre 2015

Disponibles en toutes saisons, les algues ne font pas (encore) partie de nos habitudes alimentaires. Pourtant, ces sources de bienfaits au goût raffiné valent vraiment la peine d’être goûtées !Disponibles en toutes saisons, les algues ne font pas (encore) partie de nos habitudes alimentaires. Pourtant, ces sources de bienfaits au goût raffiné valent vraiment la peine d’être goûtées !

Nori, wakamé, kombu, agar-agar, spiruline, dulse, spaghettis de mer, au Japon, elles sont réputées être sources de longévité. Elles ? Les algues. Laure Kié, née à Tokyo, de mère japonaise et de père français, apprécie beaucoup leurs « saveurs marines, gourmandes et originales », depuis son enfance.

Elle en consomme presque chaque jour : « J’ai découvert que leur petit goût salé si particulier faisait des merveilles dans les assaisonnements, les cakes, le pain ou les soupes. […] Je saupoudre très souvent mes salades d’un condiment à base de graines de sésame, de sel et de paillettes d’algues, appelé gomasio de la mer », confie cette passionnée de cuisine. Et, côté santé, elle assure en tirer de multiples bénéfices.

Dr Le CarreNOTRE EXPERTE

“On les utilise surtout en compléments alimentaires car on ne sait pas encore si en manger tout le temps est toxique pour nos organismes qui, à l’inverse des Japonais, n’y sont pas habitués.”

Alice Le Carre, diététicienne et nutritionniste.


Riches en nutriments et peu caloriques

« D’une grande richesse en fibres, minéraux*, vitamines, protéines, antioxydants et oligoéléments, les algues sont aussi très peu caloriques », se réjouit Laure Kié. Ce que confirme la diététicienne et nutritionniste Alice Le Carre, pour qui elles constituent « un très bon complément pour les personnes carencées, sujettes aux allergies ou suivant un régime ».

De fait, leur qualité nutritionnelle a été scientifiquement démontrée. Des études asiatiques mettent même en avant leur rôle préventif contre certains types de cancers (sein, côlon, prostate) et contre la tension artérielle.

Pour autant, des zones d’ombre demeurent, notamment en cas de surconsommation : « On peut penser que cela aurait des conséquences néfastes en ce sens qu’on absorberait trop de minéraux. D’autant que, contrairement aux Japonais, notre organisme est moins équipé pour métaboliser les algues », avance Alice Le Carre qui, du coup, les considère plus comme compléments alimentaires.

Elles ont aussi un effet laxatif et contiennent moins d’eau que les légumes terrestres. Mieux vaut les inclure progressivement dans son alimentation.

Il est conseillé de toujours bien les laver à l’eau douce ou de les faire blanchir quand elles sont fraîches. De plus, pour les personnes ayant des problèmes d’hyperthyroïdie, il est plus prudent de se renseigner car, à l’exception de la spiruline, les algues sont très riches en iode.

Enfin, si vous prenez des médicaments anticoagulants, consultez votre médecin ou un diététicien et nutritionniste afin de veiller à ce que votre apport quotidien en vitamine K (contenue en grande quantité dans les algues) demeure stable : pour vous, les légumes de la mer ne sont pas à consommer en plat principal. Vous aussi devez faire attention aussi en cas de régime hyposodé.

Des variétés aux spécificités propres

Chaque variété d’algues a ses propriétés nutritives, saveurs et usages. « Le kombu est principalement utilisé cuit, pour la réalisation d’un bouillon (dashi, en japonais), indique Laure Kié. Le wakamé, plutôt en salade, du fait de sa texture croquante. Le nori sert surtout à réaliser des maki sushi. »

Alice Le Carre met sept algues en avant : « La spiruline car ses protéines et sa vitamine B12 la rendent intéressante pour les végétariens et végétaliens. Le lithothamne, source de calcium, est un bon complément pour les personnes ne buvant pas de lait. Le kombu royal mis dans l’eau de cuisson des légumes secs permet de réduire le temps de cuisson, de mieux conserver leur valeur nutritionnelle, de les rendre plus digestes, et c’est par ailleurs bien mieux que du papier aluminium pour faire des papillotes autour d’un poisson ! [Le kombu royal peut aussi être consommé vinaigré en condiment, ndlr]. Le spaghetti de mer, facile à cuisiner, est riche en fibres. Le wakamé sec apporte beaucoup de magnésium : 3 grammes, soit une petite cuillerée, équivalent à 3 litres d’Hépar. La laitue de mer contient douze fois plus de fer que les lentilles, mais il faut l’accompagner d’une source de vitamine C (persil, orange…) pour permettre une meilleure assimilation par l’organisme. Enfin, l’agar-agar remplace avantageusement la gélatine de porc dans les préparations : c’est plus naturel et plus éthique ! »

Côté conservation, « sèches, les algues se gardent très bien et sans perte nutritionnelle », souligne Alice Le Carre qui ajoute cependant : « Fraîches, attention lors de leur cueillette ! car, outre le problème des polluants, toutes celles qu’on trouve sur les plages ne sont pas comestibles et on ne pêche pas n’importe quoi, n’importe où. »**

Les plus prudents se cantonneront donc aux algues autorisées à la vente. Pour apprendre à s’en servir, songez aux livres de recettes, aux sites internet spécialisés et aux ateliers de cuisine qui se développent un peu partout en France.

Pour en acheter, allez dans des épiceries asiatiques, des magasins bio ou de spécialités régionales, voire des supermarchés (surtout ceux près des côtes). Déshydratées, en conserves, stabilisées dans du sel, les algues ne nous veulent que du bien !

* Sodium, potassium, calcium, magnésium, soufre, fer, cuivre, zinc, sélénium, facilement assimilables par nos organismes.
** En dehors du cas des algues vertes, partez à la cueillette avec un guide nature professionnel, c’est plus sûr.

A LIRE

LIVRE 1• "Les algues de A à Z"
de Carole Dougoud Chavannes,
éditions Jouvence,
22,50 €.

LIVRE 2• "Algues, saveurs marines à cuisiner"
d’Anne Brunner et Myriam Gauthier-Moreau,
éditions La Plage,
20,50 €.

LIVRE 3• "La vérité sur les compléments alimentaires"
de Luc Cynober et Jacques Fricker, éditions
Odile Jacob,
19,30 €.

Pour en savoir plus

• www.laurekie.com
• www.dietetique-atlantique.com
• www.ceva.fr
• www.algues-armorique.com
• www.bord-a-bord.fr

Elise Jeanne

À découvrir