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Mieux se nourrir pour prévenir Alzheimer

Publié le 8 octobre 2014

Des études récentes montrent que notre alimentation joue un rôle, non seulement dans la prévention de la maladie, mais aussi dans sa progression, qu’il est possible de freiner.

NOTRE EXPERTE

”Ce n’est pas une pathologie directement liée à l’alimentation,
mais notre façon de manger peut limiter les risques.”
Béatrice de Reynal,
médecin nutritionniste
En savoir plus : miammiamnutrition.blog.lemonde.fr

Alzheimer légumesJe mise sur la couleur !
Les antioxydants ralentissent le vieillissement programmé de nos cellules. On en trouve surtout dans les fruits et légumes colorés : mâche, oseille, carotte, pastèque, potiron, melon, épinards, qui contiennent de la provitamine A, aussi appelée bêta-carotène. Le poivron rouge, le persil, le kiwi sont, eux, riches en vitamine C, comme le cassis. Dans ces petites baies, le consortium BrainHealthFood, financé par la Commission européenne, a découvert de précieux composés bioactifs.

Je mange des fruits secs
À privilégier aussi : la vitamine E, présente dans les oléagineux (amandes, noix, noisettes…), également riches en antioxydants.

J’opte pour certaines huiles et poissons 
Les huiles de colza, de lin, de soja et les poissons gras, comme le saumon, le hareng ou le maquereau, contiennent des oméga-3. « Ces acides gras s’incorporent dans les membranes des cellules nerveuses, dont ils améliorent le fonctionnement », souligne notre expert.

[box type="info" style="rounded"]Je bannis la malbouffe
Selon une étude publiée en 2012 dans le magazine New Scientist, hamburgers, hot dogs, frites, chips, sodas… empêchent les cellules cérébrales de répondre correctement à l’insuline, une hormone chargée de réguler les neurotransmetteurs de l’apprentissage et de la mémorisation.
On évitera donc les produits industriels, gras, sucrés et salés.[/box]

Je préfère l’eau minérale ou filtrée
En 2000, l’étude Paquid menée par des chercheurs français a montré que le risque de contracter la maladie d’Alzheimer est 1,99 fois plus élevé dans les régions où l’eau est riche en aluminium (plus de 0,1 mg/l). L’aluminium est en effet ajouté à l’eau potable sous forme de sels pour la rendre transparente. « On trouve aussi ce métal dans les médicaments contre les brûlures d’estomac et certains ustensiles de cuisine », précise notre expert. Au-delà de 0,1 mg/l, filtrez l’eau ou mettez-vous à l’eau minérale, qui en contient moins.

Alzheimer coupleJe bois (un peu) de vin rouge
Dotés de propriétés antioxydantes, les polyphénols dans le vin rouge (surtout vieilli en fût de chêne) protégeraient des plaques amyloïdes qui, en se collant sur les neurones, provoquent leur destruction et les symptômes d’Alzheimer.

Je découvre l’huile de coco
Un jour, le médecin américain Mary Newport constate que lorsque son mari malade, Steve, prend deux cuillerées à soupe d’huile de noix de coco au petit déjeuner avant un test de mémoire, il obtient des résultats spectaculaires. Depuis, Steve prend des doses quotidiennes enrichies en triglycérides : sa mémoire s’est améliorée, il a retrouvé sa personnalité, repris des activités et interagit socialement. Cela s’explique du point de vue scientifique : le cerveau d’un patient atteint d’Alzheimer étant résistant ou déficient en insuline, il manque de «carburant » pour alimenter cet organe. La consommation de ces acides gras en fournit justement et peut parfois inverser ou du moins stabiliser la maladie.

Je choisis des compléments alimentaires
On en retient trois : l’extrait de ginkgo biloba, qui exerce une action sur le système vasculaire et la microcirculation dans le cerveau. Il ralentirait la progression de la maladie (en pharmacie, à prendre deux ou trois fois par jour pendant deux à six mois) ; la phosphatidylsérine (PS) d’origine végétale, acide aminé qui a été approuvé par la Food and Drug Administration, l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, pour réduire le risque de démence ; le Pycnogenol, extrait du tégument de raisin ou d’écorce de pin maritime, qui a des vertus antioxydantes (Pycnogenol de Natésis ou Solgar, en pharmacie).

Je consomme de la viande et des œufs à faible dose
Une étude de 2013 suggère que le fer de la viande rouge augmente le stress oxydatif, jouant un rôle dans la maladie. En trop grandes quantités, le fer favoriserait la formation de radicaux libres et pourrait altérer les tissus du cerveau, qui y sont très sensibles. Le fer ne demeure pas moins essentiel au bon fonctionnement des cellules : on consomme donc de la viande (rouge ou blanche) ou des œufs cinq fois par semaine, mais pas plus d’une fois par jour.

Alzheimer afficheCarnet pratiqueAlzheimer livre

La 21e Journée mondiale de lutte contre Alzheimer
Le 21 septembre, l’association France Alzheimer se mobilisait une nouvelle fois :
plus de 95 associations départementales organisaient des actions dans toute la France sur le thème des liens intergénérationnels.
Le programme au 0811 112 112 (coût d’un appel local) ou sur francealzheimer.org
À lire :
"Maladie d’Alzheimer. Et s’il existait un traitement ? Les molécules de l’espoir"
du Dr Mary Newport,
aux éditions Josette Lyon, 22 €.

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