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Nature : Varions nos menus !

Publié le 27 mars 2018

Notre planète est riche de plantes, d’animaux ou d’insectes. Nous n’en consommons pourtant qu’une faible diversité…

Saviez-vous que les trois quarts de l’alimentation mondiale sont générés par à peine 12 plantes et cinq espèces d’animaux ?

Autrement dit, 75 % des variétés de végétaux cultivés ont disparu de nos assiettes en cent ans, et entre 2000 et 2014, pas loin de 100 races animales font défaut dans notre paysage ! Des chiffres qui donnent le tournis.

C’est un fait : nous mangeons peu de cheval, de moins en moins de lapin, de veau ou de coq, au profit du cochon, du poulet, du bœuf et du mouton.
Le constat est semblable pour les végétaux. De 73 variétés de melons, il n’en reste désormais plus qu’une seule !

En 1900, nous jouissions d’une trentaine de variétés de tomates sur nos marchés.

Aujourd’hui, nous en avons quatre fois moins. Et pour cause, nous avons tendance à tous manger toujours la même chose, du fait notamment de l’uniformisation massive des cultures. Dans le monde, la principale consommation végétale tourne autour du blé, du maïs, du riz, des haricots, des pommes de terre…

Bref tout fout le camp ! D’autres plantes retrouvent néanmoins nos assiettes, mais celles-ci ne sont pas proposées dans nos supermarchés.

Œufs bleus

Pourquoi n’essayeriez-vous pas l’ortie ? Elle est si riche en calcium.

C’est un ingrédient excellent pour la soupe, les quiches ou les tartes. Le plantain peut, quant à lui, se déguster en salade. Délicieux avec du vinaigre balsamique ! Et le pissenlit se décline en confiture avec sa fleur, ou en salade avec ses feuilles.

En tout cas, il est important de sortir de la monoculture et de diversifier notre alimentation afin de nourrir la population mondiale, qui ne cesse de se multiplier et qui atteindra, en 2050, près de 9,8 milliards d’habitants ! De nombreuses solutions se présentent pourtant à nous.

Aujourd’hui, des variétés, des techniques de culture et des espèces peu répandues existent, qui pourraient faire merveille, comme le riz qui pousse dans l’eau de mer, la pomme de terre cultivée sans terre dans de la paille, ou l’araucana, cette poule découverte au Chili qui pond des œufs bleus…

Soyons donc plus curieux !

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Connaissez-vous la patate “light” ?

Beaucoup d’entre vous ont sûrement eu comme consigne de leur médecin de ne pas manger de pommes de terre en raison de leur teneur en sucre.

Vous avez alors certainement une tendance au diabète. Eh bien sachez que dans l’Aude, au domaine de la Martinole, on cultive aujourd’hui une pomme de terre de montagne à faible teneur en sucre qui devrait vous séduire et surtout permettre à vos médecins de vous la recommander.

Ce tubercule « médicinal » est né de la rencontre entre un grand diabétique passionné d’agriculture biologique et d’un médecin diabétologue toujours curieux de nouveauté. On savait cultiver une pomme de terre sans sucre, mais pas à grande échelle. C’est désormais possible dans cette enceinte de la Martinole.

Alors comment aboutir à une telle variété :

  1. On choisit d’abord trois types de tubercules : sephora, federica et valida. Toutes se ramassent entre la mi-septembre et la fin novembre. Ce choix est à la base de tout.
  2. La méthode culturale doit favoriser une levée très rapide de la plante. Donc il faut respecter la bonne température du sol et la date de la plantation.
  3. La récolte doit s’effectuer à une maturité contrôlée (mesure de matière sèche et de teneur en sucre).
  4. Enfin, ne pas conserver le tubercule à la maison. Il doit être récolté rang après rang sans possibilité de stockage.

Vous l’aurez compris, il est bien difficile d’avoir ce type de légume dans nos potagers. Laissons donc aux spécialistes le soin de les produire. C’est le cas dans ce domaine de l’Aude, où Éric Varenne cultive avec précision ses pommes de terre gastronomiques à 850 mètres d’altitude sur le plateau du col des Martys, dans le Languedoc-Roussillon. Parlez-en à votre médecin et voyez s’il partage cet optimisme.

• Plus d’infos sur le site : http://la-martinole.fr

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De délicieuses plantes !

La cueillette semble de plus en plus appréciée pour les qualités nutritives et curatives des plantes sauvages. Même les chefs de certains grands restaurants ne se passent plus de ces innombrables variétés comestibles que nous offre la nature.

Ce guide vous accompagnera donc lors de vos promenades, afin d’apprendre à reconnaître au mieux ce que vous dégusterez par la suite !

• 300 plantes comestibles, de C. Bastgen, B. Schröder et S. Zurlutter, éd. Delachaux et Nestlé, 14,50 €.

Laurent CABROL

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