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Ne jetez plus, apprenez à réparer !

Publié le 19 mai 2019

Bricoler, combattre le gaspillage, moins dépenser… nos motivations sont multiples et nous sommes de plus en plus nombreux à remettre en état nous-mêmes certains équipements de notre quotidien. Voici quelques tuyaux pour vous lancer.

La société de consommation est en plein essor : pour les seuls biens électriques et électroniques par exemple, que l’on change au moindre dysfonctionnement, les achats augmentent de près de 10 % par an ! 

Cependant, certains Français ont choisi de ne pas suivre cette tendance : ils prolongent au maximum la vie de leurs appareils électroménagers, de leur matériel informatique et même de leur voiture, en apprenant à les réparer. D’ailleurs, selon un récent sondage OpinionWay, la moitié d’entre nous a déjà dépanné un lave-linge ou une cafetière. Et 80 % de ceux qui s’y sont essayés sont prêts à recommencer. Il faut dire qu’aujourd’hui, les solutions se multiplient pour faire de nous les rois du « rafistolage » !

Alors, si l’un de vos équipements tombe en panne, ne vous empressez plus de vous en débarrasser. Car vous avez dorénavant en main toutes les cartes pour tenter de le sauver. Et si vraiment vous êtes allergique au bricolage, confiez-le à des associations comme Emmaüs ou Envie : elles récupèrent, remettent en état et revendent à bas prix, limitant ainsi les déchets tout en créant des emplois.

Le web, une mine d’infos !

Pour commencer, Internet regorge de modes d’emploi pour redonner vie à… pratiquement tout ! Il suffit par exemple de se connecter à YouTube et de taper « tutoriel réparation » pour se rendre compte de l’étendue des possibilités : des milliers de vidéos explicatives sont prêtes à vous venir en aide. Mais sur le Web, certains spécialistes vont encore plus loin : ils vous permettent de diagnostiquer votre panne, d’acheter les pièces adéquates et de « bidouiller » vous-même. Amaury en a récemment fait l’expérience : « Quand mon four encastré est tombé en “rade”, il n’était plus sous garantie, raconte-t-il. Mais plutôt que de faire appel à un professionnel qui m’aurait facturé au moins 150 €, j’ai voulu tenter de faire le “job” moi-même en me connectant à Spareka.fr ».
Sur ce site, c’est en répondant à une série de questions que notre jeune Marseillais a rapidement détecté qu’une des résistances de son appareil avait rendu l’âme. Il a alors commandé l’élément défectueux pour 60 € et, quelques jours plus tard, a entamé sa réparation en suivant pas à pas les instructions détaillées dans le mini-film proposé par Spareka. « J’ai désencastré mon four, enlevé quelques vis afin de dégager la pièce défectueuse et la remplacer, avant de tout remonter. Globalement, l’opération m’a pris à peine une heure et c’était assez facile ! » Amaury reconnaît cependant que pour se lancer dans une telle opération, il faut aimer bricoler un minimum et surtout, avoir les outils adéquats. Mais au final, ça permet de faire de sacrées économies.

L’indice de réparabilité imposé dès 2020 pour les appareils électriques et électroniques, l’obligation d’afficher la disponibilité des pièces détachées par les constructeurs et la reconnaissance de l’obsolescence programmée comme un délit, nous incitent à réparer nos biens”.

Geoffroy Malaterre, fondateur de Spareka.

Bon à savoir

Si votre appareil en panne est toujours sous garantie, ne tentez pas de le réparer vous-même, sous peine de perdre votre protection : c’est à votre vendeur de le remettre en état de marche ou de vous l’échanger.

Les ateliers associatifs

Pour savoir comment résoudre telle ou telle panne, le Web n’est évidemment pas la seule solution. Partout en France, des Repair Cafés proposent des ateliers pour tout remettre en fonction, ou presque. Le principe est simple : vous venez avec un appareil qui a « lâché » et des « experts » bénévoles vous aident à le « ressusciter », quand c’est possible, et avec les outils mis à disposition, le tout pour un coût modique : il suffit de payer une petite cotisation ou de faire un don, d’un montant libre.

C’est ce qu’Alain a fait récemment. « Soucieux de préserver l’environnement, je lutte contre le gaspillage et, dans la mesure du possible, j’essaie de réparer plutôt que de mettre à la poubelle, explique notre retraité de 64 ans. Alors j’ai fait le choix d’aller au Repair Café de la Seyne-sur-Mer (Var), lorsque mon “vieux” lecteur de CD a refusé de se remettre en marche ». Sur place, l’accueil est chaleureux : une fois inscrit sur la liste d’attente, les visiteurs se voient offrir un café pour patienter dans la salle prévue à cet effet. Puis ils sont pris en charge : « Une dame est venue me chercher et nous avons démonté mon appareil, reprend-il. Finalement, ce n’était pas grand-chose : un CD était coincé à l’intérieur ! Nous l’avons délogé et tout est rentré dans l’ordre ». Du coup, Alain a pu conserver son lecteur et a même appris à le « désosser ».En cas de soucis similaires, il saura dorénavant se débrouiller tout seul.

Des garages participatifs 

On peut « retaper » son vélo, par exemple, dans des ateliers solidaires : il en existe plus de 200 en France. Même chose pour dépanner sa voiture : l’Hexagone abrite désormais de nombreux garages participatifs. Thierry, entrepreneur de 58 ans, est un habitué de « Faites-le vous-même auto », à Marseille, un de ces lieux où tout est prévu pour vous transformer en vrai mécano ! « Je suis déjà venu pour des travaux sur la Clio de ma femme et là, je repasse pour les freins avant de mon Audi », commente-t-il. Pourtant, il n’a aucune compétence en la matière. Il reconnaît juste être un peu bricoleur. Mais ici, le gérant est aux petits soins avec ses clients pour leur apprendre les rudiments du métier.
« Après avoir mis la voiture sur le pont et enlevé une première roue, on m’a montré comment démonter les étriers, pour sortir les plaquettes et les remplacer par celles que j’avais achetées sur le Net, précise Thierry. C’est assez technique, mais faisable. Du coup, je me suis occupé de la deuxième roue tout seul, comme un grand ! » Petit plus, le patron lui a aussi expliqué comment on dégrippe les jantes quand elles sont collées à la direction. Et il a pris le temps de lui enseigner comment on se sert d’une clé dynamométrique, pour un serrage optimal. L’opération n’aura coûté que 80 € à notre mécanicien en herbe, pièces et utilisation du garage comprises. « Évidemment, il faut avoir du temps pour bricoler sa voiture, admet-il. Et il faut accepter de se couvrir de graisse ! Mais la satisfaction personnelle d’avoir réparé moi-même mon véhicule est telle que je reviendrai. Les prochaines fois, je serai plus aguerri ».

Carnet pratique

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Thierry LOPEZ (texte & photos)

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