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Nouveau livre d'Amélie de Bourbon Parme

Publié le 28 novembre 2015

Noblesse franco-italienne oblige, une jeune femme blonde aussi longue que son patronyme, patiente, Smartphone à la main, à l’Avellino Caffè de Puteaux. Amélie de Bourbon Parme, une femme qui partage son temps entre ses deux enfants en bas âge, son travail dans la communication chez Havas et l’écriture de romans historiques.

Amélie de Bourbon Parme : “Prendre le pouvoir est plus facile que de le quitter !”

Une aristocrate spécialiste de la Révolution et épouse d’un pro du Big Bang, Igor Bogdanov (« mon premier lecteur »), qui s’est passionnée pour l’abdication d’un membre de sa prestigieuse lignée : Charles Quint, empereur et maître horloger…

France Dimanche : Pourquoi avoir attendu quatorze ans pour sortir votre second roman ?
Amélie de Bourbon Parme : Le premier, sur Louis xvii, a été plus facile car j’avais fait mon mémoire de DEA sur le régicide sous la Révolution. Ensuite, je me suis passionnée pour la Renaissance, mais cela prend du temps de se documenter. Et puis, j’ai changé de sujet, j’hésitais à refaire quelque chose de personnel. J’ai tâtonné…

F.D. : Avec tous vos illustres ancêtres, vous aviez l’embarras du choix. Pourquoi Charles Quint ?
A.d.B.P. : Cet empereur, assez impopulaire en France car ennemi de François ier, m’a vite passionnée. C’est un homme austère avec une mâchoire prognathe qui lui donnait un air béat, alors que c’était un fin politique. Et je le trouve émouvant et riche intérieurement. Mais c’est surtout son abdication qui m’a intéressée. Il a été l’empereur le plus puissant de l’Occident, maintenant l’unité politique et religieuse dans presque toute l’Europe. Sans oublier ses conquêtes au Mexique, Pérou, Chili… Cela devait lui peser, car il a décidé de se retirer dans un monastère perdu en Espagne. Et s’est aperçu que prendre le pouvoir est plus facile que de le quitter.

Le secret de l'empereur

F.D. : Il semble un peu dépressif…
A.d.B.P. : Mélancolique plutôt. Malgré sa puissance, il a connu des échecs et des déceptions. Jeanne, sa mère, était folle et enfermée dans une forteresse pendant son règne. Il ne s’est jamais remis du décès de sa femme Isabelle. D’un point de vue politique, son rêve d’unité chrétienne et d’éradication du protestantisme a échoué. Et l’Empire ottoman menaçait. Il a dû éprouver le besoin de se retrouver seul. Mais, il n’y est pas parvenu car, même au monastère, il reçoit des ambassadeurs et conseille son fils. Son charisme reste intact et il veut tout contrôler, jusqu’à la cérémonie de son enterrement ! Il n’a jamais lâché prise, malgré sa passion pour l’horlogerie. Mais cette petite pendule noire le perturbe…

F.D. : Cette passion des horloges est peu banale pour un monarque…
A.d.B.P. : C’est vrai que la métaphore sur le temps est belle. Un rêve pour romancier ! Nostalgique du passé glorieux, il veut maîtriser le temps en bricolant ses pendules dont une plus mystérieuse que les autres. Il est passionné par la cosmologie et l’astronomie. En même temps, il est très pieux. Cette ambiguïté et son goût pour les nouvelles technologies et les découvertes scientifiques, à l’époque de Copernic, inquiètent l’Inquisition, pour qui « la seule heure qui compte est celle du Jugement dernier ».

F.D. : Vous êtes passionnée par l’histoire… Famille oblige ?

A.d.B.P. : Non, il n’y a pas eu d’endoctrinement, c’est vraiment une passion personnelle !

F.D. : Avec votre nom, ne ressentez-vous pas une pression supplémentaire en écrivant un roman historique ?

A.d.B.P. : On est sans doute plus attentif à mes éventuelles erreurs, mais mon nom n’est pas une garantie absolue non plus !

F.D. : Vous connaissez déjà le héros de votre prochain livre ?
A.d.B.P. : Ce sera le roman d’un personnage de la Renaissance italienne. J’ai déjà fait un gros travail de recherche et j’espère mettre moins de temps à l’écrire !

Yves Quitté

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