France Dimanche > Vie pratique > Pierre BONTE : “La commune, c’est le berceau de la démocratie”

Vie pratique

Pierre BONTE : “La commune, c’est le berceau de la démocratie”

Publié le 12 décembre 2015

Alors que les régions métropolitaines vont passer de 22 à 13, le 1er janvier 2016, Pierre Bonte nous explique dans son livre*, paru en septembre, pourquoi, selon lui, les Français ne sont pas attachés à une région mais à leur province.

Afin d’étayer sa thèse, l’auteur a puisé dans sa large connaissance de l’Hexagone, qu’il arpente depuis plus de soixante ans, pour notre plus grand bonheur. Au fil des pages, il fait défiler des personnages hauts en couleur comme Fine, la passeuse bretonne ; Arthur Soubiran, le Gascon ; Bernard Giraudeau, le Charentais de La Rochelle ; ou l’abbé Debourges, l’exorciste berrichon.

Patrimoine

« La Révolution française avait fait disparaître les provinces au profit des départements en 1790. En 1960 sont apparues les régions. Cette concentration est purement administrative. Les Français se sentent provinciaux, pas régionaux. Plus de 225 ans après la Révolution, l’idée d’appartenir à une province reste vivante chez chacun d’entre nous. Comme l’Unesco vient de le faire pour chacune des 2 000 parcelles de Bourgogne et les caves de Champagne, je propose que chacune des 36 000 communes de notre pays soit classée patrimoine de l’humanité », nous a déclaré ce Nordiste, très attaché à sa ville de Pérenchies, qui l’a vu naître il y a 83 ans.

Livre Pierre Bonte

Tout en dégustant le hachis parmentier qu’il m’a invitée à partager non loin de chez lui, derrière la Maison de la radio, à Paris, Pierre Bonte précise sa pensée… « La commune, c’est le berceau de la démocratie, le lieu où se prennent les responsabilités politiques. Il faut garder ces villages qui témoignent de l’art de vivre, de l’esprit français, qui attirent chez nous des visiteurs du monde entier. Les transformer en grosses agglomérations serait une erreur. Les maires, qui touchent 500 euros par mois, et leurs conseillers municipaux, bénévoles, ne peuvent pas être remplacés par des technocrates. Être attaché à son village, ce n’est pas du tout ringard, c’est appartenir à un groupe. On l’a bien vu avec l’accident de Puisseguin [dans lequel plus de quarante membres d’un club du troisième âge de la commune de Petit-Palais ont trouvé la mort fin octobre, ndlr], les habitants se connaissent tous, ils sont solidaires. Je ne mène pas un combat politique, mais les Français ont besoin de se reconnaître dans le caractère de ceux qui peuplent leurs provinces. »
Dominique Préhu

* Mes petites France. Nous sommes tous des provinciaux, de Pierre Bonte, éd. Fayard, 20€.

À découvrir