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Pour en finir avec les fuites urinaires !

Publié le 13 mars 2016

Les fuites urinaires, ce mal affecte un homme sur dix et une femme sur quatre, mais reste un sujet tabou. Le point sur les moyens d’en venir à bout alors qu’un nouveau médicament est mis sur le marché.

Un éclat de rire, un éternuement, et quelques gouttes d’urine s’échappent… L’incontinence urinaire touche environ 5 millions de personnes en France, mais on évoque peu ce trouble qui gâche le quotidien.

Pr François Haab, urologue
Pr François Haab, urologue

NOTRE EXPERT

“Parlez-en à votre médecin :
des solutions peu contraignantes et efficaces existent !”
Pr François Haab, urologue

Deux types d’incontinence

« La première forme est l’incontinence liée à l’effort, qui touche surtout des femmes et se manifeste par quelques légères fuites lors de mouvements brusques (toux, activité physique). Elle est due à une perte de tonus des muscles du plancher pelvien situés sous la vessie, entre le vagin et l’anus, précise le Pr François Haab, urologue.

Elle peut survenir suite à des bouleversements hormonaux et physiques : grossesse, accouchement, ménopause, prise de poids, constipation chronique, sédentarité, tabagisme, sport intensif ou, pour les hommes, après une opération de la prostate. »

« L’autre forme d’incontinence, plus brutale, est dite d’impériosité. On parle de “vessie hyperactive”, poursuit le spécialiste. Le malade ressent un besoin urgent d’uriner, avec ou sans fuites, plus de huit fois par jour, et fait des “petits pipis” (trois gouttes).

Dans 90 % des cas, ce dérèglement est dû à un dysfonctionnement de la vessie et dans 10 % à d’autres causes : polypes, calculs dans la vessie ou infections urinaires ou vaginales… »

Des examens permettent de confirmer le diagnostic et d’expliquer le trouble : calendrier mictionnel, prélèvements et analyses d’urine, échographie…

Les traitements les plus efficaces

La rééducation périnéale
Pour lutter contre une incontinence liée à l’effort, le médecin traitant ou le gynécologue prescrit une dizaine de séances de rééducation périnéale chez une sage-femme ou un masseur-kinésithérapeute. Elles sont remboursées par la Sécurité sociale.

La chirurgie
Une petite intervention, baptisée « bandelette », consiste à introduire, sous anesthésie locale, par voie vaginale, un petit implant qui appuie sur l’urètre (canal de l’urine) et renforce le sphincter urinaire. Très efficace, elle ne nécessite qu’une demi-journée d’hospitalisation, et est remboursée par la Sécurité sociale. « On reprend immédiatement une vie normale », assure l’expert (lire le témoignage ci-dessous).

Les médicaments
En cas d’incontinence d’impériosité, les anticholinergiques, qui réduisent les contractions de la vessie, fonctionnent très bien. Ils sont remboursés mais ont des effets secondaires : bouche sèche, constipation parfois sévère… Un nouveau traitement n’ayant pas ce type d’inconvénients, mais qui ne peut être prescrit qu’après contrôle de la tension artérielle, le Betmiga, vient d’être commercialisé courant janvier. Mais, pour l’heure, il n’est pas remboursé.

L’injection de Botox
Autre option : l’injection de toxine botulique dans le muscle de la vessie pour calmer la sensation permanente d’envie d’uriner. « C’est très efficace, mais il faut renouveler l’opération tous les six mois », prévient François Haab. Cette intervention est prise en charge par la Sécurité sociale.

Un stimulateur de vessie
Les médicaments n’ont pas fonctionné ? Il reste une solution : le pacemaker vésical régule le fonctionnement de la vessie. Ce dispositif électrique n’est qu’un ultime recours, souvent proposé aux personnes qui vivent en institution. Il coûte 10 000 €, est pris en charge par la Sécurité sociale.

Des mesures au quotidien…
Des précautions permettent de prévenir les fuites urinaires ou de les limiter : éviter les boissons diurétiques (café, thé…), lutter contre la constipation pour préserver le périnée, cesser de fumer, éviter les sports à impacts (équitation, volley, athlétisme, handball, basket-ball…), réduire le surpoids. Et, quand vous y pensez, au bureau, dans les transports en commun, en voiture, contractez votre périnée, même quelques secondes (voir exercices ci-contre). Cela vous aidera à le garder tonique.

électrostimulateurUn électrostimulateur périnéal

Cette sonde, à placer dans le vagin, permet de poursuivre sa rééducation du périnée à domicile.
• 309,90 € (remboursé à 60 % par la Sécurité sociale), Keat®, en pharmacie.

cuissièreDes cuissières à électrodes

Ce dispositif pourvu d’électrodes provoquant 180 contractions du périnée en 30 minutes permet de retrouver un bon tonus des muscles pelviens au bout de trois mois d’utilisation, cinq jours par semaine.
• 399 €, Femifree de BMR Health (3 tailles). En pharmacies et sur www.femifree.com

débutDétendez-vousUne application pour tonifier son périnée

Pour vous aider à muscler votre périnée au quotidien, Tena, le leader mondial de la prise en charge de l’incontinence, a lancé une application gratuite pour Smartphone. Baptisée Mon coach périnée, elle propose des exercices simples basés sur la technique Pilates, présentés sous la forme de vidéos.

Mon cahier PilateUn exercice à pratiquer n’importe où

En position assise, dos droit, jambes écartées de la largeur des épaules, les pieds à plat au sol.
Imaginez que vous avez très envie d’uriner et… retenez-vous pendant cinq secondes, puis détendez-vous. Recommencez dix fois.
Puis refaites l’exercice en serrant le périnée pendant dix secondes et en le relâchant, dix fois de suite.
à pratiquer tous les jours.

• Extrait de "Mon cahier Pilates", de Soasick Delanoë,
éditions Solar, 7,90 €.

TémoignageTEMOIGNAGE

“Je ne faisais plus de sport et me retenais d’éternuer”
Sophie, 46 ans, Loir-et-Cher

«J’ai eu cinq enfants. Après la naissance du dernier, j’ai eu des fuites urinaires liées à l’effort. En plus d’engendrer une gêne sociale, ces troubles ont petit à petit transformé mon quotidien : je n’osais plus courir avec mes enfants, ne faisais plus de sport, me retenais d’éternuer… J’ai suivi une rééducation périnéale, sans résultat car, selon ma gynécologue, mon périnée était assez musclé. J’en ai discuté avec une amie, également concernée par le problème. Elle m’a conseillé la chirurgie. Je suis allée voir un spécialiste parisien qui m’a proposé l’opération de la bandelette. L’intervention sous anesthésie générale [elle peut aussi se faire sous péridurale, ndlr] n’a duré qu’une trentaine de minutes et n’a pas été douloureuse. Les résultats ont été immédiats. Je me sens enfin libre de mes mouvements.

Florence Heimburger

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