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PRATIQUE : De vraies cavernes d'Ali Baba !

Publié le 4 juin 2022

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Des associations revendent des objets donnés par des particuliers tout en créant des lieux de convivialité un peu partout en France.

39 594 tonnes d'objets collectés par les ressourceries en 2020. (Source : observatoire du Réseau national des ressourceries.)

C'est un monde plein de surprises… qui commencent par l'adresse ! Il faut la trouver, La Miraille, dissimulée dans un virage, non loin de la route entre Embrun et Briançon, dans les Hautes-Alpes ! On arrive enfin à Saint-Martin-de-Queyrières face à un grand préfabriqué qui tient à la fois des Puces, du vide-grenier, de la brocante et de la caverne d'Ali Baba ! À l'extérieur, des carreaux de céramique sont empilés à côté de chaises de jardin, qui tournent le dos à des W.-C. dont la blancheur insolite se découpe sur l'herbe… L'intérieur est un bric-à-brac où l'on se faufile entre bouquins, CD, armoires, sommiers, jouets, électroménager, écrans…

Tout l'univers de la ressourcerie est là, avec ses objets d'abord donnés par des particuliers, puis réparés et testés. Les prix sont forcément compétitifs, comme ce chauffage radiant à 5 €, cette table de chevet avec dessus en marbre à 10 €, ou ce transat de marque à 8 €. Certains, dans la région, y ont équipé presque entièrement leur maison ! De plus, si un appareil acheté s'avère défaillant, il peut être échangé contre un avoir.

Réparation et lien social

Ces ressourceries – ou leurs jumelles, les recycleries – sont présentes un peu partout en France, en zones rurales comme dans les grandes villes. Bien plus que de simples magasins bon marché, elles ont pour but de sensibiliser à la gestion des déchets. La majorité d'entre elles propose d'ailleurs des ateliers de réparation pour faire retaper gratuitement son grille-pain ou sa machine à coudre. Au gré des structures, l'offre globale est très disparate. Il y a parfois des cafés ou des restaurants avec des produits locaux, mais aussi divers types d'activités : couture, broderie, danse, ou même concerts. « L'économie des ressourceries est fragile, elles ont compris qu'elles devaient se diversifier pour obtenir plus de moyens et, ce faisant, elles renforcent les liens sociaux et deviennent des lieux conviviaux », commente Christophe Marquet, animateur réemploi et réparation à l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). Certaines lorgnent du côté de la brocante avec des pièces rares mais à des prix plus élevés, comme cette armoire en noyer à 400 €, qui voisine avec une autre en bois moins noble à 80 €. Les tarifs restent certes inférieurs au commerce classique, mais si cette tendance se développe, c'est tout un public qui risque d'en être exclu…

L'offre globale est très disparate : il y a parfois des cafés, des ateliers de couture ou de danse, des concerts…

Guide pratique

Les ressourceries ont besoin de place et sont donc souvent excentrées. Avec des exceptions, telle L'Alternative, dans le centre de Paris (75002).

Horaires : Tenues en partie par des bénévoles, elles ne sont pas ouvertes tous les jours ni aux mêmes heures : vérifiez !

Prix : Ils ne sont pas indexés sur l'inflation et, en général, ne sont pas négociables.

Livraison : Elles peuvent livrer meubles ou appareils dans la pièce, selon des tarifs variables : 5 euros dans les Cévennes, 45 euros dans les Hautes-Alpes…

Un site pour vous aider : ressourceries.info

Parole d' expert : Sébastien Pichot

Le vice-président Communication du Réseau national des ressourceries et recycleries témoigne de leur dynamique. “La tendance est à la spécialisation”

France Dimanche : Quelles sont les différences entre ressourceries et recycleries ?

Sébastien Pichot : Elles sont semblables, sauf que la ressourcerie est engagée par une charte environnementale. Nous comptons aujourd'hui 180 membres en France, dont une très grosse majorité de ressourceries. Les équipes sont composées de valoristes formés à une spécialité : par exemple, la menuiserie ou l'électronique.

FD : Qui sont les clients ?

SP : Ce sont davantage des usagers que des clients, issus de tous les milieux sociaux. Notre relation n'est pas seulement commerciale. Dès le départ, notre intention était de créer des lieux citoyens pour changer le comportement de la population, la pousser à consommer mieux et, surtout, à jeter moins. Les ressourceries, qui créent des emplois et coopèrent avec les collectivités locales, prouvent qu'on peut revitaliser des territoires en pratiquant une économie humaine.

FD : Comment se développent aujourd'hui les ressourceries ?

SP : La tendance est à la spécialisation, dans la bicyclette comme à Respire, à Bretteville-sur-Laize (14), ou le textile à La Cadette de La Petite Rockette, à Paris (75012), entre autres.

FD : On trouve aussi des objets insolites…

SP : Tout ce que l'homme a pu créer passe par une ressourcerie ! J'ai ainsi récupéré, pour la Ressourcerie du Pont, au Vigan (30), où je travaille, un cadre honorifique de l'armée du début du XXe siècle où des photos s'inscrivent dans une broderie pour raconter une mission en Indochine !

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