France Dimanche > Vie pratique > PRATIQUE : Sautez sur l'occasion !

Vie pratique

PRATIQUE : Sautez sur l'occasion !

Publié le 22 janvier 2022

.photos:bestimage
© BESTIMAGE -

Dépensez moins grâce à la seconde vie d'objets mis en vente aujourd'hui un peu partout, y compris dans les grands magasins.

Si, après les fêtes, vous vous retrouvez avec une trentième cafetière électrique ou une dixième toupie musicale, mais sans le vélo que vous attendiez, testez la seconde main ! Le marché explose, tout le monde s'y met, grandes surfaces, magasins en tous genres, des articles de sport jusqu'aux vêtements, en passant par les bijoux. En cette période de pénurie et d'inflation, les consommateurs sont motivés par les prix bas, la réduction des déchets ou par la rareté d'un objet. Mais gare aux déconvenues : l'aspirateur qui fait des étincelles ou le colis qui n'arrive jamais. Pour mieux vous guider, nous avons privilégié les boutiques ou les hypermarchés qui présentent plusieurs avantages : vous pouvez tester l'article sur place mais aussi bénéficier de conseils, et de l'assurance d'un contact en cas de problème. Tour du sujet en quatre questions.


“Nous avons tout intérêt à proposer des articles en bon état de fonctionnement”

Qui sont les revendeurs ?

Côté grandes surfaces, E. Leclerc a été le pionnier dès 2018, mais Carrefour, Auchan, Cora, U et Casino ont suivi.

Vous trouverez, dans certains de leurs magasins, des espaces dédiés à l'occasion avec des vêtements, mais aussi du petit électroménager, des bijoux, de la maroquinerie. Pareil chez un géant du jouet comme PicWicToys avec Pic'Occaz. Il y a aussi les spécialistes de l'occasion comme Kilo Shop, Troc.com, Cash Express, Happy Cash. Mais également des chaînes comme Kiabi pour les vêtements ou Bocage pour les chaussures.

Sans oublier, évidemment, la boutique d'à côté ou le libraire du coin !

D'où proviennent les stocks ?

Avec la fripe, soit les chaînes s'adressent à des revendeurs spécialisés, comme le grossiste Patatam qui fournit Kiabi, Auchan et Carrefour, soit les enseignes ont leurs propres filières, à l'instar de Kilo Shop. « Nous achetons auprès d'usines qui reçoivent une partie des collectes de la Croix-Rouge ou des dépôts d'habits sur la voie publique », explique Éric Rey, son directeur du développement. Pour les autres produits, les fournisseurs sont souvent les particuliers eux-mêmes.

Quelles sont les garanties ?

Vous disposez d'une garantie légale de conformité de deux ans. Si l'objet est défaillant, il doit être réparé ou remplacé. Mais attention : si, pendant six mois après votre achat, vous n'aurez pas à démontrer que le produit a un défaut de conception, en revanche, passé ce délai, il vous faudra le prouver. Et cette garantie ne s'applique pas si le défaut avait été signalé, s'il était visible, ou si vous l'avez causé avec des matériels inadaptés. Au besoin, les enseignes s'engagent à vous rembourser, soit en argent soit en bon d'achat. Comme le souligne Arnaud Guérin, coprésident de Cash Express : « Nous avons tout intérêt à proposer des articles en bon état de fonctionnement parce que, si nous commettons une erreur, nous ne pouvons pas nous retourner contre nos fournisseurs, qui sont des particuliers. »

Comment vendre ses objets ?

Vous les apportez en magasin où ils sont testés devant vous. Certaines marques, comme Decathlon, ont leur propre argus pour estimer le prix d'achat. Aujourd'hui, les revendeurs écoulent 100 % de leurs articles… au point que se pose la question de l'approvisionnement : pas sûr qu'il y ait assez de réserve dans nos greniers pour satisfaire la demande !

« Tous nos jouets sont vendus dans un emballage propre ! »

Parole d' expert

Abracadabric est une boutique de l'association Val Horizon, à Villefranche-sur-Saône, dans le Rhône, qui a fait le pari de la seconde vie des poupées et autres trains électriques. La responsable d'atelier, Alexandra Delprat, nous en parle.

France Dimanche : Comment fonctionne votre magasin ?

Alexandra Delprat : Nous sauvons des jouets donnés par des particuliers du triste sort de la poubelle. Tout nous sert : une pièce de puzzle, un cube, un bonhomme, qui peuvent compléter un jeu… Chaque article est nettoyé avec des produits naturels, puis réparé et vérifié. La sécurité est primordiale pour nous. Et nos jouets sont vendus dans un emballage propre et adapté à leur taille, pour éviter le gaspillage.

FD : Qui répare les jouets cassés ?

AD : Des personnes en réinsertion dans notre atelier à Trévoux, dans l'Ain. Nous en sommes aujourd'hui à 3 500 références. Et nos tarifs sont à moins 40 % du neuf. Depuis quatre ans que nous existons, nous n'avons jamais eu un retour de jouet.

Étiquettes en folie

Avec l'occasion, c'est braderie tous les jours ! Voici quelques exemples de prix pratiqués dans ces enseignes.

Cash Express (tous produits, sauf la fripe, dans leurs 130 surfaces) : un magnétoscope, objet rare, de 30 à 40 €, un lecteur de DVD, une dizaine d'euros.

Rejoué (jouets, 2 magasins associatifs) : de -  50 à -  70 % du neuf.

Decathlon (espaces Trocathlon dans 300 boutiques) : de -  20 à -  50 % du neuf (vélo enfant, 40 € ; adulte, 70 €).

Troc.com ou Happy Cash (tous produits, dans plus de 60 magasins) : de -  10 à -  80 % du neuf (prix moyen d'un vêtement, 16 € ; une chemise, 5 €).

Kilo Shop (vente d'habits au kilo, 19 surfaces) : un jean Levi's 501, 15 €, une chemise, 6 €…

Kiabi (vêtements d'occasion, dans 27 magasins) : de 2 à 10 € la pièce.

Béatrix GRÉGOIRE

À découvrir