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Prévenir le mal de mère

Publié le 9 octobre 2014

Les enfants devenus adultes sont partis et, alors que l’on croyait y être préparée, s’installe peu à peu une dépression qui porte un nom : le syndrome du nid vide. Ce phénomène mal connu touche surtout les femmes, avec parfois des conséquences graves.

Le petit dernier a quitté le nid, la benjamine part poursuivre ses études dans une autre ville, le fils unique emménage ailleurs… Pour toutes les mères, cette prise d’indépendance est une épreuve parfois très mal vécue, déclenchant des réactions en chaîne, jusqu’à des séparations et divorces, en hausse chez les seniors.

Marie-José d’Astrée, 57 ans, mère de trois enfants, est passée par là. Elle a été victime du syndrome du nid vide et a tiré de son expérience un livre. Elle y décrit avec gravité et humour ces « symptômes » et les moyens d’en venir à bout.

Mal de mèreNOTRE EXPERTE

”Le sujet concerne
beaucoup d’entre nous.
Il faut en parler
afin de ne pas nous sentir coupables
et nous soutenir mutuellement !”
Marie-José d’Astrée,
mère et auteur d’un livre
sur le syndrome du nid vide.

Mal de mère livreUne vraie déprime

« Autrefois, les femmes qui se sentaient déprimées après un accouchement avaient l’impression d’être fautives, nous dit Marie-José. Aujourd’hui, elles savent que le “baby blues” est normal – même si cela n’arrive pas à tout le monde. »
Le syndrome du nid vide doit être appréhendé de la même manière, car le départ des grands enfants est à la fois une joie et un véritable choc qui peut engendrer une vraie déprime, mêlée à une profonde culpabilité. En effet, la mère (plus rarement le père) comprend mal sa tristesse car, à celle-ci, s’ajoutent le soulagement de voir ses enfants indépendants et le sentiment de la mission accomplie. Impossible de mettre un nom sur ces émotions. « Les jours passent, vous ne faites plus de projets et vous n’arrivez pas à sortir de chez vous. Peu à peu, vous vous enfermez, regardez des heures la télé ou dormez beaucoup. Les larmes ne sont jamais loin », écrit notre expert.

Un sentiment de honte

Désormais libres de leur temps, les femmes ne savent pas quoi en faire et se sentent privées de leur fonction « utile » : « On a l’impression de ne plus servir à rien », témoigne Marie-José.
Or les mères sont souvent chargées, de manière subtile ou explicite, d’assurer le lien, la cohésion à l’intérieur de la famille, et elles souffrent de la voir se transformer radicalement, d’autant plus que les enfants sont partis loin, rendant difficiles les réunions familiales : « On peut éprouver un sentiment de honte à l’idée que c’est notre faute si nos enfants ne sont pas plus proches ou plus présents. On les a peut-être mal élevés ? D’autres parents semblent avoir mieux réussi… Du coup, on se tait, décrypte notre spécialiste. Pour les couples, le risque de rupture est grand si l’un des deux est en crise et que l’autre ne comprend pas. »

Mal de mèreUne hyperactivité inhabituelle

Mais le syndrome du nid vide ne se traduit pas toujours par le manque de motivation et la tristesse.
Une hyperactivité peut également dissimuler une dépression. Quant aux mères célibataires, elles ne sont pas mieux loties. Le principal écueil ? « L’urgence à trouver un nouveau compagnon pour les femmes célibataires, ce qui peut conduire à des rencontres risquées, estime Marie-José d’Astrée. À cela s’ajoute parfois un manque de représentation positive de leur aspect physique, la jeunesse étant aujourd’hui vue comme l’unique critère de séduction », souligne-t-elle.

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