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SANTÉ : Apprendre après 60 ans

Publié le 1 mai 2022

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Pour ne pas rester seuls et pour demeurer en éveil et en forme, les seniors ont accès à nombre de savoirs, souvent des plus originaux.

Il y en a pour tous les besoins et pour toutes les envies : aujourd'hui, même au-delà de la soixantaine, on peut apprendre à peu près tout. L'offre est aussi large que multiple, et contrairement aux clichés, les zones rurales proposent aussi nombre d'apprentissages y compris très originaux, pour cultiver son corps comme son esprit. Rien n'oblige les seniors, pour leurs loisirs, à se cantonner au fameux triangle belote, pétanque et loto, en dépit de son charme. Ils peuvent s'initier à l'informatique, aux langues, à l'histoire de l'art, à l'astronomie mais aussi à la cuisine, à la broderie, à la gym douce, ou même suivre des cours étonnants comme l'art amérindien ou le yoga du rire.

Universités, associations et mairies

Trois filières se distinguent : les universités, les grands réseaux associatifs et les mairies, qui d'ailleurs travaillent souvent en collaboration. Et elles savent faire preuve d'imagination.

Universités du temps libre, universités populaires, universités inter-âges : ces différentes appellations proposent une offre similaire : des cours de qualité, dispensés par des enseignants en activité ou à la retraite ou des experts, ouverts à tous sans exigence de diplôme et pour des tarifs très raisonnables. On peut ainsi découvrir la mythologie, l'œnologie ou l'astronomie à l'université du temps libre Aix-Marseille. Ou encore suivre une formation esprit critique et approcher la philosophie en montagne à Forcalquier (04), à l'université populaire Graines de savoir.

Les grandes associations ne sont pas en reste en matière de créativité. Ainsi Foyers ruraux, qui apprend en Seine-et-Marne à devenir conteur, emmène dans des randonnées patrimoine en Lozère et initie à des jeux pour le moins originaux en Haute-Marne (voir interview).

Et enfin, certaines mairies offrent des programmes de cours très étoffés, ainsi à Agde (34). « Nous avons 62 ateliers dont la plupart sont animés par des bénévoles », explique Alphonse Perez, directeur du CCAS (Centre communal d'action sociale). Difficile de ne pas y trouver son bonheur entre la marche afghane, la magie ou le saxo. « L'important, c'est de briser l'isolement des seniors, leur permettre de créer du lien », insiste-t-il. Pareil à Annecy, où, par exemple, l'apprentissage de la tablette, de la géolocalisation avec un smartphone passe par une promenade en ville. Autre activité, un stage de chroniqueur radio.

Le défi pour toutes ces organisations consiste à maintenir la variété de leur offre ; elles dépendent donc de l'expertise et de la disponibilité des bénévoles. Parce qu'on peut apprendre, mais aussi transmettre. Si vous avez envie de partager un savoir, une expérience, vous serez sans aucun doute le bienvenu.

Se cultiver sans dépenser une fortune

¦ Université du temps libre Aix-Marseille 210 €/an à raison d'1 h 30/semaine ; 6 €/conférence.

¦ Université populaire de Mulhouse 150 € pour 10 à 15 cours + 15 € d'adhésion

¦ Université populaire de Forcalquier Une adhésion de 13 € ouvre droit à toutes les activités.

¦ CCAS Agde La plupart des cours sont gratuits. Pour les payants, il faut compter entre 120 et 190 € l'année.

¦ Commune nouvelle d'Annecy De 24 à 70 €/an selon les revenus.

Les inscriptions s'effectuent en général en septembre, parfois par trimestre ou semestre, mais sont possibles toute l'année selon les disponibilités. À vérifier dans votre mairie.

Entretien avec un spécialiste

La tour de Frobel développe l'esprit de coopération. La détanque, une pétanque avec des dés.

Thomas Metter, animateur sportif de Foyers ruraux en Haute-Marne, nous parle des jeux originaux qu'il propose aux seniors.

France Dimanche : Quel est le bénéfice de votre activité ?

Thomas Metter : L'idée consiste à montrer aux seniors qu'ils sont encore capables de jouer et de se faire plaisir. Et pour nous, c'est aussi une façon de leur faire travailler la souplesse, l'agilité, mais encore la mémoire, la réflexion, tout en créant un lien social. Il faut revaloriser le jeu, il n'est ni futile ni forcément enfantin, il permet également de progresser. Nous choisissons des jeux avec des valeurs. Par exemple, la tour de Frobel, un jeu allemand coopératif où le sens de l'équipe est primordial : ils gagnent tous ensemble ou ils perdent tous ensemble parce que chacun d'eux est un élément indispensable. Ou il y a la détanque, une pétanque avec de gros dés lancés avec le pied, qui repose sur l'équilibre et la stratégie.

FD : Dans quel cadre les enseignez-vous ?

TM  : Nous intégrons la découverte des jeux dans les cours de gym dont le tarif est de 60 à 70 € l'année pour 32 séances.

FD : Comment l'activité va-t-elle évoluer ?

TM : Vers toujours plus de coopération. nous avons ainsi le projet de relier un ehpad et un ime (institut médico-éducatif) qui pourront fabriquer ensemble leur jeu respectif et où chacun sera en mesure d'apprendre les règles à l'autre.

Béatrix GRÉGOIRE

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