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SANTÉ : Cancer du sain, vrai ou faux !

Publié le 15 octobre 2021

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À l'occasion de la campagne nationale octobre rose, faites le point sur vos connaissances concernant cette maladie.

1. LES FEMMES MEURENT PLUS DE CANCERS QUE DE MALADIES CARDIOVASCULAIRES…

Faux. « Pour 100 femmes décédées, près de 30 le sont de maladies cardiovasculaires, 24 le sont d'un cancer et, parmi les dernières, quatre le sont d'un cancer du sein. Ainsi, en France les maladies cardiovasculaires tuent six à sept fois plus les femmes que le cancer du sein », explique la radiologue Cécile Bour.

2. PLUS DE 40 % DES CANCERS DU SEIN SONT ÉVITABLES

Vrai. D'après l'Institut national du cancer, ils sont essentiellement liés à de mauvaises habitudes de vie : tabac, alcool, sédentarité et surpoids. Des facteurs sur lesquels il est possible d'agir.

3. LA GÉNÉTIQUE PÈSE UN POIDS CONSIDÉRABLE

Faux. Seuls 5 à 10 % sont attribuables à une mutation génétique héréditaire comme ce fut le cas pour Angelina Jolie. Aujourd'hui, il existe une centaine de consultations de génétique en cancérologie.

4. LE RISQUE DÉPEND DE LA TAILLE DE LA TUMEUR

Faux. Ce qui compte, c'est son grade, c'est-à-dire son architecture, sa capacité à se développer et la présence ou non de récepteurs hormonaux qui permettront d'utiliser des traitements anti-hormonaux pour espérer bloquer son développement.

5. ON NE GUÉRIT JAMAIS D'UN CANCER DU SEIN

Faux. Aujourd'hui, le taux de survie à cinq ans est de 85 %. S'il n'y a plus de signe de la maladie à cette date, la patiente est considérée comme guérie.

6. LE SPORT, C'EST BON EN PRÉVENTION ET PENDANT LE TRAITEMENT

Vrai. Les femmes les plus actives voient leur risque de cancer du sein diminuer de 20 %. Pendant le traitement, les chercheurs ont prouvé que l'activité physique aide à retrouver de l'énergie. C'est aussi un des moyens de diminuer le risque de lymphœdème au bras (gonflement douloureux) après que des ganglions ont été retirés, mais aussi de réduire la menace de récidive.

7. LA RECHERCHE AVANCE CONCERNANT LES CANCERS LES PLUS AGRESSIFS

Vrai. Les patientes qui souffrent d'un cancer « triple négatif » (15 % des cas), avec un risque élevé de métastases, et dont la survie médiane est seulement de 14 mois misent beaucoup sur un anticorps conjugué à une chimiothérapie du nom de Trodelvy qui ne permet pas de guérir mais allonge la vie. La Haute Autorité

de santé vient d'annoncer une autorisation d'accès précoce, en attendant l'autorisation de mise sur le marché par l'Agence européenne des médicaments.

8. UN RENDEZ-VOUS ANNUEL EN GYNÉCOLOGIE ET UNE MAMMOGRAPHIE TOUS LES DEUX ANS SUFFISENT À ÉVITER LE CANCER

Faux. Le développement peut être très rapide. L'autopalpation et l'autosurveillance sont essentielles. En cas de grosseur, de douleur, d'œdème, de rougeur ou au moindre doute, consultez.

Octobre rose campagne nationale

De l'illumination en rose de la tour Eiffel aux multiples courses organisées dans l'Hexagone, divers événements sont prévus pour sensibiliser et récolter des fonds pour la recherche. Le programme listé sur www.cancerdusein.org Des marques se mobilisent aussi à l'image de Charlott', Nailmatic, Mavala, Clinique, Caroll, Promod, Groupe Estée Lauder, Tupperware qui reverseront une partie de leurs bénéfices à des associations ou des organismes de recherche.

3 QUESTIONS À CÉCILE BOUR - Radiologue et auteure de Mammo ou pas mammo, dois-je me faire dépister ? éd. Thierry Soucca.

Pourquoi écrire un livre sur la mammographie ?

Parce que je rencontre chaque jour des femmes qui pensent que ce dépistage les sauve.

Or il n'a pas de valeur de prédiction, pas plus qu'il ne protège d'un futur cancer, la mammo est une photographie à un instant donné.

D'ailleurs, on constate que, malgré les campagnes, la mortalité ne baisse pas vraiment (– 1,3 % par an entre 1990 et 2018), tout comme l'incidence des cancers graves. On n'a même pas réduit les mastectomies.

Mais elle permet de déceler des cancers…

Les études évaluent que 30 à 50 % des cancers sont des surdiagnostics (diagnostics inutiles) qui n'auraient pas mis en danger la vie. Mais une fois posé, le traitement est impératif. Notre corps fabrique constamment des cellules cancéreuses, il en évacue certaines, d'autres restent là, sans faire de mal, et d'autres se multiplient de manière invasive.

Quelle est la meilleure attitude à adopter ?

Il faut consulter en cas de symptômes. Il faut aussi travailler en amont sur les facteurs de risque comme l'alcool, le tabac, la « malbouffe », la sédentarité. La mammographie n'est pas une prévention, mais seulement un outil.

Julie BOUCHER

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