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SANTÉ : Covid, ce que vous risquez vraiment !

Publié le 21 janvier 2022

Alors que cette nouvelle souche du Covid déferle sur toute la France, faut-il paniquer ?

Pr Bruno Mégarbane chef du service réanimation à l'hôpital Lariboisière à Paris : « Un virus qui s'attaque plus aux bronches qu'a ux poumons »

D'après de nombreux professionnels, le variant Omicron serait moins inquiétant que les autres, car moins virulent. « Il a plus d'affinités pour les bronches que les poumons », assure au Parisien le Pr Bruno Mégarbane, chef du service réanimation à l'hôpital Lariboisière à Paris. Des études montrent qu'il est bien moins responsable d'hospitalisation, et que lorsqu'il y en a, elles sont moins graves. « Aujourd'hui, je n'ai pas de patient Omicron en réanimation. Tous ceux que nous avons sont de la vague Delta. »

Les spécialistes s'accordent aussi pour le considérer bien plus contagieux, avec plus de 250 000 contaminations par jour, douze fois plus que les 20 000 observées fin novembre. Mais comme Omicron n'afflue pas à l'hôpital, on tend à penser « qu'il ne va pas se passer quelque chose d'inquiétant ».

Prudent, l'expert tempère : « il y a un décalage de dix à douze jours entre les contaminations et les admissions en réa. Si le 20 janvier il ne s'est rien passé à l'hôpital, il ne se passera globalement rien ». Et si les services hospitaliers restent tendus, c'est surtout dû aux isolements pour cause de contaminations ou cas contact qui se multiplient un peu partout, provoquant « un absentéisme important » des personnels soignants.

Olivier Véran, ministre de la Santé et des Solidarités, nous apporte cependant une lueur d'espoir à moyen terme : « Vu le nombre de contaminations dans notre pays et sur la planète, il est probable que nous ayons tous acquis une forme d'immunité, par l'infection, la vaccination, ou les deux ».

À suivre néanmoins, car personne n'a de boule de cristal…

« Omicron aurait pu être un virus très contagieux et très grave. On a la chance qu'il soit très contagieux mais beaucoup moins dangereux que ses aînés… Ce nouveau variant est en train de nous immuniser, alors pas la peine d'en avoir trop peur. D'autant que les gens qui se sont vaccinés trois fois n'ont quasiment aucune chance de se retrouver en réanimation.

Omicron va faire moins de morts en France car on a les vaccins et les masques. La courbe de l'épidémie est d'ailleurs très différente des courbes précédentes, c'est-à-dire : une montée fulgurante et une descente tout aussi fulgurante, ce qui signifie qu'en février, nous devrions en être débarrassés. »

10 choses à savoir sur le nouveau variant

1. Origines Selon différents spécialistes dont l'éminent Pr Oliver Pybus, expert en génomique à l'université d'Oxford, l'inquiétant mutant aurait commencé à circuler dès la fin du mois d'octobre. Signalé le 24 novembre pour la première fois à l'Organisation mondiale de la santé par l'Afrique du Sud, il avait été classé comme « préoccupant » deux jours plus tard. Quatre cas avaient ensuite été identifiés au Botswana dès le 14 décembre. Même si l'origine exacte du variant B.1.1.529, l'autre nom d'Omicron, reste à déterminer, une étude menée par l'Académie chinoise des sciences et la Société de génétique de Chine permet de penser qu'il se serait tout d'abord développé chez les souris. Il aurait circulé chez ces rongeurs pendant plus d'un an avant de se propager chez les humains.

2. Caractéristiques Tandis que le variant Delta, hautement transmissible, comporte 9 mutations sur la protéine Spike, qui joue un rôle essentiel dans l'infection, le variant Omicron compte 32 mutations de cette protéine, sur une cinquantaine en tout ! Cette combinaison inédite de mutations le rend donc potentiellement plus transmissible. Ce chiffre paraît tout bonnement affolant car si l'évolution d'un virus est un phénomène naturel, jamais autant de mutations n'avaient été jusqu'à présent constatées. Guère rassurant, le ministre de la Santé Olivier Véran a déclaré sur le site Brut qu'Omicron « se multiplie 70 fois plus vite dans nos cellules ». De quoi avoir vraiment les chocottes !

3. Modes de transmission Comme les précédents variants, il se transmet par des petites particules liquides expulsées par la bouche ou par le nez si la personne contaminée tousse, éternue, parle ou respire profondément. Dans sa note du 16 décembre, le Conseil scientifique précisait qu'il sera « très difficile de stopper la progression du variant Omicron du fait de sa capacité d'échappement immunitaire ». Trois à quatre fois plus contagieux que Delta, cette nouvelle souche du Covid-19 se propagerait donc très vite et on peut estimer que chaque personne infectée par Omicron en contaminera entre 3 et 4 autres à son tour. Vertigineux…

J'avais entendu dire que les symptômes d'Omicron étaient plus légers que ceux du variant Delta mais, moi, ils m'ont mise sur le flanc ! Je dormais 19 heures par jour et à chaque réveil, j'avais la sensation de sortir d'un coma. Je sais que certains malades ont ressenti des sueurs froides, mais en ce qui me concerne, ça ressemblait plus à des frissons. J'ai aussi souffert le martyre au niveau de la nuque et des épaules, comme si j'avais trop forcé en portant quelque chose. »

4. Dangerosité Même si l'OMS insiste sur le fait qu'il est encore trop tôt pour évaluer, par manque de données, la « gravité clinique d'Omicron », certains infectiologues, dont Benjamin Davido, de l'hôpital Raymond-Poincaré à Garches, s'insurgent contre ceux qui le qualifient de bénin. Selon lui, il n'existe « pas tellement » d'éléments pour penser qu'il est moins virulent que Delta. Et sa plus haute contagiosité pourrait entraîner davantage de cas graves et submerger les systèmes de santé. Sans compter qu'Omicron serait en mesure de générer dans les semaines à venir des variants du Covid-19 encore plus dangereux. Ce qui peut faire craindre une pandémie sans fin…

5. Signes d'infection Les symptômes recensés sont difficiles à différencier de ceux d'un rhume ou d'une grippe. Une légère fièvre, une gorge irritée, une congestion nasale et des maux de tête, ou encore des sueurs nocturnes, mais aussi une toux sèche, de la fatigue et des courbatures – quand ce ne sont pas des vomissements – doivent donner l'alerte. Chez les enfants, des éruptions cutanées, telles que de petits boutons ou des plaques rouges, peuvent apparaître. En revanche, le variant Omicron occasionnerait moins souvent une perte de goût et d'odorat et également moins de difficultés respiratoires. À noter aussi que des tâches blanches, grises ou bleues, peuvent apparaître sur la peau, les lèvres ou le lit des ongles. Pas vraiment rassurant tout ça !

6. Temps d'isolement Pour les personnes disposant d'un schéma vaccinal complet – c'est-à-dire ayant reçu trois injections de vaccin – la durée d'isolement en cas de test positif (antigénique ou PCR) est ramenée à sept jours, que la présence d'Omicron soit confirmée ou non. Elle pourra être levée au bout de cinq jours en cas de test négatif et si aucun symptôme n'est observé depuis quarante-huit heures. Pour les personnes non vaccinées ou n'ayant pas fait leur dose de rappel, l'isolement est maintenu à dix jours et levé au bout de sept jours en cas de test négatif et sans symptômes.

7. Protection Face à ce variant extrêmement contagieux, certains médecins estiment que les FFP2, ces masques souvent en forme de bec de canard, plus filtrants que les chirurgicaux, pourraient constituer une option permettant de mieux se protéger. L'Italie a d'ailleurs fait le choix de les rendre obligatoires dans les lieux les plus à risque tels que les transports, les commerces, ainsi que les cinémas, musées, théâtres et événements sportifs. Mais face à la pénurie de FFP2 qui menace, le double masque, couramment porté aux États-Unis, pourrait aussi offrir une bonne alternative.

8. Durée de l'infection La période d'incubation serait très différente selon que l'on est vacciné ou non. Ainsi, les symptômes surviendraient beaucoup plus tôt avec Omicron chez les personnes vaccinées, soit deux jours à peine après l'infection. Contaminée le même jour, une personne non-vaccinée ne présenterait les symptômes que plusieurs jours plus tard, soit environ 7 journées après l'infection et ce, alors qu'ils seraient déjà contagieux depuis deux jours ! Fort heureusement, la plupart des infections sont décrites comme bénignes, avec des guérisons généralement observées dans les trois jours.

9. Convalescence Après une infection au Covid-19 due à Omicron, bon nombre de médecins préconisent d'ingérer de la vitamine D, sous forme de gélules, pour renforcer son immunité et de la vitamine C pour restimuler l'organisme. Sans oublier, de dormir suffisamment pour récupérer de la fatigue intense provoquée par la maladie.

10. Omicron, cela veut dire ? Au fil des variants du coronavirus, le grec ancien est sur toutes les lèvres ! Après Alpha, Epsilon, Zêta, Thêta, voire Delta, pour n'en citer que quelques-uns, le petit nouveau a aussi pris le nom d'une lettre de l'alphabet grec, la 15e, c'est-à-dire Omicron, comme l'a baptisé l'OMS en novembre dernier. Détail amusant, les lettres grecques « Nu » et « Xi », pourtant situées avant Omicron dans l'ordre alphabétique, n'ont pas été utilisés car, pour l'Organisation mondiale de la santé, « Nu » ressemblait trop à new (ou nouveau) dans sa prononciation anglaise. « Xi », de son côté, aurait été omis pour ne pas fâcher le dirigeant chinois du même nom…

Michel, cheminot retraité, 64 ans, La Ciotat:

"J'ai eu ma deuxième dose de vaccin en juin 2021 et j'avais prévu de faire la troisième le 16 décembre, mais, quelques jours avant, j'ai commencé à ressentir des courbatures dans les jambes, puis un peu partout. La fièvre est alors montée rapidement, les douleurs musculaires ont augmenté, j'ai commencé à tousser et à avoir mal à la gorge. J'ai fait un test PCR qui s'est avéré positif. Ce n'est qu'au bout du cinquième jour que la température a baissé et que le mal de gorge et le rhume se sont atténués. Il m'a fallu 9 jours en tout pour guérir."

Valérie EDMOND

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