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SANTÉ : Perdre du poids, vraiment !

Publié le 7 mai 2022

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La perte de poids ne se résume pas à la nutrition et à l'activité physique. Explications par les neurosciences qui mettent en lumière le rôle du cerveau.

Bien sûr, comme tous les Français, vous savez qu'il faut manger des légumes et des fruits, éviter les aliments trop gras, salés et sucrés et pratiquer une activité physique pour garder la ligne. Pourtant, vous ne maigrissez pas… C'est normal, selon la diététicienne-nutritionniste et chercheuse en neurosciences Sophie Deram, car cette façon d'appréhender notre alimentation est très culpabilisante. Après Oubliez les régimes, son livre best-seller, elle vient de signer Je n'arrive pas à maigrir aux éditions Marabout, l'occasion de lui poser quelques questions à ce sujet.

Parole d' expert : Sophie Deram Ingénieure agronome, diététicienne-nutritionniste et chercheuse.

France Dimanche : Pourquoi est-il si difficile de maigrir durablement ?

Sophie Deram : Depuis 1926, les études montrent comment le corps déteste perdre du poids rapidement et qu'il veut alors le récupérer. C'est sa façon de nous protéger. Souvenons-nous qu'à l'époque des cavernes, ceux qui avaient des réserves survivaient mieux, et notre cerveau est toujours dans cette logique. Il faut le comprendre quand on veut maigrir.

FD : Que penser des régimes ?

SD : Oubliez-les, c'est un leurre ! Vous voyez la photo avant/après, mais jamais après/après. Pourtant dans 95 % des cas, on regrossit, généralement en ayant perdu des muscles, gagné des graisses, modifié son comportement alimentaire et augmenté son appétit, car quand vous voulez maigrir, le cerveau vous envoie le signal de manger. Les troubles alimentaires commencent avec un régime.

Ce n'est ni le gras ni le sucré qui nous fait grossir, mais bien notre relation à la nourriture.

FD : Pourquoi grossit-on ?

SD : On a rarement une envie de brocolis, contrairement au gras ou au sucré. Ce n'est pourtant ni le gras ni le sucré qui nous fait grossir, mais bien notre relation à la nourriture. Le Programme national de nutrition santé lancé en 2021 est trop simpliste en visant essentiellement la nutrition. Maigrir est complexe. On a ôté la partie plaisir.

FD : Pourquoi a-t-on l'impression que notre cerveau préfère les biscuits, le chocolat, la pizza ?

SD : Parce que notre cerveau est programmé pour avoir une récompense et ce retour de plaisir est apporté d'abord par le sucre et le gras. Ceux-ci donnent du plaisir aux intestins qui envoient alors des signaux de récompense. Dans la nature, il y a des ingrédients soit gras (issus de la viande), soit sucrés (les fruits), mais l'homme a inventé la gastronomie qui mêle les deux. L'industrie s'est mise à fabriquer des ingrédients irrésistibles, en cherchant le point de félicité qui procure un maximum de plaisir et vous entraîne forcément à vouloir en reprendre.

FD : Comment notre rapport à la nourriture influence-t-il notre poids ?

SD : Si vous êtes en paix, vous mangez un morceau de chocolat ou une part de gâteau, votre palais va vous indiquer quand vous serez à saturation. Quand vous avalez des quantités trop importantes, le gâteau n'est pas le problème, mais c'est votre relation à lui. Si votre mental est dans un mode « régime », vous allez vous sentir dominé. S'interdire des aliments les rend attirants. S'ils sont autorisés, ils perdent de leur attrait. Plus on fait des régimes, plus on mange de manière émotionnelle, c'est une adaptation logique. Vous allez manger pour gérer vos émotions : la tristesse, l'ennui, la fatigue. Vos aliments deviennent des récompenses.

Le poids santé dépend d'autres facteurs, comme l'activité physique et un sommeil réparateur.

FD : Comment faire la différence entre la faim et l'envie ?

SD : On mange pour se nourrir et pour son bien-être mental. Demandez-vous : de quoi ai-je faim ? Si vous ne savez plus, un diététicien comportementaliste ou une thérapie nutritionnelle peut vous aider à reconnaître les signaux de la faim, de la satiété mais aussi de la tristesse… La peur d'avoir faim est un sentiment normal, mais la peur de trop manger ne l'est pas. Dans ce cas, il faut aller chercher de l'aide et quelques séances peuvent suffire.

FD : Comment avoir une alimentation irréprochable ?

SD : Ça n'existe pas, c'est comme la vie ou la famille parfaite. Il faut sortir de cette vision dichotomique, la nutrition n'est pas une science exacte, beaucoup de facteurs entrent en jeu. Le poids santé dépend d'autres facteurs, comme l'activité physique et un sommeil réparateur.

FD : Comment faut-il se comporter ?

SD : Depuis des milliards d'années, l'homme sait manger. Il faut ressentir et écouter son corps. Personne ne sait mieux que lui. Parfois on a besoin d'aide et un professionnel de santé est l'auxiliaire qu'il vous faut. Quand on est perdu, on revient à la base : des repas réguliers (petit déjeuner, déjeuner, goûter, dîner), manger frais, fait maison. Évitez les produits ultratransformés ! Mais ne sacrifiez pas ceux que vous aimez, on peut faire des écarts. Relaxez-vous, relativisez.

Les 7 piliers de la santé alimentaire

Pour Sophie Deram, l'approche doit absolument être globale et s'appuyer sur les points suivants :

1. Pratiquer le rituel du repas.

2. Se nourrir d'autres énergies : être actif, avoir des loisirs, un bon sommeil.

3. Manger mieux, pas moins : qualité, variété, plaisir et savourer.

4. Avoir conscience de sa faim et de la satiété.

5. Penser sur le long terme : faire preuve de patience, se fi xer des objectifs réalistes.

6. Prendre soin de son cerveau : gérer le stress, reconnaître ce qui est positif.

7. Faire la paix avec son corps : l'accepter et lui faire confi ance.

Consulter, est-ce remboursé ?

Le nutritionniste est un médecin et la Sécurité sociale prend en charge le tarif de consultation à hauteur de 70 % du tarif de base de 25 €, soit 17,50 € moins 1 € de participation forfaitaire.

Le reste à charge peut-être pris par la mutuelle.

Un diététicien n'est pas un médecin, seule votre mutuelle peut éventuellement vous rembourser sur facture.

Les boîtes prêtes à cuisiner

Solution au manque d'inspiration et de temps, plusieurs sites proposent de vous livrer l'ensemble des ingrédients dont vous avez besoin pour réaliser les recettes que vous aurez sélectionnées. Vous choisissez la quantité de repas que vous voulez et le nombre de personnes.

www.hellofresh.fr 21 recettes différentes chaque semaine. Vous ajustez votre box à la quantité de personnes et de repas désirés. Avec ou sans abonnement. Exemple : 3 repas pour 2 personnes = 39 €

www.quitoque.fr 27 recettes. 49 € par semaine pour 3 repas pour 2 personnes.

www.lescommis.com 3 recettes pour 2 personnes = 55 €.

“J'ai tout essayé… sans jamais perdre un gramme !", Mathilde Blancal, Aix-les-Bains (73)

Du sans gluten au paléo, en passant par le véganisme, les programmes fitness en vogue mais aussi l'hypnose et le jeûne… » Mathilde Blancal raconte dans son livre Confidences d'une ex-accro des régimes (éd. Jouvence) comment elle s'est laissée séduire par leurs fausses promesses.

Pendant quatorze ans, cette philosophe de formation a jonglé avec les régimes au point de développer des troubles du comportement alimentaire et de s'imposer des « marathons punitions ». Puis elle a compris que « seul le contrôle fait perdre le contrôle ». Son récit intéressera toutes celles qui veulent enfin faire la paix avec leur alimentation et leur poids, car oui, Mathilde Blancal a réussi et mange aujourd'hui ce qu'elle aime.

Point COVID : Le variant BA.2

Majoritaire en France, il s'agit d'un sous-variant d'Omicron encore plus contagieux.

D'ailleurs, il peut toucher des personnes contaminées il y a seulement un ou deux mois… Méfiance donc. A priori, il entraîne moins de symptômes pulmonaires et de perte du goût et de l'odorat. Mais en cas de toux, nez qui coule, maux de tête, fatigue, brouillard mental, vertiges, n'hésitez pas à faire un test et à porter le masque.

Julie BOUCHER

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