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Stephen King, "Revival" son nouveau roman coup de foudre !

Publié le 20 février 2016

Tout le monde fait des cauchemars. Mais rares sont ceux qui parviennent à en faire leur métier. Stephen King est le maître en la matière, lui qui en un demi-siècle a vendu plus de 350 millions de livres hantés par des démons et autres créatures vomies des enfers.

Signe du destin, cet enfant du Maine, un coin de verdure au nord-est des États-Unis qui compte presque autant de poulets que d’habitants, n’avait que 4 ans lorsqu’il a découvert l’horreur, en voyant l’un de ses camarades se faire couper en deux par un train.

Un drame qui, bien plus tard, lui inspirera une nouvelle, Le corps, une méditation sur la mort à travers les yeux d’un gamin. Son œuvre la plus autobiographique, qui deviendra un film à succès, Stand By Me, réalisé par Rob Reiner. L’écriture comme thérapie, coucher ses mauvais rêves sur le papier pour mieux les oublier…

Torture

C’est sans doute un cliché, mais un cliché qui rapporte gros. Car même si vous n’avez jamais lu l’un de ses bouquins, ses histoires vous sont probablement familières grâce au cinéma. Et King a eu la chance de ne pas être adapté par n’importe qui.

C’est Brian De Palma qui porte à l’écran en 1976 Carrie, l’histoire d’une adolescente, souffre-douleur de ses copines de collège, qui se venge en les massacrant grâce à ses pouvoirs de télékinésie (l’art de déplacer des objets par la seule force mentale).

En 1980, Stanley Kubrick anime les personnages de Shining, l’enfant lumière, narrant la lutte d’une famille contre la force maléfique qui règne sur l’hôtel où elle séjourne, avec un Jack Nicholson au regard de possédé.
En 1983, c’est au tour de John Carpenter de donner vie à Christine, une voiture à l’âme aussi noire que la fumée rejetée par ses pots d’échappement. Rob Reiner, encore lui, mettra en scène, en 1990, dans Misery, le calvaire d’un auteur retenu prisonnier par une fan schizophrène qui le torture à coups de marteau pour le contraindre à écrire, rien que pour elle, un ouvrage avec une fin à son goût.
Et si ces longs-métrages sont sans doute les plus réussis, des dizaines d’œuvres ont été inspirées, avec un bonheur inégal, par les créations de King, stakhanoviste, comme enchaîné à son stylo-plume. À tel point que, dans les années 70 et 80, il s’était inventé un double littéraire, Richard Bachman, pour justifier sa production surabondante !

Addictions
Revival, Stephen King

Aujourd’hui, son rythme est devenu plus raisonnable. Mais ses nombreux aficionados ne seront pas déçus par son dernier livre, Revival, racontant les mésaventures d’un gosse, Jamie, qui fait la connaissance d’un pasteur méthodiste fasciné par l’électricité. Le prêcheur perd la foi après la mort de sa femme et de son fils.
Devenu adulte et musicien, Jamie recroisera la route de l’homme d’église, qui le remettra sur pieds et le sortira de la toxicomanie grâce à des électrochocs à sa façon. Plus tard encore, ils se retrouveront une dernière fois pour une expérience en tout point foudroyante !
Une réflexion autour du fanatisme religieux, mais aussi de l’addiction, un sujet que King connaît bien. Dans les années 80, ses dépendances à l’alcool et aux médicaments étaient devenues telles que sa femme, Tabitha, lui avait mis en mains le marché suivant : soit il flanquait ses bouteilles et sa pharmacie à la poubelle, soit elle le quittait. Le jour même, il se débarrassait de toutes ses mauvaises habitudes !

Mais il a tout de même dû prendre des antidouleur quand une camionnette l’a percuté en 1999. Et King se bat depuis toujours contre la dégénérescence maculaire qui menace de le rendre aveugle.

Le roi du gore, souvent éreinté par la critique, aurait alors un point commun avec Homère et Borges. Mais cela ne devrait guère le consoler…

Brice Moulin

« Revival », de Stephen King, aux éditions Albin Michel, 23,50 €.

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