France Dimanche > Vie pratique > Toutes contre le cancer du sein !

Vie pratique

Toutes contre le cancer du sein !

Publié le 10 octobre 2020

Octobre rose est de retour, l'occasion de faire un point sur le cancer du sein et de revenir sur l'importance du dépistage.

Comme chaque année, la tour Eiffel s'est parée de lumière fuschia, en soutien à l'événement Octobre rose, mois dédié à la lutte contre le cancer du sein, durant lequel il convient d'accrocher un petit ruban du même ton à sa boutonnière. Lancée par Evelyn H. Lauder, la bru d'Estée Lauder, en 1993 aux États-Unis, cette opération de sensibilisation et de récolte de dons pour la recherche, se déroule dans plus de 70 pays à travers le monde. Avec chaque année près de 60 000 nouveaux cas dépistés en France et plus de 12 000 décès, c'est le premier cancer chez la femme et le plus mortel en nombre, même si plus de 80 % d'entre eux sont aujourd'hui guéris. « En ces temps de crise sanitaire, où certaines personnes peuvent être tentées de repousser les examens ou d'interrompre leur parcours de soins, il est essentiel de continuer à marteler nos messages », rappelle Jean-Christophe Jourde, président de Ruban Rose.

NOTRE EXPERT

Dr Krishna B. Clough, cancérologue et plasticien, directeur de l'Institut du sein à Paris. Il a été le premier à proposer l'ablation d'une tumeur et la réparation mammaire au cours d'une même intervention.

LE DÉPISTAGE, PASSAGE OBLIGATOIRE

Si vous avez entre 50 et 74 ans, vous recevez, tous les deux ans, un courrier d'invitation à effectuer une mammographie de dépistage, entièrement prise en charge. L'examen est vu par deux radiologues. Dans certaines situations, une échographie des seins est nécessaire, notamment lorsque leur densité ne permet pas d'interpréter correctement l'examen.

Quel que soit votre âge, consultez au moins une fois par an votre médecin traitant ou votre gynécologue pour un examen clinique de vos seins. N'hésitez pas à lui parler des éventuels antécédents de cancers familiaux pour qu'il adapte le suivi.

Surveillez-vous : une boule ou une grosseur dans un sein ou une aisselle ? Une rougeur ou un aspect irrégulier, type « peau d'orange » sur cette zone ? Une rétraction au niveau du mamelon ? Consultez sans attendre.

Chouchoutez-vous !

1 L'annonce de la présence d'une tumeur provoque un choc. Un accompagnement psychologique peut permettre de faire le point sur la situation. Le docteur Krishna B. Clough insiste sur l'importance de prendre le temps de choisir un cancérologue véritablement spécialiste du sein. « Certes, il est nécessaire de faire une biopsie, mais quand celle-ci montre qu'on est dans la forme standard, très largement majoritaire, on a des semaines pour choisir son spécialiste. »

2 La maladie est un bouleversement qui peut conduire à l'envie de changer ses priorités, de se remettre au sport, de maigrir… Pourquoi pas, mais une fois les traitements terminés, pour notre expert, l'unique priorité doit être de rester en forme et d'éviter la fatigue.

3 Selon un récent sondage Odoxa/ Amgen Afsos réalisé en janvier dernier, 76 % des Françaises estiment que les soins de support (soutien psychologique, prise en charge de la douleur, prévention des effets secondaires…) sont aussi importants que le traitement médicamenteux. Certains services d'oncologie permettent de s'initier à une activité douce comme le qi-gong ou relaxante comme la sophrologie mais aussi de bénéficier de soins esthétiques spécifiques (manucure, tatouage des sourcils). N'hésitez pas à vous renseigner.

STOP À LA CULPABILITÉ

« Une chose est sûre : l'augmentation constante du cancer du sein n'est pas liée à un seul paramètre, qu'il s'agisse de l'alimentation, de la pollution ou de toute autre nouvelle divinité du cancer. Elle est multifactorielle », assure le Dr Krishna B. Clough, chirurgien et oncologue.

POUR ALLER PLUS LOIN

Vous trouverez des réponses à vos questions sur le site www.cancerdusein.org de l'association Ruban Rose qui porte la campagne Octobre rose. Et aussi sur www.idsein.fr ou encore sur www.e-cancer.fr.

Aujourd'hui, hormis les rares cas d'une mutation d'un gène prédisposant au cancer du sein (1 à 2 % de la population), on ne sait pas en expliquer la cause. Le docteur l'affirme : aucune étude scientifique ne permet d'incriminer le sucre, le stress ou les déodorants.

RÉDUISEZ LE RISQUE

Les chercheurs pensent que 30 % des cancers du sein seraient évitables, car ils sont essentiellement liés à des facteurs prédisposant tels que le tabac, l'alcool, la sédentarité, le surpoids… sur lesquels il est possible d'agir.

PARCOURS DE SOINS PERSONNALISÉS

La chirurgie tient un rôle essentiel, puisque 85 % des femmes sont opérées d'emblée, et les autres le sont après des séances de chimiothérapie qui permettent de diminuer la taille de la tumeur ou d'amoindrir le risque élevé de dissémination. « En France, 72 % des femmes opérées gardent leur sein », rassure le Dr Krishna B. Clough, et pour celles qui ne le peuvent pas, la reconstruction mammaire est possible, le plus souvent durant la même opération que l'ablation. Les traitements postopératoires sont choisis au cas par cas. Il peut être fait appel à des séances de radiothérapie, de chimiothérapie, à de l'hormonothérapie et des traitements ciblés (orientés sur une protéine développée par la tumeur), pour diminuer les risques de récidive.

LES CANCERS AGRESSIFS

Selon la fondation Arc, ils représentent 15 à 20 % des cancers du sein. Résistants aux traitements, à évolution rapide, ils sont compliqués à gérer, surtout s'ils sont pris en charge tardivement. La recherche essaie de trouver de nouvelles solutions : l'immunothérapie bien sûr, mais aussi du côté de certains produits qui permettent d'éviter la prolifération des vaisseaux sanguins nourrissant la tumeur.

LES MARQUES SE MOBILISENT

Àtravers des offres spéciales, des dons de bénéfices à la recherche ou à des associations, elles sont nombreuses à s'organiser cette année dont Aveda, Clinique, Caroll, Promod, le groupe Estée Lauder, Tupperware et même Petit Bambou qui proposera gratuitement un programme de méditation intitulé « Méditer face au cancer »

Avec sa ligne adaptée aux personnes concernées par le cancer, Même continue à reverser 1 % de ses bénéfices à Unicancer comme elle le fait toute l'année. Unique, sa brume pour le cuir chevelu apaise, nourrit et favorise la repousse des cheveux.

• Brume pour le cuir chevelu, Même, 100 ml, 24,90 €, en pharmacie ou sur www.memecosmetics.fr

Via l'édition limitée de son baume souverain bio idéal pour les peaux sèches, Estime&sens contribue, à hauteur de 1 euro par pot, à la mise en place de soins esthétiques à l'Institut de cancérologie de l'ouest.

• Baume souverain bio, Estime&sens, 50 ml, 18 €, dans les instituts de beauté et les parfumeries.

Tous les bénéfices liés à l'achat de vernis roses de Nailmatic seront reversés ce mois-ci à l'association Ruban Rose. De plus, ils sont sans solvants pétrochimiques et fabriqués en France.

• Vernis à ongles, Nailmatic, 8 ml, 9,50 €, infos sur www.nailmatic.com

Julie BOUCHER

À découvrir