France Dimanche > Vie pratique > Wendy Bouchard : Ces chiens anges gardiens

Vie pratique

Wendy Bouchard : Ces chiens anges gardiens

Publié le 26 janvier 2020

Cette semaine, mettons à l’honneur les bénévoles de l’association Parole de chien, qui réchauffent les cœurs isolés.

Dans certaines chambres de pensionnaires, une photo de leur « chien visiteur », celui qui une fois tous les quinze jours pousse avec sa tête la porte de la chambre d’hôpital ou de la maison de retraite. En presque vingt ans, ces compagnons sont devenus, sous l’œil bienveillant d’Isabelle de Tournemire, des anges gardiens, porteurs de douceur et d’espérance. 

Après avoir connu une première vie dans l’entreprise et les ressources humaines, cette femme de cœur s’est reconvertie dans cette mission associative. « Les débuts furent un peu difficiles, nous confie-t-elle. Dans le premier hôpital où j’ai débarqué il y a dix-huit ans avec un gros golden retriever, on se demandait un peu ce que je venais faire ! Mais je ne regrette rien, tant je garde de beaux souvenirs avec Parole de chien pour des personnes vraiment très, très seules, on ne soupçonne pas à quel point. » Isabelle a voulu donner un autre sens à sa vie en se rendant plus utile encore aux autres, en créant du lien à l’hôpital ou dans les maisons de retraite, et en visitant les personnes âgées avec des chiens et leurs maîtres bénévoles.  

À l’heure où ces établissements font davantage d’efforts pour accueillir les pensionnaires avec leurs animaux, quand vient la grande dépendance, la cohabitation n’est plus guère possible. Soutenue par la Fondation 30 Millions d’amis, Parole de chien arrive comme une alternative pleine de sens. Ils sont près de vingt-cinq « binômes » à assurer cette présence une fois tous les quinze jours pour apporter un peu de lumière aux plus fragiles, en Île-de-France. Avec des animaux qui obtiennent un certificat délivré par un comportementaliste : « D’abord, tous les chiens ne peuvent pas être visiteurs. On leur demande beaucoup, ils doivent être très équilibrés. Au-delà d’un bon chien de compagnie, il lui faut être doux, hypersociable, acceptant d’être papouillé, et ne craignant pas l’univers un peu particulier de ces lieux, ainsi que les odeurs. » 

Lors de la formation, ce n’est pas tellement le chien qu’il faut éduquer. « Lui, on le prend tel qu’il est au fond, dit Isabelle. C’est son maître qu’on forme pour qu’il devienne un bon coach. Dès qu’il va y avoir une interaction entre cet animal et la personne âgée, le maître va devoir encourager et faire comprendre à son chien ce qu’il attend de lui dans cet endroit-là. » 

Parole de chien a évidemment toujours besoin de bénévoles. La zone couverte est déjà vaste, car en Île-de-France il y a beaucoup à faire. « Il faut donner de son temps et accepter de plonger dans ces univers de la grande vieillesse. Ce qui n’est pas toujours simple, mais si fort de vie ! L’engagement, c’est une fois tous les quinze jours pour qu’il y ait un repère qui se crée et que la personne âgée, dépendante, puisse se dire en souriant : “Ah ! c’est le jour du chien” », s’amuse Isabelle. 

Les soignants témoignent de l’importance de ces rencontres : « un rayon de soleil » pour ces hommes et ces femmes, qui pour beaucoup réclament une coiffure ou une manucure avant la visite, afin d’être apprêtés !
 

Devenir bénévole, avec ou sans chien, ou faire un don :



10, rue Joseph-Liouville 75015 Paris
01 42 85 23 39
parole-de-chien.com

Wendy BOUCHARD

À découvrir