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Wendy Bouchard : "Il faut sauver nos oiseaux !"

Publié le 5 avril 2020

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Ils disparaissent en nombre de nos villes et de nos campagnes. Même les espèces dites "communes" (hirondelles, alouettes, moineaux...) sont en danger. Marc Duquet nous fournit quelques clés simples pour les sauver.

Où sont-ils donc passés ? Dans nos campagnes règne un silence de mort et nos villes sont à l'avenant. Les colonies de moineaux ont quitté nos villages. La gentille alouette des champs ne hante plus les herbages. Les hirondelles ne construisent plus leurs beaux nids de terre dans nos granges et nos dépendances. Et les petits passereaux, mésanges ou chardonnerets, ont déserté nos jardins.

Or, les oiseaux, en dehors de leur beauté et du fait qu'ils représentent une part immense de notre biodiversité, sont utiles ! Désinsectiseurs et équarrisseurs naturels, ils sont aussi très actifs dans la dissémination de certaines plantes.

En France, c'est la chasse et la capture qui représentent la plus grande menace pour les oiseaux (nous sommes le pays d'Europe dont la liste de variétés chassables est la plus étendue) devant l'agriculture et ses fermes intensives qui mettent en danger crucial de nombreuses espèces.

Ajoutez à cela le changement climatique et les phénomènes météos extrêmes qui détruisent les habitats les plus fragiles. Quant aux énergies renouvelables, elles ne sont pas non plus sans impact, hélas. Nombre de volatiles se tuent par collision sur les éoliennes, par exemple. Idem pour les pylônes et les câbles électriques.

Le constat est donc alarmant : nos oiseaux sont véritablement en péril !

Je pense notamment à notre petit moineau domestique commun… Entre 2003 et 2016, 73 % de cette espèce a disparu des zones urbanisées. La pollution de l'air de nos villes étant la principale coupable.

Cela dit, nous pouvons encore aider les moineaux à survivre !

Marc Duquet nous indique quelques astuces dans son ouvrage : • Conserver les cavités existant dans

• Conserver les cavités existant dans les murs des maisons ou installer des nichoirs en bois ou en poterie contre les façades.

• Fournir de l'eau en toute saison avec une simple coupelle peu profonde fixée sur le rebord de la fenêtre ou posée sur un balcon.

• Favoriser dans les jardins des plantes nourricières susceptibles d'attirer les oiseaux : vigne vierge, chèvrefeuille, lierre, sureau, merisier, lauriers, tournesol, thym mais aussi tous les conifères avec leurs feuillages denses et persistants, le lieu idéal pour abriter leurs nids !

• Limiter l'usage d'herbicides dans les cours et les jardins, et maintenir un petit carré de « mauvaises herbes » (pissenlit, orties, trèfle, chardons) et d'herbes folles pour que les moineaux y trouvent davantage d'insectes pour nourrir leurs petits.

ls sont des milliers à mourir de saturnisme à cause des plombs des cartouches de fusil dispersés dans la nature par les chasseurs ! ILes oiseaux d'eau (oies et canards) les ingèrent car ils confondent ces petites billes de métal avec le gravier qui les aide à broyer leur nourriture. Les oiseaux de proie et les charognards en absorbent en se nourrissant d'animaux déjà intoxiqués… Ainsi, 1 à 2 millions d'individus en seraient victimes chaque année ! La Ligue de protection des oiseaux et 30 millions d'amis chiffrent en effet à 8 000 tonnes par an le plomb disséminé dans les sols et les cours d'eau… Une solution consisterait à réduire la quantité de ce métal utilisé par les chasseurs. Ainsi un arrêté ministériel interdit le plomb sur certaines parties du territoire (les zones humides en particulier) et préconise l'emploi de munitions de subsitution.

L'auteur garde pourtant des « raisons d'espérer ». Par exemple, après avoir failli s'éteindre dans les années 50, le faucon pèlerin a bénéficié de l'interdiction d'un type de pesticides qui lui était fatal. Idem pour le héron cendré ou la cigogne blanche : en 1974 il n'y avait que 11 paires en France ; aujourd'hui, la population dépasse 3 500 couples de nicheurs !

Ce qui prouve que rien n'est perdu. Surtout si les autorités et les associations de protection comme la LPO unissent leurs efforts pour sauvegarder les espèces aviaires menacées.

• Un livre de Marc Duquet, aux éditions Delachaux et Niestlé recommandé par la LPO, 29,90 €.

Wendy Bouchard

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