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Wendy Bouchard : Pour un retour du cheval de trait

Publié le 16 février 2020

Et si ces équidés capables de tracter matériaux et véhicules reprenaient une place de choix dans nos campagnes ?

Pour le ramassage des poubelles par exemple, la collecte hippomobile a fait son retour dans les années 2000. Plus de 250 villes et villages font appel aux services du cheval de trait, plus écolo, économique et incitatif, qu’une benne à ordures motorisée.

La Bouëxière, petite commune bretonne de 4 300 habitants, a décidé de remplacer les tracteurs dédiés à arroser les fleurs et à désherber les allées par deux chevaux de trait. Une solution écologique là encore, mais qui permet aussi de préserver la race d’équidés bretonne en déclin depuis les années 1960.

À Vendargues, près de Montpellier, la rentrée scolaire pour les enfants se fait en calèche. Ils sont une centaine à être inscrits à ce service de ramassage gratuit. Cinq écoles primaires sont ainsi desservies, matin et soir, par un hippobus.

Dans les domaines de l’agriculture bio ou du maraîchage, sur de petites exploitations de 1 ou 2 hectares, vous rencontrerez de plus en plus d’adeptes de la culture attelée. Ni polluant, ni dégradant, le cheval de trait ne tasse pas les sols et donc ne les abîme pas. De plus, il est capable d’arpenter des terrains escarpés comme jamais un tracteur ne le ferait. L’animal est un auxiliaire précieux pour les petites surfaces délicates à entretenir, avec un pas souple tous les deux mètres.

Le recours à ce dernier dans les territoires ruraux ne serait au fond que le retour à une tradition saine et sensée, que vous avez peut-être largement côtoyée.

Jusque dans les années 1960, en effet, nombre de fermes entretenaient avec attention les chevaux de trait qui, dans les champs, traînaient de lourdes charrues ou, dans les bois, s’attelaient aux travaux de débardage. 

Si, depuis, le tracteur a remplacé l’animal, en Périgord, une poignée de passionnés s’implique toujours pour promouvoir cet équidé, en Dordogne notamment, y compris dans les cours prodigués au lycée agricole.

Pour ses défenseurs, il ne s’agit ni d’une solution archaïque ni d’une alternative « bobo ». Cette philosophie multiplie les avantages et permet de préserver des races qui n’ont dû, hélas, leur survie qu’à la boucherie. Le trait poitevin est par exemple l’une des neuf races de chevaux de trait français à faire l’objet de soins attentifs de conservation. 

Au-delà de la beauté du geste, le calcul est aussi économique. Pour 6 ha en moyenne à gérer avec un cheval, les coûts peuvent diminuer de moitié. Évidemment, il faut vouer une passion à ses animaux et bien les connaître pour se lancer dans des projets de cette nature. De plus, ces pratiques attelées doivent être réinventées, et les outils adaptés à l’agriculture moderne se faire plus légers et plus maniables. Mais c’est toute une filière qui pourrait en bénéficier…

Wendy BOUCHARD

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